Macron et la question du temps.

La lecture d’un livre s’impose à la veille de la mandature d’Emmanuel Macron : « Du temps acheté », (Essai Gallimard), de Wolfgang Streeck. Une analyse sociologique et économique de la crise financière et fiscale dans le cadre de l’évolution du capitalisme au cours des 70 dernières années. Ce livre sera utile dans notre attention à ce qui va se passer.

La lecture d’un livre s’impose à la veille  de la mandature d’Emmanuel Macron : «  Du temps acheté », (Essai Gallimard), de Wolfgang Streeck. Une analyse sociologique et économique de la crise financière et fiscale dans le cadre de l’évolution du capitalisme au cours des 70 dernières années. Un temps qui risque désormais de manquer à la France et à l’Europe si Macron ne porte qu’une volonté d’innover réduite à la puissance du langage.

Le premier paragraphe de la conclusion de Wolfgang Streeck dans son livre est à méditer à l’aube de ce quinquennat. Car, si le nouveau président ne prend pas en compte la crise capitaliste dans la préparation de ses actions et ses rapports avec les autres gouvernements européens, on peut craindre un échec final, et la victoire du FN en 2022.

 

« Qu’attendre de la suite »

« Je l’ai montré, la crise financière, fiscale et économique actuelle est l’issue provisoire de la longue transformation néolibérale du capitalisme de l’après guerre. L’inflation, l’endettement public et l’endettement privé furent des pis aller temporaires aux moyens desquels la politique démocratique put entretenir l’illusion d’un capitalisme de la croissance offrant les mêmes opportunités à tous, voire une répartition progressive et équitable des chances. Ces trois pis-aller s’épuisèrent l’un après l’autre dès lors que les bénéficières et les gestionnaires du capital les jugèrent pour finir trop couteux : au terme d’une longue décennie d’application extensive pour chacun d’eux, il fallut trouver d’autres solutions ». (Page 227 de l'ouvrage).

 

Ces solutions ont été : la dérégulation de la finance, la suppression du Glass-Steagall Act par Clinton, l’enrichissement sur la dette des banques, la mondialisation et la globalisation, la domestication des Etats par les transnationales et par voie de conséquence les délocalisations et la privatisation des services publics et des communs, encore en cours.

 

Toutes les fractures sociales en en sont issues. Si elles ne sont pas réduites, au sens chirurgical du mot, le pire est à craindre. L’explosion. D’où la nécessité d’une vigilance attentive dès la première heure de la passation des pouvoirs dimanche prochain.

 

 

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