CUSCO face à GOLIATH Le “Buen Vivir” face à l’extractivisme

Face au modèle unifié de société, excluant et prédateur jusqu’aux symboles, des Péruvien.ne.s revisitent leur passé pour inventer leur présent fondé sur une prospective durable. Ce documentaire de Valie bouscule jusqu’à notre conscience de notre propre quotidien.

L’imaginaire collectif constitue un liant plus ou moins conscient entre l’individu et le groupe dont il est issu : préexistant à la subjectivité de toute communauté, l’imaginaire collectif interfère avec la représentation individuelle qui précède la pensée.

C’est ainsi que nous employons l’expression « Ce n’est pas le Pérou » comme pour nous dire que nous ne vivons pas une situation d’opulence ni de grande réussite.

Or, si l’on creuse davantage les représentations héritées, de notre langage et de ses expressions idiomatiques – que s’est réappropriées le marketing opportuniste – cette image du Pérou constitue pour les Européens une icône de la richesse, bien avant toute analyse.

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Interrogeant les origines de cette acception corrélée à ce pays d’Amérique du Sud, nous ne semblerons pas avoir de difficulté à nous distancier – avec une bonne conscience peut-être issue du révisionnisme positif de la “civilisation” actuelle – de la colonisation planifiée par l’Espagnol Francisco Pizarre 1. Mais le langage nous rattrape au passage :

alors que nous nous remémorons la présence sur place de la civilisation Inca, un terme revient sur le bout de la langue qui la classe, aux côtés de la civilisation Aztèque, parmi les civilisations “précolombiennes”… c’est-à-dire – étymologiquement ! – d’avant Christophe Colomb.

Mais comment se fait-il que notre langage réduise l’Histoire de ce continent à la date de sa colonisation par l’Europe ? Ces peuples n’avaient pas besoin d’être “découverts” pour exister et organiser leurs sociétés successives.

Dès 1994, en effet, l’hypothèse minimale était pourtant déjà établie d’un habitat dès la fin du Pléistocène 2, soit avant 11 700 ans AEC (“Avant l’Ère Commune” : notons ici que les scientifiques ont cherché, dans ce même geste de recul par rapport aux “habitudes langagières” qui nous précèdent, à se distancier d’une culture connotée selon une religion particulière (av. J-C)

les découvertes et les études scientifiques en cours de validation repoussent à des époques (bien) antérieures les premiers peuplements :

« Pikimachay (« caverne de puce ») est un site archéologique situé dans la vallée d'Ayacucho au Pérou. L'emplacement révèle l'évidence d'une des plus anciennes présences humaines en Amérique du Sud.[…] L'analyse au carbone 14 des divers éléments trouvés (artefacts et ossements d'animaux) a permis de dater la présence humaine depuis au moins 22 000 ans. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Pikimachay

« «  Les grottes de Pedra Furada, au nord du Brésil […] permettraient selon Yves Coppens d'envisager un peuplement par l'Afrique il y a près de 100 000 ans. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l’Amérique_latine#Histoire_précolombienne

 

Un troisième exemple démontrera plus avant – sans penser obligatoirement à l’héritage colonial du vocabulaire – que l’étymologie nous amène à parler du Pérou comme d’un pays situé en Amérique …“Latine”. Mais pourquoi donc ce qualificatif est-il accolé ? Pourquoi ne dirions-nous pas de façon conscientelatinisée”, mot qui est lui-même un euphémisme pour parler de la conquête concomitante des âmes 3 (et des corps 4) par les Jésuites avec l’aval des Papes successifs.

Le terme “Amérique du Sud” évitera ainsi l’Histoire en se centrant sur l’aspect géographique.

Évoquant de bonne foi des repères historiques engrammés dans notre mémoire depuis notre scolarité et les informations disponibles à cette époque, en viendrions-nous alors à nous interroger sur ce qui a pu ne pas être dit alors ? Ces mots auraient-ils véhiculé à notre insu une transmission lacunaire ou insidieuse, que nous découvririons maintenant ? Serait-ce une vision datée ou perdure-t-elle ?

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Cette tentative de rappel à la conscience de nos propres repères automatisés ne manquera pas de nous interroger tout du long, car ne serions-nous pas, par-delà nos représentations héritées et intégrées à notre dire, conditionné.e.s par une idéologie, voire même par notre rapport au monde ?

C’est à ce questionnement fondamental que Valie – la réalisatrice du film Cuzco face à Goliath s’est, je dirais… “attelée”, voire plutôt même “amarrée” : elle a confronté la réalité physique, sociale, politique, économique, culturelle, cultuelle et sociétale des Péruvien.ne.s du XXIème siècle à nos représentations.

Elle a cherché en cela-même à mettre au jour les raisons constitutives de sa personne qui l’ont poussée vers cette écoute et cette compréhension, notamment du fait qu’elle a partagé sa vie entre France et le Pérou (ou l’inverse).

Tout au fil du documentaire, elle ne cessera ainsi de donner la parole à ces habitant∙e∙s de Cuzco, de Paruro, d’Espinar, etc., nous montrant qu’elles et ils ont certes été par leur Histoire confronté∙e∙s à ces interrogations, mais qu’ils le sont toujours, au quotidien.

Les représentations qui les traversent et formatent leurs paroles, leurs comportements (leur mode d’être et de faire) et leurs façons de concevoir les impactent intimement dans leurs racines les plus enfouies et de façon intergénérationnelle ;

je ne citerai que deux exemples : cette honte d’être métis.se du fait de la couleur de sa peau ou cette autre, attachée au servage ancestral, versus soumission au colonisateur et à ses règles, impliquent de restaurer la dignité d’une population, et sa capacité à défendre ses droits légitimes.

Les Cuzquénien∙es sont bien davantage impliqués que nous ne le ressentons, dans la mesure où ils sont acculés, non seulement à réagir à une colonisation qui perdure sans dire ouvertement son nom – brutale et arrogante, les excluant de fait de l’accès à la terre de leurs ancêtres – mais à recréer cette essentialité, cette re-naissance à nourrir, pour survivre… mais bien davantage : comme “Buen Vivir”, par la ré-invention – au sens de la re-découverte et la mise en œuvre actualisée – d’un monde respectable, autonome et durable (dans le respect des schémas traditionnels), vision sociétale diamétralement opposée à une mondialisation industrielle qui ne sert que les modèles d’intéressement de quelques richissimes.

Ce monde en création doit s’appuyer sur les savoirs hérités de la vie communautaire, mais aussi s’inscrire de façon urgente et prospective à long terme dans un respect de la nature ; Valie nous présentera à ce propos diverses analyses bien en avance sur nos concepts européens récents de “retour à la nature”, alors que ces Communautés Autochtones du Pérou ont déjà retravaillé les liens avec des pratiques institutionnelles traditionnelles pour les actualiser et les porter puissamment.

La place de l’humain en soi y est donc questionnée, qui tenaille puissamment nos vies, dans un monde technologisé jusqu’à l’absurde, où chacun∙e assiste – dépossédé∙e de son propre savoir jusque dans sa conscience d’«être-au-monde », c’est-à-dire d’“être partie du monde” –  à cette planétarisation de la plus pure folie d’un modèle d’appropriation de tout par tous, sans une perspective véritablement engagée d’inscription dans la durée.

Ce film sera également l’occasion d’attester des buts, des moyens et des méthodes utilisées par les extractivistes pour atteindre leurs objectifs, pratiques mondialisées dont nous n’apercevons même pas la partie émergée de l’iceberg, tant leurs effets en cascade sont de nature à déstabiliser l’ensemble des systèmes sociétaux et symboliques, que des générations et des générations étaient parvenues à élaborer de manière pérenne, chaque fois de manière singulière et locale.

Il constitue aussi un témoignage des catastrophes sanitaire et environnementale dont le Pérou est affligé, alors que cette prédation des richesses du sous-sol n’a pour certaines régions que trois décennies : l’accès à l’eau y est par endroits limité pour les natif∙ves à moins de deux heures par jour, tandis que bêtes et humain∙es naissent, souffrent et meurent ravagé.es par les pollutions systémiques et accidentelles.

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Mais les peuples autochtones se coordonnent et mettent en place des stratégies pour réagir à cette industrialisation multinationale de leurs ressources : ils peuvent s’appuyer sur des conventions internationales et un corpus juridique conséquent. Des convergences entre ces populations isolées se nouent également, entre associations déjà mais aussi grâce à diverses ONG.

Car en sus du Pérou, les modes de faire étatiques biaisés concernent également la France : en Guyane, le projet minier de la Montagne d’Or prête ainsi (doublement) le flanc à la critique :

«Fin octobre [2018], Total a reçu le feu vert du préfet 5 pour procéder à des forages d'hydrocarbures au large de la région ultramarine, suscitant une réaction courroucée de la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) Chantal Jouanno. "L'autorisation a été délivrée à Total sans respect du droit de la participation, puisque nous, CNDP, aurions dû être saisis du dossier", avait réagi l'ancienne secrétaire d’État.

Quelques mois plus tôt, le même préfet, Patrice Faure, adressait un courrier à la ministre des Outre-mer Annick Girardin déplorant la mauvaise tournure du débat public 6 sur le projet controversé de la Montagne d'Or. Il lui présentait sa stratégie pour "porter (...) les demandes de la profession minière" en vue de voir aboutir ce projet de mine d'or industrielle, qui prévoit l'extraction de 85 tonnes du métal précieux sur douze ans.»

https://www.actu-environnement.com/ae/news/Montagne-or-Etat-passer-force-prefet-guyane-32413.php4

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Or l’UNESCO soutient la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) :

« Affirmant que les peuples autochtones sont égaux à tous les autres peuples, tout en reconnaissant le droit de tous les peuples d’être différents, de s’estimer différents et d’être respectés en tant que tels,

Consciente de la nécessité urgente de respecter et de promouvoir les droits intrinsèques des peuples autochtones, qui découlent de leurs structures politiques, économiques et sociales et de leur culture, de leurs traditions spirituelles, de leur histoire et de leur philosophie, en particulier leurs droits à leurs terres, territoires et ressources,

Constatant que la Charte des Nations Unies, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Déclaration et le Programme d’action de Vienne , affirment l’importance fondamentale du droit de tous les peuples de disposer d’eux-mêmes, droit en vertu duquel ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel,

Soulignant que l’Organisation des Nations Unies a un rôle important et continu à jouer dans la promotion et la protection des droits des peuples autochtones,

Convaincue que la présente Déclaration est une nouvelle étape importante sur la voie de la reconnaissance, de la promotion et de la protection des droits et libertés des peuples autochtones et dans le développement des activités pertinentes du système des Nations Unies dans ce domaine,

Article 41

Les organes et les institutions spécialisées du système des Nations Unies et d’autres organisations intergouvernementales contribuent à la pleine mise en oeuvre des dispositions de la présente Déclaration par la mobilisation, notamment, de la coopération financière et de l’assistance technique. Les moyens d’assurer la participation des peuples autochtones à l’examen des questions les concernant doivent être mis en place.

Article 42

L’Organisation des Nations Unies, ses organes, en particulier l’Instance permanente sur les questions autochtones, les institutions spécialisées, notamment au niveau des pays, et les États favorisent le respect et la pleine application des dispositions de la présente Déclaration et veillent à en assurer l’efficacité. »

 

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Mais ce respect affiché est en bute à une réalité officielle divergente, qui ne laisse pas les communautés indifférentes :

suite à

« une petite phrase surgie lors du « grand débat national » organisé par Emmanuel Macron avec des maires d’outre-mer, le 1er février [2019] à l’Élysée, le président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), Rodolphe Alexandre – un ancien soutien de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui partisan d’Emmanuel Macron – a créé la polémique ce jour-là, en affirmant : « Il faut désacraliser la question des peuples autochtones. » Depuis plusieurs mois, aux côtés du sénateur Georges Patient, par ailleurs consultant financier, Rodolphe Alexandre cherche à rendre invisible la forte opposition de la communauté amérindienne vis-à-vis du projet Montagne d’or.

Mais les témoignages recueillis par Mediapart auprès de représentants de communautés de Guyane laissent entrevoir une réalité bien différente : non seulement les Amérindiens de Guyane s’opposent au projet Montagne d’or, mais ils souhaitent aussi profiter de cette bataille pour faire parler d'eux et défendre leurs droits vis-à-vis de la France, bien au-delà du dossier minier.

« Quand on est partis dans notre combat contre ce projet il y a près de deux ans, on ignorait totalement qui serait à nos côtés et aujourd'hui ce qui se passe, en Guyane comme en France, est assez fou. Il y a plein de gens qui se mobilisent », se réjouit Christophe Yanuwana Pierre, cofondateur de la Jeunesse autochtone de Guyane (JAG).

« 2019 est l'année internationale des langues autochtones, avance de son côté Alexis Tiouka, conseiller municipal d’Awala-Yalimapo, de la communauté kali’na. Cela tombe très bien que Montagne d’or arrive maintenant. La médiatisation de ce projet permet de faire renaître, de faire connaître internationalement notre combat »

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Et l’actualité la plus “fraîche” – aujourd’hui 12 février à 15h08 7donne raison à ce combat, sur les plans factuel, environnemental et statutaire, ce qui constitue une sorte de jurisprudence :

L’arrêt prononcé par le Tribunal administratif de Guyane contraint la compagnie minière Montagne d'Or

à stopper son exploitation d'or alluvionnaire sur 1 km2 du territoire de la commune de Saint-Laurent-du-Maroni.

[Car] « l'étude d'impact réalisée ne prend pas en compte l'existence du projet industriel du secteur Montagne d'Or situé au sein de la même concession.

L'annulation repose également sur une absence d'autonomie de l'autorité environnementale : L’exécutif est tenu de réformer l’autorité environnementale en région pour assurer son indépendance. »

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Cet arrêt résonne d'autant plus qu'il s'inscrit dans la logique implicite du verdict sur l’industrie minière canadienne du Tribunal Permanent des Peuples (TPP), tribunal d'opinion qui a siégé en 2014 :

« Les rapports soumis et les témoignages entendus en mai dernier à Montréal ont permis au jury du Tribunal d’établir les responsabilités respectives des cinq entreprises minières canadiennes en cause et du gouvernement du Canada dans de multiples cas de violations des libertés syndicales et de l’autodétermination des peuples autochtones, de destruction de l’environnement, d’assassinats et de criminalisation de l’opposition, pour n’en nommer que quelques-uns.

« Les témoignages qui nous ont été livrés montrent la complicité et la responsabilité de divers organes du gouvernement fédéral, notamment de son réseau diplomatique et de ses institutions de coopération internationale », déplore Nicole Kirouac, Avocate du Québec et membre du jury pour l’audience. « Par ses actions et omissions, le gouvernement maintient une situation inacceptable qui cause une dévastation environnementale et sociale certaine pour les communautés de nombreux pays en Amérique latine ».

Oscar Morales, personne affectée par le projet Escobal au Guatemala et témoin lors de l’audience de Montréal, ajoute que « la criminalisation et la répression de la contestation, visible autant au Guatemala que dans d’autres pays d’Amérique latine, aggravée par des réformes légales dans la région visant à faire taire l’opposition, contribue à l’impunité des actes de répression ».

Le jury a également émis des recommandations à l’ensemble des entités concernées, des pays hôtes, au gouvernement canadien, en passant par les compagnies ciblées :

« Le processus de réparation passe par plusieurs étapes dont

  • l’arrêt immédiat des activités qui causent ou renforcent les torts,
  • la reconnaissance des dommages et
  • l’établissement de lois et mécanismes pour éviter leur répétition », précise Gianni Tognoni, secrétaire général du Tribunal permanent des peuples, Italie.

« La Journée internationale des droits humains est un moment important pour rappeler que les activités minières sont aujourd’hui une cause majeure d’atteintes aux droits dans les Amériques. Les témoins qui ont comparu nous ont clairement montré que les cas entendus ne sont pas des cas isolés, mais qu’ils représentent plutôt une situation généralisée d’impacts graves sur la santé, la vie, l’environnement et la participation citoyenne des populations concernées, en particulier pour les femmes autochtones » affirme Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ) et membre du jury lors de l’audience. »

http://tpp.cdhal.org/communiques/

Lire le verdict complet ici : http://www.tppcanada.org/wp-content/uploads/TPP_document_fr-final-compressed.pdf

Le tribunal d'opinion le plus célèbre est sans doute le Tribunal permanent des peuples, né à Bologne en juin 1979 à l'initiative du sénateur et théoricien italien Lelio Basso. Il s’appuie sur la Déclaration Universelle des Droits des Peuples (Alger, 1976) et sur tous les instruments de droit international. Il peut s'appuyer également sur la Déclaration sur les Droits des Peuples Autochtones adoptée par l'ONU et la Déclaration Universelle de Droits Linguistiques qui propose la création du Conseil des Langues au sein des Nations Unies.

Ce tribunal s’est penché sur le Sahara occidental, l’Argentine, l’Érythrée, les Philippines, le Salvador, l’Afghanistan, le Timor-Oriental, le Zaïre, le Guatemala, le génocide arménien, l’intervention des États-Unis au Nicaragua, l’Amazonie brésilienne, le Tibet, etc.

À quand un TPP au Pérou ?

hypothèse d'un prochain TPP au Pérou ? © Alain Bonneau hypothèse d'un prochain TPP au Pérou ? © Alain Bonneau

À noter enfin de document synthétique exhaustif portant sur une étude sur les Droits de solidarité, – Les droits de solidarité viennent compléter le corpus des droits de l'homme en liant les aspects individuels et collectifs des droits de l'homme et apportent une nouvelle perspective fondée sur la reconnaissance de l'existence de problèmes globaux nécessitant une action commune – rédigée par Philippe Cullet : Étude entreprise dans le cadre d'une “bourse d'étude et de recherche du Conseil de l'Europe dans le domaine des droits de l'homme”; Université de Genève, Faculté de Droit, Département de Droit International Public et Organisation Internationale.

http://eprints.soas.ac.uk/19380/1/Droit solidarités CdE.pdf

 

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C’est ainsi à une rencontre authentique, poignante et susceptible de nous faire réagir à notre tour que Valie nous invite, avec ces femmes et ces hommes, de tout âge et milieu et solidaires du « Buen Vivir » ; les Péruvien∙es  ont inventé de nouvelles formes de coopération, des outils communautaires, de résistance et de création, réinterrogé la place des femmes, etc. : une vraie réflexion politique au sens noble, partageable…

Certes les mots “développement” et “progrès” sont de tous les rapports, dans toutes les bouches… mais à force de tout planifier, rationaliser, programmatiser, automatiser, dans une guerre économique planétarisée, sommes-nous encore convaincus qu’il ne s’agit pas d’un mythe, d’une vaste couleuvre, d’une stratégie de court-terme pour les plus influents, alors que le climat commence à rappeler les acteurs du modèle hyper-libéral au coût assuranciel de leur folie que la majorité des peuples dits premiers dénoncent ?

«Désacraliser la question autochtone, terme irrespectueux et médiocre, montre votre profond mépris pour ces peuples préoccupés par ces projets écocides que vous soutenez et ce, malgré l’opposition de la grande majorité de la population […] de toute origine. » 8

CUSCO face à GOLIATH © Valie CUSCO face à GOLIATH © Valie

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Un trailer est consultable ici : https://www.youtube.com/watch?v=RTa3uXdSlgo

 

Le DVD (et davantage) est disponible ici :

CUSCO face à GOLIATH – Valie – Le “Buen Vivir” face à l’extractivisme, 77 mn. 2018 – prix libre

Manière d’être, de penser et d’agir inspirantes pour co-créer le monde de demain.

videodocs@caminosalbuenvivir.com

Valie : +33 (0)6 41 98 82 71 (whatsapp)

« Recherche allié∙es afin de travailler en équipe et réseaux pour élargir ses actions. »

 

 

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1https://www.herodote.net/16_novembre_1532-evenement-15321116.php

« Déjà quinquagénaire, il rêve de renouveler l'exploit d'Hernan Cortés, un aristocrate de sa région qui a soumis le royaume aztèque, dans l'actuel Mexique. […] Associé avec un autre « conquistador » de son espèce […], ils obtiennent le soutien de l'empereur Charles Quint pour la conquête de l'empire Inca, au coeur de la chaîne montagneuse des Andes. C'est ainsi qu'ils débarquent à Tumbes, au nord du Pérou, à la tête de 183 aventuriers... »

2 Claude Chauchat et Jacques Pellerin Le premier peuplement de la côte désertique du Pérou https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1994_num_91_4_9736

3https://journals.openedition.org/cerri/942 L’évangélisation des indiens selon le jésuite Acosta dans le De procuranda indorum salute (1588) - Octobre 2012 -

Jérôme THOMAS, Docteur en Anthropologie et chargé de cours à l’Université de Montpellier III, équipe CRISES.

Champ de recherche : histoire du corps et des normes de comportement du XIIe au XVIIe s. (Europe/Amérique du sud).

4https://journals.openedition.org/cerri/1220 Évangéliser par le corps. La policía cristiana dans les Andes au XVIe siècle

Jérome Thomas – novembre 2013

5https://www.actu-environnement.com/ae/news/Forage-Total-Guyane-gouvernement-opposer-32267.php4

6https://www.actu-environnement.com/ae/news/montagne-or-debat-public-projet-maitre-ouvrage-guyane-30844.php4

7https://www.actu-environnement.com/ae/news/Mines-auriferes-guyane-tribunal-administratif-autorisation-exploitation-32865.php4?fbclid=IwAR1LlIFpjpTgCqbGZvJUrMa7qQX8giljobiTYu4s76oFRQ7a5lehNUe5yR4#

8https://blogs.mediapart.fr/edition/memoires-du-colonialisme/article/060219/guyane-le-communique-du-collectif-des-premieres- nations-vs-rodolphe-alexand

 

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