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Le Club de Mediapart mer. 31 août 2016 31/8/2016 Dernière édition

Des parents d'élèves en lutte pour obtenir une éducation de qualité pour leurs enfants

Vendredi 21 septembre, un matin pas comme les autres à l’école « blanche » place Jeanne d’Arc dans le 13ème arrondissement.
© garysweden
© garysweden

Vendredi 21 septembre, un matin pas comme les autres à l’école « blanche » place Jeanne d’Arc dans le 13ème arrondissement. En lieu et place des aux-revoir plus ou moins joyeux des enfants se tiennent des discussions d’adultes bien sérieuses. L’école est occupée… par les parents. Les enfants iront plus tard en classe. L’école a perdu 6 heures de « RASED » (réseau d’aides aux élèves en difficultés) sur les 15 heures dont bénéficiaient l’établissement  l’an passé. Les parents expliquent les raisons de l’occupation dans la vidéo ci-dessus.

Les RASED sont des enseignants spécialisées travaillant sur plusieurs classes et qui interviennent pour aider les enfants en grandes difficultés. Cet accompagnement personnalisé permet à des élèves en échec scolaire grave (difficulté de lecture, d’écriture…) de rattraper leurs retards et ainsi de suivre un parcours scolaire classique. Loin d’être isolée, la suppression des RASED est une tendance lourde depuis plusieurs années. Les 2 500 postes supprimés sur 14 000 (18%) de cette rentrée 2012 viennent s’ajouter aux 2 500 emplois RASED effacés entre 2008 et 2011. S’il faut se féliciter de la fin de la suppression des postes dans l’éducation nationale depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir, la suppression des RASED est symptomatique d’un manque d’ambitions pour l’éducation nationale.

 Philippe, RASED de l’école Jeanne d’Arc, nous explique que l’école est un lieu qui a son propre langage. Certains enfants le comprennent tout de suite, d’autres plus lentement et certains, pour des raisons diverses y sont hermétiques. Son travail consiste alors, par des méthodes alternatives (jeux, activités de groupe, soutien personnalisé…) à apprendre le langage de l’école aux enfants en difficultés. Certains enfants sont accompagnés pendant quelques semaines, d’autres pendant plusieurs années. Il raconte également que sa présence auprès de ces élèves en difficultés et donc souvent en souffrance permet de désamorcer un certain nombre de conflits entre l’élève et ses camarades de classes ou l’enseignant. Il est en effet impossible pour l’enseignant d’une classe de 25 élèves d’apporter l’attention nécessaire à ces élèves.

 La suppression des RASED n’a rien d’anodin ; elle questionne les objectifs-mêmes de l’école républicaine. Est-elle un simple lieu de tri entre des élèves connaissant le langage scolaire ou un lieu d’intégration, de partage et d’accompagnement ? Est elle un lieu d’évaluation permanente des compétences ou un lieu de solidarité et de confrontation à l’altérité ?

 Par leur action, les parents d’élèves de l’école Jeanne d’Arc nous rappellent que loin d’être un simple arbitrage budgétaire, la suppression des RASED est une hypothèque sur l’avenir, un choix de société… il serait bon que d’autres s’en rendent compte.

Gary (vidéo) et Hugo, militants du Parti de Gauche

 

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Tous les commentaires
  • 30/09/2012 14:23
  • Par LMP

La suppression des RASED est une calamité pour les enfants et les enseignants travaillant dans les quartiers populaires (évidemment ça ne dérange en rien le bourgeois qui peut financer-grâce au crédit d'impôt- des cours de soutien à son gamin). Mais le pire des années sarkozy ce fut le bourrage des classes (dans certains endroits c'était sans doute nécessaire, je pense aux RPI en milieu rural), mais dans les grandes villes ce fut une véritable cata, car on n'a pas tenu compte de la surface des classes ni du nombre d'enseignants par école. Ainsi dans l'école maternelle où j'enseigne on est passé de 24 enfants à 30 par classe, alors que les classes sont petites (même si la cour est grande) et que les enfants à cet âge ont besoin d'espace. D'où l'augmentation inévitable des "conflits" car on se marche sur les pieds, on se heurte contre le mobilier, bref le "vivre ensemble" devient une véritable gageure, et tout le monde en pâtit. Et en cas d'absence et de non remplacement d'un prof, ça devient juste inténable ! Ca serait un progrès si l'administration qui établit la répartition des inscriptions/la carte scolaire tienne aussi compte de ce critère, car on a l'impression qu'à part une gestion purment comptable rien n'est fait pour que les enfants apprécient l'école, malgré la bonne volonté des profs. Faute aux parents, qui se mobilisent moins dans ces quartiers que dans les centres-villes bourgeois ? Car les "doléances" des enseignants ne sont nullement écoutées !

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