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Billet de blog 2 avril 2023

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Adieu la police. Bonjour la milice

La police nationale qui avait érigé le respect et la déontologie en valeurs n'est plus. Il est temps de nommer ce qu'elle est devenue: une milice. Une milice au service d'une minorité. Une milice sans règles dont l'unique vocation est la répression de la contestation par tous les moyens.

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Adieu la police. Bonjour la Milice

« Notre vocation c’est vous ». Voilà les premiers mots de la plaquette de présentation de la police nationale. (lien internet Plaquette-presentation-police-competences.pdf) Dès la page 2 les valeurs incluent « le respect absolu des personnes-un comportement exemplaire- un devoir d’assistance et de protection ainsi que l’obligation de rendre compte de ses actions ».


Voilà des mots qui semblent relégués à un passé lointain. Un peu comme un conte de fée. Car ce qui nous sert à présent de police ne peut plus être considéré comme tel. Gilets jaunes, réformes des retraites, Mégabassines, loi de sécurité globale, propos racistes et sexistes omniprésents…. Autant d’évènements où la police a cessé de mettre les intérêts des citoyens avant ceux des intérêts privés et financiers. Autant d’évènements où le respect, la protection et le comportement exemplaire ont totalement disparu. Aujourd’hui les forces de l’ordre sont en roue libre. Des scènes hallucinantes où de journalistes comme Paul Boyer sont directement agressés ont lieu dans la patrie des Droits de l’Homme.


Dans tous les pays où règne l’Etat de droit, la police est soumise à la loi. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le journal Libération a même révélé que des armes de guerres ont été utilisées à Saintes-Soline. La police n’existe plus en France. Elle est devenue une milice ou autrement dit un groupe armée qui n’a de compte à rendre qu’à son employeur. Tout ce qu’elle fera sera couvert y compris son manque de respect à la loi et à la déontologie. Peu importe qu’elle tue ou mutile à vie des citoyens innocents comme Zineb Redouanne. Ce qui compte c’est que ses membres puissent défouler leur adrénaline. Le peu de sanctions employées par la hiérarchie ou la justice sont tellement insignifiantes par rapport à la gravité des faits que c’est à se demander si elles ont un sens. Comme l’a prouvé une émission de France2 sur les syndicats de police, on peut percer le tympan d’une personne et être réhabilité. Quand à l’IGPN, elle a autant de crédibilité qu’un marchand d’armes chargé de mettre fin à un conflit.

La police est devenue une milice car elle est devenue une cour des miracles dans son recrutement de l’aveu même de certains instructeurs de police. Des personnes animées uniquement par l’envie de taper sont recrutées sans que cela questionne. Dans son ouvrage « Flic », Valentin Gendro nous livre un éclairage sans faille sur ce qui se passe actuellement dans cette ‘’profession’’ au niveau du recrutement et de la formation.
Elle est aussi devenue une milice car elle protège une minorité de personnes ou d’entreprises qui ont en commun d’avoir du pouvoir grâce à l’argent. Elle se dresse ainsi contre la majorité de la population. Le patron de Lafarge a beau avoir collaboré avec Daech il n’a jamais été inquiété. Par contre un citoyen qui vient juste faire valoir ses droits place de la Concorde et c’est alerte à l’attaque terroriste.


Alors que faire me direz-vous ? Tout d’abord nous rappeler nos libertés et nos valeurs. Elles valent bien plus qu’une journée de salaire. Nous avons le droit de nous exprimer, de manifester, de critiquer nos institutions, et pour les journalistes de nous informer. Ensuite nous devons faire face à nos peurs. En Iran, en Russie et dans bien des dictatures, des hommes et des femmes ont le courage de se dresser face à des pouvoirs sans pitiés. Rendons leur hommage en nous mobilisons nous aussi dans la rue pour forcer le pouvoir à plier sur les violences policières pour que chaque coupable soit
jugé et ne puisse plus jamais exercer un métier en lien avec la sécurité nationale. Même si les actes sont graves, même nous pleurons nos morts et nos blessés, nous devons nous rappeler que nous sommes des dizaines de millions face à quelques milliers.

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