Covid: le désonheur et la guerre

On ne sépare pas impunément l'homme, la nature et l'économie.

Après la première vague, le Gouvernement français a choisi de ne pas livrer bataille contre la Covid. Son raisonnement était le suivant : « Eradiquer le virus coûterait trop cher à l’économie, laissons-lui donc prendre son tribut, et il nous laissera continuer à faire des affaires. Au prix de quelques dizaines de milliers de morts, l’activité économique pourra se maintenir ». Ils ont cru habile de négocier avec l’épidémie, mais c’était un pari perdant.

Pourquoi est-ce un pari perdant ?

Par ce que ce calcul, outre son aspect cynique, dérive d’une vision purement financière de l’économie, qui fait fi de la vie humaine, puisque celle-ci ne figure ni dans les chiffres du PIB, ni dans les cours de Bourse. Dans leur vision purement statistique, ils ne saisissent pas que sans êtres humains, l’économie ne pourrait exister. C’est d’ailleurs une constante de la pensée bourgeoise que d’opposer le développement de la marchandise à celui de la vie, en donnant la primauté à la première sur la seconde. Les droits du commerce avant les droits de l’homme. Cette conception de la vie économique qui fait l’impasse sur l’homme est littéralement inhumaine et nous conduit, comme c’était prévisible, au désastre, et au pari perdu.

Souvenons-nous des mots de Winston Churchill après les accords de Munich : « Les Français avaient le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre ».

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