Lucie Fabry : interview d'un talent à la croisée des arts

Une artiste dans la peau, une interview à la croisée des arts avec Lucie Fabrie

- On dit de vous que vous êtes une artiste capable de tout. Plusieurs cordes à votre arc… plusieurs passions et une seule vocation, celle d’aller à la rencontre du public… aussi une premiere question, qu’est ce qui pousse Lucie Fabry? 

Ce métier est en fait un besoin, une nécessité dans ma vie. Comme manger, dormir et respirer. Quand je chante ou que je joue, j’exprime des sentiments profonds, je les expulse de moi sans avoir à mettre des mots dessus. Ces émotions très présentes m’étoufferaient si je n’avais pas ces moyens d’expression. Je suis très empathique et j’ai un grand besoin que ce soit réciproque, d’être comprise. Je suis profondément affectée quand l’incompréhension règne et je pense que ce me qui pousse, c’est de créer cette empathie, cette compréhension, ce lien avec l’autre et tous les moyens artistiques sont bons pour y parvenir. J’aime comprendre l’autre et lui transmettre mes sentiments profonds. Je crois que la plus belle chose qui puisse exister entre les êtres, c’est la compréhension en un seul regard. 

- Un parcours et une personnalité forgent un talent ou une vision du monde… comment arrive t on a une telle sensibilité qu’on retrouve dans les rythme jazz de vos interprétations ou vos séquences cinéma…

Je pense que c’est du travail et rien que du travail. Il y a une base plus ou moins sensible chez chacun d’entre nous. Pour que cette sensibilité innée puisse transparaître dans une interprétation artistique de manière sincère et directe, il n’y a que le travail de la technique, l’apprentissage. Ce n’est qu’une fois qu’on a acquis les techniques artistiques - comme le chant, le théâtre ou encore la peinture -, qu’elles sont devenues une partie de soi comme une seconde langue, qu’on n’a plus besoin d’y penser et que la sensibilité pure peut s’exprimer de façon transparente, sans filtre et atteindre de façon aussi transparente et directe l’âme de l’autre.

Solar Jazz Duo - Heaven - D. Ellington © Lucie Fabry

 

- Pour mieux vous connaitre… quels sont vos idéaux artistiques, vos références, vos coups de coeur? Etes vous une artiste finalement au coeur d’une société en mouvement?

Mes racines musicales se trouvent chez Lauryn Hill, que j’ai adorée tout au long de mon adolescence. J’ai aussi beaucoup écouté Björk, les Pink Floyd, David Bowie, System of a Down, Aretha Franklin, Verdi, Puccini, Ella Fitzgerald, Frank Zappa... Tout en gardant cette vibration particulière pour les voix noires, le blues, le gospel et le jazz.

 J’adore le peintre Dalì, le courant surréaliste, Paul Klee, la japonaise Yayoi Kusama...

Un gros coup de cœur pour le film d’animation Le voyage de Chihiro, qui m’a profondément touchée et bouleversée lorsque je l’ai vu au cinéma, tant par son scénario, sa folie que par les magnifiques décors à l’aquarelle de Hayao Miyazaki. J’ai une certaine fascination pour la culture japonaise, je trouve ce peuple étonnant. J’ai été d’ailleurs récemment très touchée par le film Furyo avec David Bowie.

Lucie Fabry © Credit Photo Sarah Robine Lucie Fabry © Credit Photo Sarah Robine

 Je ne sais pas si je suis au cœur de notre société, si je surfe sur l’actualité artistique de mon époque. Encore une fois, je cherche plus à toucher le cœur des gens comme j’ai pu l’être moi-même qu’à correspondre à un courant d’actualité quel qu’il soit.

- Parlons avenir, quels sont vos prochaines dates et projets 

Je joue en ce moment chaque lundi soir au cabaret chez Maxim’s, rue Royale à Paris. Il s’agit dans ce spectacle de faire du bien aux gens par le rire, c’est un biais que j’affectionne beaucoup, le rire fait un bien fou. Quand les gens sortent et viennent me voir en me disant « merci », un grand sourire aux lèvres, je suis heureuse, j’ai gagné mon pari.

Je serai le 5 janvier en concert à Évry au Léonard de Vinci Resort avec mon duo de jazz, le Solar Jazz Duo, le 2 février avec le même duo dans le cadre du Festival Jazz en Ville à Saint-Maur-des-Fossés.

Et à partir du 1er février, j’aurai la joie de partir en tournée pour un an avec l’immense chœur Gospel pour 100 voix. C’est une belle réalisation pour moi car je me suis découvert l’envie de chanter avec le film Sister Act II au début de mon adolescence. Je rêvais d’intégrer un ensemble comme celui-ci. Je réalise un rêve d’ado avec cette tournée et ça fait un bien fou de réaliser ses rêves.

Gospel pour 100 voix © The 100 Voices Of Gospel

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