Avec le Brexit, Londres veut muscler sa défense

Dissuasion nucléaire, Londres change de stratégie, une première depuis la fin de la guerre froide

Ce mardi, Boris Johnson a annoncé qu’il relève de « plus de 40 % » le plafond des ogives nucléaires que le pays est autorisé à stocker.

Il affirme que contre la menace active et le défi systémique que représentent respectivement la Russie et la Chine, son pays a besoin d’une dissuasion nucléaire minimale, crédible et indépendante, affectée à la défense de l’OTAN et cela reste indispensable pour garantir la sécurité du Royaume-Uni. Et évoqué aussi la « possibilité réaliste » qu’un groupe terroriste « réussisse à lancer une attaque CBRN (chimique, biologique, radiologique ou nucléaire) d’ici 2030, argument largement contestable.

Le gouvernement prévoit de relever à 260 le nombre maximal d’ogives que le pays est autorisé à stocker, après s’être précédemment engagé à réduire son stock à 180 ogives d’ici le milieu des années 2020.

Pour les détracteurs de ce projet c’est un premier pas vers une nouvelle course à l’armement nucléaire en Europe, une première depuis la fin de la guerre froide.

Cela repose aussi la question sur la continuation des accords bilatéraux dans le domaine de la défense avec la France : coordination des deux armées et projets industriels.

Enfin est-ce que le Royaume-Uni envisage de se doter de vecteurs modernes pour accroître sa capacité de dissuasion et la rendre complètement autonome ?

Pour mémoire, l’équilibre des forces en 2019 : Russie 6850 ogives nucléaires, Etats-Unis 6185, France 300, Chine 290, Royaume-Uni 200 (bientôt 260), Pakistan 150, Inde 140, Israël 80, Corée du Nord 30, source SIPRI.

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