Plongez avec nostalgie dans le Petit pays de Gaël Faye

Gaël Faye est rappeur et poète en plus d’être écrivain. Son premier roman, Petit pays, a été couronné de succès avec le prix Goncourt des lycéens en 2016. Il est également arrivé finaliste du prix Goncourt.

Petit pays est un roman autobiographique qui nous plonge dans l’enfance de son auteur. Le personnage principal, Gabriel, dit « Gaby » nous raconte son enfance dans son Burundi natal. Il nous raconte comment il passe ses journées à cueillir des mangues dans le jardin de la voisine avec ses copains, ses après-midi dans son « impasse » ou encore ses baignades dans le lac. Les descriptions sont d’une grande précision et d’une grande beauté qui rendent ce roman très facile et agréable à lire. Elles nous submergent d’une nostalgie que l’on finit nous-même par ressentir. 

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L’instabilité politique du Burundi, et les conflits au Rwanda sont toujours là, en filigrane, comme une épée de Damoclès qui a tout moment peut venir perturber ce bonheur. Le père fait tout pour que Gaby et sa sœur Anna ne s’occupent pas de politique pour les protéger jusqu’à ce que la politique s’immisce malgré eux dans leur vie. « La guerre, sans qu’on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n’ai pas pu. J’étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais. » Ces quelques phrases que raconte Gaby montrent à quel point les conséquences de la guerre s’abattent d’un coup pour faire que le « bonheur ne se voit-plus- que dans le rétroviseur ».

La force du livre repose dans sa capacité à nous faire ressentir comment la guerre prend d’assaut des vies humaines pour les bouleverser à jamais. On finit par se dire comme un des personnages du livre : « L’Afrique, quel gâchis ! »
Dans Petit pays il est également question du génocide du Rwanda, la mère de Gaby étant elle-même rwandaise. Le récit est poignant, il n’est plus question que de nombre de morts, de hutu contre tutsi, de politique mais d’êtres humains tués, détruits. « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. » Petit pays est un roman bouleversant et nécessaire qui donne à voir une réalité tristement humaine qui se cache derrière ces drames que sont la guerre et les génocides. Des tragédies que l’actualité et les analyses historiques peuvent parfois aseptiser tant ils sont nombreux et émaillent au quotidien l’actualité. Petit pays rappelle avec émotions combien ces catastrophes sont cruelles.

Par Sikouk Bessma

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