Le Revenu Minimum Médian Municipal (R3M).

Le 9 octobre, le gouvernement a lancé une consultation en ligne, visant à impliquer le grand public dans la construction du projet de Revenu universel d’activité (RUA). Ce projet de RUA prévoit normalement de fusionner plusieurs minima sociaux, de renforcer la conditionnalité aux aides sociales à une recherche d’emploi.

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« Pour un nouveau stabilisateur social local et environnemental » :Le Revenu Minimum Médian Municipal (R3M).

Le 9 octobre, le gouvernement a lancé une consultation en ligne, visant officiellement à impliquer plus largement le grand public dans la construction du projet de Revenu universel d’activité (RUA). Ce projet de RUA en cours d’élaboration prévoit normalement de fusionner plusieurs minima sociaux, de renforcer la conditionnalité aux aides sociales à une recherche d’emploi, et le tout, - à ce stade - sur une base de budget constant. Cette proposition à le mérite d’un premier levier de réflexion sur la question d’un revenu de base et de l’émancipation par ou sans le travail.

En effet, le revenu de base peut incarner le progrès social de demain, il apparaît donc nécessaire d’expérimenter ce projet, au-delà même de la question du non-recours aux aides sociales, qui est également un enjeu majeur. C’est un pari particulièrement intéressant pour le candidat qui saura s’en saisir et avoir le courage de le porter en exemple dans la ville lumière qui à la particularité d’avoir la prérogative de la gestion des aides sociales.

La ville de Paris qui souffre également d’inégalités territoriales et sociales pourrait réduire ces fractures économiques et sociales par la mise en place d’un revenu de base selon la définition de Guy Valette.[1] 

 Ainsi, une des ambitions du futur édile de la Ville de Paris pourrait être de permettre à chacun de vivre décemment. Un Paris inclusif serait possible, avec un Revenu Minimum Médian Municipal (R3M). Outre la nécessité de ne pas abandonner les plus démunis qui est un devoir de la collectivité, ce R3M, peut avoir d’autres facettes. Pour s’affranchir du travail en tant que contrainte forcée et qu’il devienne émancipateur. Pour accompagner ceux qui changent de voie en reconversion professionnelle. Pour soutenir le retour à l’emploi en évitant les rechutes. Pour valoriser le temps bénévole bien utile car palliant les failles de l'institution. Ou pour permettre aux ménages d’aborder la transition énergétique avec sérénité.

 

  • Notre proposition crée un revenu de base partiellement versée en monnaie locale applicable à Paris, fonction de la population de la zone géographique ciblée.

 

L’essor des cryptomonnaies et des alternatives aux fluctuations économiques mondiales devrait nous inciter à la création d’une monnaie locale complémentaire. Deux municipalités testent actuellement la formule : Grenoble et Bayonne payent depuis peu une partie de leurs dépenses courantes en monnaie locale.

En réglant une entreprise, une association ou un élu en monnaie locale, la collectivité s’assure un cercle vertueux. L’argent en effet, sera ensuite réutilisé sur son territoire. Les petits commerces restent implantés dans les quartiers, ces mêmes commerces vont se fournir aux fournisseurs les plus proches

Ainsi, en permettant la mise en œuvre d’une expérimentation d’un « revenu minimum médian municipal couplé à une monnaie locale » notre démarche vise, à maintenir également l’activité économique locale, à promouvoir l’incitation à des circuits courts de distribution et à d’encourager la transition écologique.

Cette transition écologique serait encadrée par l’acceptation, pour les entreprises, les associations ou les autres acteurs utilisateurs de la monnaie locale, d’une démarche environnementale lié aux circuits courts.

De surcroît, en assurant un revenu minimum cela engendrerait automatiquement le foisonnement des initiatives entrepreneuriales ou citoyennes.

L’objet de cette tribune n’est pas de rentrer dans une explication technique et détaillée de la mise en œuvre. Elle vise à alerter d’une dérive dogmatique qui pourrait créer une fracture socio-écologique supplémentaire. Néanmoins, un montant supérieur de 1€ de plus que le seuil de pauvreté[2] en 2019 dont une partie serait versé en monnaie locale, à Paris[3], permettrait, dès lors que le maillage socio-économique intègrerait cette monnaie, de réduire les inégalités dans la zone ciblée.

Assurément, Paris semble le meilleur territoire pour lancer cette expérimentation, à plusieurs égards. D’abord parce que Paris est à la fois un département et une ville, ainsi les pouvoirs sociaux sont déjà présents pour entamer la mise en place. Via le CASVP dont les compétences requises sont immédiatement employables, pour initier ce projet et lancer sa mise en œuvre.

Aussi parce que la soi-disant ville lumière brille surtout aujourd’hui par une évasion de ses habitants due à l’inflation des loyers et la multiplication de la précarité et des sans-abris dans ses rues. Paris perd de sa flamboyance et de sa grandeur.

La ville est également à la traîne en comparaison avec d’autres villes françaises sur la question de l’innovation et de l’expérimentation.

Les charges s’accumulent et la ville de tient pas son rang. Il s’agit donc de repositionner Paris en tant que ville modèle, ville accueillante et exemplaire.

Comment aller dans le sens de la transition énergétique en incitant les habitants ? comment intégrer de la résilience économique face aux dérégulations financières du logement et de l’ubérisation ?

Les prochaines municipales sont l’opportunité idéale pour les candidats de mettre en avant leurs initiatives pour faire de Paris la locomotive sociale et environnementale. Le R3M versée en monnaie locale est une de ces idées dont il faut se saisir. Et ceci dès 2020. Elle est de cette catégorie d’option, qui apportent une infinité de bénéfice une fois sorti de la zone de peur. A l’image des entrepreneurs et de l’esprit start-up, c’est la prochaine licorne française.

 

Brahim Bouselmi (Président du club Res Publica et auteur du livre : le vote a-t-il encore un avenir ? Ed Ex-Libris).

 

[1] 1https://guyvaletteparis.wordpress.com/2017/01/13/comment-rebattre-les-cartes-pour-une-nouvelle-donne-avec-le-revenu-universel/

 

[2] https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676666?sommaire=3696937

[3] 2https://unemonnaiepourparis.org/

 

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