Le chef du Pentagone Llyod Austin en tournée dans la zone Indo-Pacifique

L'administration Biden veut imprégner sa marque.

Il est déjà à Hawaï siège du commandement pour la région. Son but la mise en place d’une dissuasion crédible face à la Chine.

En perte de vitesse sur le plan économique face à Pékin, Washington bombe le torse et gonfle ses muscles.

En effet depuis le 15 novembre 2020 la Chine a été le moteur du RCEP la plus grosse zone de libre échange existante, 30% du PIB mondial et un tiers des habitants de la planète : Chine, Australie, Nouvelle-Zélande, Bruneï, Vietnam, Cambodge, Birmanie, Japon, Corée, Thaïlande, Laos, Singapour, Malaisie, Philippines et Indonésie, l’Inde s’est retiré de l’accord au dernier moment. En face l’ASEAN alliance avant tout de sécurité survivance de la guerre froide qui s’essaie à une pâle copie du grand marché européen et le Partenariat Transpacifique de 2015 négligé par Donald Trump : on y retrouve le Japon, le Vietnam, Singapour, la Malaisie, Bruneï, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, les Etats-Unis, le Pérou et le Chili.

Alors aujourd’hui les conflits sont avant tout économiques et peuvent être tout aussi destructeurs.

Washington a pourtant deux alliés précieux qui se méfient de Pékin : Taïwan et l’Inde de Modi. Les Etats-Unis sont encore le géant militaire de la zone, ils ont leurs bastions à Hawaï, Guam, Okinawa et des forces en Corée du Sud mais surtout possède encore pour quelques temps une avance technologique réelle. Mais cela va-t-il durer ?

La France présente dans cet océan est en dehors du « Grand Jeu » du XXIème siècle pourtant présente en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna. Sa présence militaire est symboliquement ridicule : une frégate à la base de Fare Uté à Papeete, quelques 300 militaires opérationnels et cinq avions de patrouille pour toute la zone, pour surveiller 5 000 000 de km² de ZEE, pitoyable !

Je ne pense pas que Llyod Austin téléphonera au président Emmanuel Macron dont le pays a déjà abandonné ses possessions de la région à l’appétit des grands prédateurs qui sont à la manœuvre.

D’un côté l’administration Biden qui se remet à penser à façonner le monde après l’intermède Trump et de l’autre une ancienne grande puissance qui sort de l’histoire par la petite porte.

Maintenant deux inconnus pour les USA : « Jusqu’où l’inde est-elle prête à faire cause commune avec les Etats-Unis elle autrefois allié conjoncturel de l’Urss ? – « Quel sera le sort réservé à Taïwan par Pékin et jusqu’où Washington soutiendra l’île rebelle qui résiste à l’Empire de Xi Jinping ? »

A côté de cela les deux puissances blanches de la zone Australie et Nouvelle-Zélande sont attendues au tournant par les stratèges américains. Farouchement opposées au nucléaire militaire elles sont des proies sous-armées pour Pékin et l’économie du géant des matières premières qu’est l’Australie dépend en grande partie des importations chinoises.

Il faut aussi régler le problème actuel de la Birmanie chasse gardée de la Chine, surveiller le conflit des neiges entre Inde et Chine et la vieille querelle au Cashmire entre les deux alliés de Washington et apaiser les tensions en mer de Chine.

J’oubliais le nickel de notre caillou, doit-on en rire ou en pleurer ?

A suivre, Biden dans les pas d’Obama, où à la recherche d’une personnalisation de son action internationale ? Les suites de cette tournée seront à analyser.

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