CESIUM 137

Le vent du Sahara est venu actualiser des suites de la colonisation

   

      CESIUM 137

      De la gerboise bleue au ciel orangé

« Ainsi, on apprend que sur les treize tirs effectués entre 1961 et 1966, douze ont fait l’objet de fuites radioactives. Seul le tir «Turquoise» du 28 novembre 1964 n’aura pas provoqué de radioactivité à l’extérieur. «Les conséquences de ces radiations ne se sont pas arrêtées avec la fin des essais et la fermeture administrative des sites, mais perdurent aujourd’hui encore, à la fois compte tenu de la très longue durée de vie de certains éléments radioactifs et du fait que la France a laissé de nombreux déchets nucléaires enfouis dans le désert».

 

Le jour suivant l’explosion de «Gerboise bleue», la première bombe atomique larguée dans le désert de Reggane, le nuage radioactif arrive en Libye, traverse une partie du Niger pour atteindre les alentours de N’Djamena, capitale du Tchad. A J+4, les retombées recouvrent des milliers de kilomètres carrés pour atteindre le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Mali. »

Elwatan  13 02 2020

 

« «Plus de 60 ans sont passés après le premier essai nucléaire en Algérie. La France persiste dans son refus de livrer les cartes révélant la localisation de ses restes nucléaires», a déploré ce haut gradé du commandement des forces terrestres, le général Bouzid Boufrioua, dans l'édition de février de l'influente revue du ministère de la Défense, El Djeich, publiée dimanche.

Selon le général Boufrioua, la remise des cartes est «un droit que l'Etat algérien revendique fortement, sans oublier la question de l'indemnisation des victimes algériennes des essais».

Le 13 février 1960, à Reggane, dans le désert du Sahara (sud), la France a procédé à son premier essai nucléaire, baptisé «Gerboise bleue»: une bombe au plutonium d'une puissance de 70 kilotonnes -trois à quatre fois plus puissante que celle d'Hiroshima- dont les retombées radioactives allaient s'étendre à toute l'Afrique de l'Ouest et au sud de l'Europe. »

Le Figaro  7 02 202

 

De ce lundi-là, restera l’étonnement et la beauté. Puis vient le temps des explications.

Le ciel chargé de poussières portées par le vent du Sahara algérien.

Et avec lui une multitude de fragments radioactifs.

Près de soixante années après les essais nucléaires, le ciel s’assombrit porteur

de réminiscences, d’aventures coloniales en terre algérienne.

L’Etat français, se croyant légitime dans son expansion territoriale, en fit même un département.

Cette couleur orange est celle de « La gerboise bleue », un crime nié.

Comment ne pas voir à quel point l’aveuglement est de mise face à la question coloniale ?

La dangerosité criminelle de l’Etat couvre le ciel et le vent de l’Histoire revient dire combien

tout est encore à penser, à agir pour que la mise hors de la conscience des actes passés

soit enfin combattue.

 Manière de regarder les descendants du Maghreb dans un passé commun.

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