Municipales : la proximité, rien que la représentativité, toute la légitimité !

A quelques mois des élections municipales qui se dérouleront les dimanches 15 et 22 mars prochains, les électeurs appelés aux urnes pour renouveler, dans toutes les villes de France, les élus communaux, devront confronter les projets proposés par les candidats. Et c’est bien une démarche de proximité que nos concitoyens attendent de la part des postulants

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A quelques mois des élections municipales qui se dérouleront les dimanches 15 et 22 mars prochains, les électeurs appelés aux urnes pour renouveler, dans toutes les villes de France, les élus communaux, devront confronter les projets proposés par les candidats. Et c’est bien une démarche de proximité que nos concitoyens attendent de la part des postulants.

Pour les élections municipales, élections de proximité par excellence et généralement plébiscitées par les votants nous avons un système proportionnel à la plus forte moyenne avec prime majoritaire de 50% à la liste arrivée en tête.  Cela entraîne une représentation écrasante de la liste arrivée en tête. Ainsi pour qu’une liste ait le droit de se présenter au second tour, elle doit avoir obtenu au premier tour un nombre de voix au moins égal à 10 % des suffrages exprimés. Cette règle a pour conséquence l’absence de représentativité des listes du 1er tour (sauf si des candidats ont intégré celles présentes au 2e tour sous réserve d’avoir fait plus de 5%). Le mandat des conseillers municipaux, du maire et de ses adjoints est de six ans. C’est un mode de scrutin mixte qui emprunte des éléments aux systèmes majoritaire et proportionnel.

Pour l’exemple, alors qu’en 2014, le nombre de voix total en faveur d’une étiquette politique sur l’ensemble de Paris divisé en arrondissement a été supérieur pour cette liste, c’est une autre majorité municipale qui a remporté l’exécutif parisien. Pour l’opposition au sein des conseils municipaux, aucun moyen n’est alloué et leur présence n’a une vocation que protestataire.

La plupart des électeurs, lorsqu’ils votent aux municipales, pensent voter pour un maire et son équipe alors qu’en réalité ils votent pour une liste qui ensuite sera chargée d’élire le maire de la commune. C’est ainsi que bon nombre d’électeurs peuvent se sentir “déboussolés” lorsque le maire finalement élu n’était pas en première place de la liste, mais deuxième. C’est le fameux “troisième tour” de scrutin des municipales qui s’effectuent au suffrage universel indirect.

Or, le principe de la République disait Montesquieu c’est « la préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre ». Par cela, nous risquons d’oublier que la démocratie est un régime fragile.

Qu’en est-il en 2020 ? les électeurs auront la possibilité de voter directement pour leurs représentants communaux au sein de l’intercommunalité. Cette démarche va-t-elle permettre de renforcer le lien de proximité nécessaire entre nos concitoyens et cette strate administrative ? Pourrons-nous ainsi renforcé le sentiment de légitimité et de représentativité entre les électeurs et leurs élus ?

Rien n’est moins sûr, d’autant qu’à l’issue des élections, les représentants élus à l’intercommunalité pourraient ne pas être dans la même dynamique que la majorité municipale voire même dans l’opposition à l’équipe nouvellement élue. Dans ce cas, l’intercommunalité serait alors encore plus mal vécue qu’aujourd’hui par les villes et les nouveaux maires pour mener à bien leurs projets. Il n’y aurait plus alors de rapports de complémentarité entre les villes et l’intercommunalité tels que cela devrait exister aujourd’hui, mais bien une approche d’affrontement voire de confrontation purement politique. Et le citoyen dans tout ça ? Se retrouve-t-il encore pris en otage des jeux partisans ?

La complexité, si ce n’est l’aberration, du fonctionnement du système territorial ne participera pas à réconcilier nos concitoyens avec le politique, avec les élus. Et ce, d’autant plus que la représentativité démocratique des élus se trouve toujours davantage remise en cause, d’élection en élection. A tel point d’ailleurs, que nous pouvons nous interroger si le vote a encore un avenir ?

Alors, comment espérer que la démocratie directe intercommunale soit le moyen de donner envie aux Français de croire en l’efficacité de l’action publique ? La question du Vote prend ici toute sa force dans un modèle de plus en plus obsolète, non-pertinent et en bout de course, qui laisse présager des jours heureux aux populistes démagogues.

Pour cela, il nous semble important de profiter de ces futures élections, malgré la perfectibilité du vote et de ses modalités (constitutionnelles), pour tenter de rendre ce moment démocratique le plus lisible possible et ne pas déposséder les citoyens de leurs voix.

Pour cela :

  • Définir clairement les actions opérationnelles de leurs futurs projets programmatiques.
  • Indiquer leurs stratégies de second tour en cas de fusion de listes.
  • Indiquer clairement les futures responsabilités des membres de leurs listes.
  • Créer les moyens d’une démocratie participative direct et inclusive.

 

En effet, peu de personnes ont une notion claire de l’élection municipal du 3eme tour et de ses possibilités. Et dans l’attente d’une vraie réforme constitutionnelle, sur les outils démocratiques, permettre aux moins aux électeurs une visibilité et lisibilité complètes sur la future équipe municipale paraît être un frein à l’abstention. Et rendre ainsi le vote totalement utile.

 

 

Diplômé de Sciences-Po Paris, Brahim Bouselmi est président du Club ResPublica. Depuis 20 ans, Maxime Georget collabore aux côtés d’élus nationaux et locaux. Ils sont les co-auteurs du livre « Le vote a-t-il encore un avenir ? » publié en 2019 chez ExLibris Editions et disponible sur fnac.com.

 

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