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Billet de blog 25 juil. 2020

Les Vortex d’Übelmanium : Interview de Gil Prou et d'Oksana

Quelques échanges concernant les Vortex d’Übelmanium, publié par Gil Prou et Oksana.

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Les Vortex d’Übelmanium

Bonjour Gil Prou et Oksana,

Vous avez durant ces dernières années écrit une véritable saga fantastique avec toujours des ouvrages de plus en plus aboutis. Comment se situent « Les Vortex d’Übelmanium » dans l’œuvre jusqu’à ce jour ?

—Nous avons presque toujours écrit des romans de pure fiction, hormis un texte qui se situe pendant la grande Peste noire et qui devrait paraître dans quelques mois. Les vortex d’Übelmanium se situe donc un peu à part puisque l’héroïne du roman : Emmanuelle Zoldan, est artiste lyrique, chanteuse du groupe de Metal norvégien Sirenia et peintre. Naturellement, nous avons préalablement obtenu l’accord d’Emmanuelle, des membres du groupe et de Morten Veland, le fondateur de Tristania, puis de Sirenia. Au niveau de l’intrigue, nous retrouvons notre quête permanente d’univers nouveaux nous permettant de dépayser nos lecteurs tout en confirmant notre aspiration à une vision holistique du monde et de nous−mêmes. Nous insistons sur ce point car notre époque se réfugie de plus en plus au sein d’un réductionnisme stérile amplifié par la haine de l’autre et un processus généralisé de défiance systématique. Nous privilégions une démarche exactement opposée. La SF et le fantastique nous permettent de défricher des horizons sans aucune autre frontière que celle de nos deux imaginations. C’est ainsi que, dans « Les vortex d’Übelmium », nous façonnons des mondes enchâssés où règne sans partage une gravité répulsive qui implique une organisation très spécifique afin que les habitants ne s’envolent pas vers un étrange et dangereux cimetière flottant…

Sans révéler les arcanes de l’ouvrage, ou se situe l’intrigue de ce groupe norvégien et de sa chanteuse Emmanuelle ?

—Comme le titre l’indique : Emmanuelle se trouve brutalement emportée dans un vortex de ténèbres lors d’un concert de Sirenia à l’occasion du Wacken Open Air qui se déroule chaque année en Allemagne devant 80 000 spectateurs. Médusés, les membres du groupe et leurs fans assistent à sa disparition sur scène. Emmanuelle ayant une merveilleuse voix de mezzo−sporano, cette qualité lui permettra d’affronter de redoutables créatures et un tsunami mortel au sein d’Übelmanium. Son pouvoir étant unique sur cette planète encastrée dans une autre, Emmanuelle Zoldan pourra aussi obtenir des souverains de ce monde sans cesse en guerre (toute comparaison avec une planète existante au sein du système solaire serait le pur fruit du hasard…) l’acceptation d’une paix durable entre des peuples belliqueux. Nous pouvons préciser aussi qu’Emmanuelle a réalisé la couverture du roman, mettant ainsi en lumière ses talents de peintre et d’illustratrice.

A−t−on une suite prochaine à la story d’Emmanuelle ?

 —Si le roman trouve son public et si les fans de Sirenia s’avèrent friands d’une nouvelle aventure, une suite est prévue.

Plus concrètement, comment fonctionnez−vous pour écrire à quatre main ? On voit que les ouvrages passent et le duo est toujours aussi imaginatif et inventif. Quel regard avez−vous sur cette œuvre qui s’affirme dans un style nouveau, épique, fantaisie et original ?

—Nous écrivons ensemble depuis 2007 et notre premier roman est paru en 2009. Une dizaine d’autres ont été publiés depuis et les synopsis de cinq autres sont déjà totalement écrits. Comme Tommy Lee Jones le précisait dans le premier opus de Men in Black : « en foule on est con ». Il a parfaitement raison et l’actualité nous le remémore chaque jour. À l’inverse, deux personnes qui œuvrent à un projet

commun –l’écriture de romans de SF dans notre cas– ont souvent l’opportunité d’extraire d’elles−mêmes la quintessence de leurs envies, de leurs visions de la vie et de leurs imaginations. Gaston Bachelard affirmait : « imaginer, c’est hausser le réel d’un ton ». C’est exactement ce que nous nous efforçons de faire en travaillant ainsi à quatre mains. L’une s’occupe de l’humain, des relations entre les personnages et l’autre de l’action, de la cohérence au sein d’un environnement inédit. Puis nous reprenons nos travaux respectifs. Nous les malaxons. Nous les torturons parfois… De relectures en réécritures et de réécritures en relectures, la pierre brute est enfin dégrossie et nous arrivons au résultat que nos lecteurs découvrent chaque année. Dans le cas des Vortex d’Übelmanium, l’opportunité d’inclure des personnages réels dans une fiction mettant en scène un univers fantasmagorique nous a immédiatement séduits. Nous pouvons enfin préciser que nous avons aussi participé à un véritable OVNI littéraire sous la forme d’un « cadavre exquis » écrit en 30 heures par 30 auteurs différents. Partant d’un roman inachevé de Louis Thirion décédé en 2011, les Éditions Rivière Blanche ont décidé de fêter leurs quinze années d’existence en achevant cet étrange récit avec la complicité de plusieurs romanciers ayant déjà été publiés chez ce même éditeur. Le challenge était le suivant : chaque auteur, après avoir assimilé l’intrigue précédant son intervention, devait ajouter sa propre contribution. Mais celle−ci devait être limitée à une seule heure d’écriture, que cela représente une page ou dix pages. À la fin de cette heure, le texte était expédié à l’éditeur qui l’envoyait à un autre auteur. Nous avons donc, avec une trentaine d’auteurs, apporté notre petite contribution à ce roman : La ronde de Glorvd qui paraîtra en Décembre 2020. Chaque roman est donc une nouvelle expérience. Un univers inédit. C’est ce qui nous plaît vraiment et qui, nous l’espérons en tout cas, séduit nos lecteurs.

Oksana et Gil Prou

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