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Billet de blog 2 mars 2013

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Richard Prasquier, président du Crif, poignarde la dépouille de Stéphane Hessel

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Une fois de plus, et malheureusement pour lui ce sera la dernière fois, Richard Prasquier, président du Crif,  s’en prend à Stéphane Hessel, en poignardant  sa dépouille mortelle.

Il vient en effet de commettre un éditorial dont la tenue n’est pas, et c’est peu de le dire, de circonstance.

Que Stéphane Hessel ait irrité souvent Richard Prasquier, il n’y a là rien d’étonnant. Mais Richard Prasquier ne s’est jamais grandi en abaissant souvent une personnalité aussi exceptionnelle que Stéphane Hessel. Et ce n’est pas aujourd’hui que ses dernières déclarations feront office de talonnettes à ses chaussures.

Ne supportant pas les prises de position de Stéphane Hessel sur la question israélo-palestinienne il ne trouve rien d’autre, pour enfoncer ce dernier, que de lui reprocher une « indifférence aux tragédies humaines et aux crimes de masse qui se déroule de nos jours dans un silence général ».

 Moi qui ai rencontré Stéphane Hessel en 2001, pour la première fois, dans un groupe organisé par le sénateur maire de Lyon, Gérard Collomb, pour organiser les premiers « Dialogues en humanité », je trouve ça particulièrement ignoble. Car Stéphane Hessel est apparu à mes yeux, dès les premiers moments où je l’ai écouté et observer, une figure exceptionnelle  d’humaniste.

Mais quelles « tragédies humaines », quels « crimes de masse, se déroulant de nos jours dans un silence général », Richard Prasquier a-t-il dénoncé de sa voix, mieux que ne l’aura fait Stéphane Hessel ?

Quant au fascicule « d’une indigente indignation » qui a tant « effaré » Richard Prasquier, plusieurs millions de personnes ne semblent pas avoir été de son avis. Cela ne semble pas l’interpeller.

Et n’est-ce pas un signe d’arrogance extrême d’insinuer, pour mieux rabaisser Stéphane Hessel, d’oser insinuer que notre société, qui en a reconnu la valeur, ne l’a fait que par « désarroi intellectuel ».  Dans quel désarroi Monsieur Richard Prasquier se trouve-t-il pour être aussi peu clairvoyant ?

Et si Stéphane Hessel, je cite, « fut avant tout un maitre à ne pas penser », ce que clame Richard Prasquier, dans son éditorial, alors, de qui Richard Prasquier est-il donc le maître ?

Enfin, si Richard Prasquier pense « que le travail de déconstruction de Stéphane Hessel sera effectué », nombreux sont ceux qui ont déjà entrepris le travail de déconstruction de Richard Prasquier, contributeur sans modestie aucune à la défense d’une cause dont il refuse de voir qu’elle est source de tragédies humaines non justifiables, mais justiciables, aux yeux de tout démocrate éclairé.

À trop défendre la cause du sionisme, sans mesure aucune, Richard Prasquier ne fait qu’apporter sa contribution au développement de l’antisémitisme. Une occurrence  déjà rencontrée au XIXe siècle,  après l’invention du sionisme, comme l’a noté Shlomo Sand dans son livre « Comment le peuple juif fut inventé ». 

Shlomo Sand écrit page 356 que : « 35 ans après la publication de l’essai de  Moses Hesse « Rome et Jérusalem » en 1862, l’Europe comptait déjà davantage de sionistes, et beaucoup plus d’antisémites. ».

Peut-on inciter Richard Prasquier à méditer cette leçon d’histoire, au lieu de s’avilir à cracher sur un homme qui vient de disparaître et que le monde entier honore ?

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