Le cinéma tunisien à l’honneur

Regard sur le cinéma tunisien en plein renouveau

Le long-métrage L’Homme qui a vendu sa peau est le premier film tunisien jamais sélectionné aux Oscars, il a été réalisé par Kaouther Ben Hania, franco-tunisienne de 43 ans, née à Sidi Bouzid, ville marginalisée du centre de la Tunisie, qui avait déjà été remarquée en 2017 pour son long métrage La Belle et la Meute, sur le combat d’une femme tunisienne violée qui porte plainte.

Le film, met à l’affiche l’Italienne Monica Bellucci, le Syrien Yahya Mahayni ou encore le Belge Koen De Bouw et évoque le pacte faustien d’un réfugié syrien avec un artiste contemporain pour passer les frontières de l’Europe.

Habib Attia coproducteur du film parle d’un renouveau du cinéma en Tunisie, cette sélection aux Oscars intervient après un César attribué à l’acteur franco-tunisien Sami Bouajila pour son rôle dans le film tunisien Un fils et je rajouterai à ces bonnes nouvelles le succès récent de Un divan à Tunis, pittoresque psychanalyse d’un pays en crise de Manele Labidi scénariste et réalisatrice, elle aussi franco-tunisienne de 39 ans une œuvre d’un humour léger où l’on retrouve Selma, incarnée par Golshifteh Farahani qui plaque sa vie parisienne et retourne en Tunisie, son pays d’origine, pour y installer son cabinet de psychanalyse. Tatouée, célibataire convaincue, et une cigarette toujours flanquée entre les lèvres, la jeune femme détonne. Très vite, elle fait face au scepticisme des locaux, qui ne comprennent pas qu’une simple discussion mérite rémunération. « Nous on a Dieu, on n’a pas besoin de ces conneries », argue son oncle. Malgré la méfiance et les malentendus, Selma finit par attirer une ribambelle de patients, de la coiffeuse fantasque au paranoïaque martyrisé.

Souhaitons que ce printemps du film tunisien dure le plus longtemps possible.

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