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Billet de blog 10 mars 2021

Les biens mal acquis de Rajoelina

Pour lever tout malentendu, le Bianco et la Hcc feraient œuvre de salubrité publique, en menant respectivement une enquête sur l’origine des fonds utilisés pour ces acquisitions et rendre public la déclaration de patrimoine du candidat qu’il a été

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Il y a plus d’une semaine, les malgaches ont appris par une vidéo circulant sur le net, que Rajoelina était propriétaire d’une luxueuse villa située à la frontière franco-suisse, où résident normalement, à l’année, femme et  enfants. En plus de cette belle demeure, le couple a aussi fait l’acquisition, d’une propriété à Neuilly, dans la région Île de France. Ces deux biens ont été achetés respectivement en 2015 et 2012, estimés à 5 milliards 181 millions d’ariary (1.102.000,00 euros) pour l’un et 12 milliards 807 millions d’ariary (2.725.000,00 euros) pour l’autre.

Ces belles propriétés ne sont pas à la portée de n’importe qui, et la question qui taraude est la manière dont il a pu les acquérir.

Peut-on croire que ses sociétés, Injet et Viva,  pouvaient disposer de ces trésoreries (environ 19 milliards d’ariary) pour financer ces achats ?  Le doute est permis, surtout que ces opérations coïncident à la période où il a été chef de la Hat.  Pour lever tout malentendu, le Bianco et la Hcc feraient œuvre de salubrité publique, en menant respectivement une enquête sur l’origine des fonds utilisés pour ces acquisitions et rendre public la déclaration de patrimoine du candidat qu’il a été. La transparence sur ces transactions cesserait toute spéculation sur l’idée d’une récompense contre le coup d’état.

D’ailleurs, nombreux sont ceux qui n’étaient qu’à moitié surpris de la mansuétude du GIC-M, envers des personnes qui étaient formellement condamnés par l’Union Africaine pour cause de coup d’état, ce groupe de contact fortement influencé par les points de vue de la France de l’époque.

Il était de notoriété publique que la loi était mise entre parenthèse entre 2009 et 2014, où les dignitaires du pouvoir de transition se livraient sans se cacher, à des actes de corruption et aux divers trafics illicites, notamment de bois de rose (en moyenne 25000t/an sur 5ans).

De retour au pouvoir en 2019, les habitudes n’ont que peu variées et beaucoup de questions restent sans réponse. De la part des partenaires de Madagascar, on remarque qu’une plus grande vigilance est clairement affichée, l’exigence de transparence revient dans les conditionnalités et seuls les dirigeants honnêtes pourront prétendre aux aides disponibles, de plus en plus rares.

Si aucun pays au monde n’échappe à la crise économique et sanitaire, elle fait plus de victimes dans les pays pauvres, et c’est peut-être une des raisons qui a fait évoluer les règles du jeu en France, concernant les avoirs des dignitaires africains y amassant des richesses sans cause,  en votant une loi sur les biens mal acquis. Cette loi prévoit de restituer au pays le produit des saisies des biens dont l’origine de leurs achats, est douteuse. Sans être parfaite, cette nouvelle législation complètera et accompagnera l’insuffisance des aides au développement.

La restauration de la dignité des peuples est un combat de longue haleine et requiert persévérance et abnégation. Les dirigeants véreux qui cherchent à profiter des biens d’autrui  et à l’abri des regards, ne dormiront plus tranquilles. A suivre.

Jean-Jacques Bastien.

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