Les promesses non tenues de Sassou Nguesso face à l'urgence des congolais (2)

Suite notre article : Les promesses non tenues de Sassou Nguesso pour répondre aux urgences des congolais (1)

La troisième question est :

Comment faciliter, dès à présent, l’accès de tous aux soins de santé ?

Visite du premier Ministre Mouamba au CHU de Brazzaville Visite du premier Ministre Mouamba au CHU de Brazzaville

Hôpitaux en grève, inégalités territoriales ...

Vu les bonnes propositions de réponses à cette question, nous nous sommes dit, enfin, les congolais vont bénéficier de meilleurs qualité de soins pour tous. Mais après deux années, la réalité nous a rattrapé, car sur les treize des quatorze grands hôpitaux qui devaient ouvrir sur toute l’étendue du territoire en 2016 et 2017, seul l’hôpital général spécialisé d’Oyo est ouvert depuis mars 2017. Oyo … n’est-ce pas le village de Sassou Nguesso ? Un petit village est donc prioritaire plutôt que Dolisie, Impfondo et les autres villes ? Car dans ces cas-là, les hôpitaux sont encore en état de chantiers, malgré des centaines de milliards francs FCA dépensés, disparus, volatilisés. Ou sont passés ses milliards ?

Depuis près d’un an, le CHU de Brazzaville et l’hôpital de Loandjili à Pointe-Noire, les deux plus grands hôpitaux du Congo, font face aux grèves récurrentes, jusqu’à la fermeture totale du CHU de Brazzaville, du jamais vu ! Durant cette période, ni le président Sassou, ni le premier ministre Mouamba, n’ont réagi, seule la ministre de la santé, madame Mikolo se bornait à dire que tout allait bien, incroyable !

Inauguration de l'hôpital d'Oyo par Sassou Nguesso Inauguration de l'hôpital d'Oyo par Sassou Nguesso

Bien loin des promesses d'un accès aux soins généralisé

Alors concernant les autres points: réhabiliter et bien équiper toutes les formations sanitaires publiques ; veiller à la réalité de la gratuité des actes des soins ; permettre aux populations démunies d’accéder facilement aux soins de santé ; rendre opérationnelle, en 2016, l’assurance-maladie universelle, aucun avancement. Les hôpitaux et centres de soins existants continuent à se dégrader à cause de l’impuissance et l’inertie des pouvoirs publics. Dans ce pays pétrolier, la moyenne du PIB par habitant, entre 2010 et 2014 était de 3 431,5 dollars US et le taux de croissance moyen durant la même période de 5,2%, malgré cela, les hôpitaux manquent toujours de tout, il faut avoir des relations ou des moyens pour être pris en charge si non c’est la mort assurée. Le salaire des agents est aléatoire. La seule réponse donnée aux congolais par Sassou et Mouamba, pour assurer une meilleure couverture nationale aux soins de santé, est l’hôpital général spécialisé d’Oyo et des arrestations choisies concernant le CHU. Sur ce dossier du CHU, dont on ne sait pas exactement ce qui se passe, les arrestations se font en effet selon le bon vouloir de la direction de la sécurité du territoire (DST) mais jusque-là, les véritables bénéficiaires de ces marchés ne sont pas inquiétés.

Le personnel de santé et les malades ne sont pas une priorité pour Sassou et Mouamba, de toute manière, malgré l’hôpital d’Oyo, eux et les leurs vont à l’étranger pour les soins.


Note : 2/10

 

Enfin la quatrième question posée :

Comment améliorer la desserte des villes et des campagnes en eau potable et en électricité ?


L'eau et l'électricité, une richesse toujours inaccessible

Durant le dernier mandat de Sassou, les congolais ont retenu cette phrase : « le courant est aux portes des villes ». Les congolais ont crus enfin que cette fois le courant et l’eau allaient entrer dans leurs villes, dans leurs maisons, car les moyens prévus étaient à la hauteur des attentes : poursuivre l’opération eau pour tous ; augmenter les capacités de production d’eau potable ; accélérer la mise en œuvre du projet d’électrification rurale ; continuer d’augmenter la puissance installée d’électricité et moderniser les réseaux de distribution de l’électricité.

Inauguration en mai 2017 du barrage hydroélectrique de Liouesso par Sassou Nguesso Inauguration en mai 2017 du barrage hydroélectrique de Liouesso par Sassou Nguesso

Et comme d’habitude, la situation est pire qu’avant, tout d’abord dans les villages, concernant l’opération eau pour tous, plus de 70% des forages installés ne fonctionnent plus, par faute d’entretien ! Qui devait le faire ? Les paysans ?

Dans les villes, le courant et l’eau sont des richesses de plus en plus rares, aucun quartier de Brazzaville, Pointe-Noire ou des autres villes ne peut avoir cette richesse durant trois (3) jours de suite. Lorsque l’eau coule, elle n’est souvent pas potable et l’électricité est de mauvaise qualité, de faible tension, comparable dans certains cas à des bougies. Les travaux du « Boulevard énergétique national » qui devait être finalisé durant cette période sont toujours attendus des congolais ; peut-être voulaient ils parler de piste énergétique !!

Avec les dissolutions des sociétés nationales, d’eau (SNDE) et d’électricité (SNE), Sassou et Mouamba, pensent cette fois ci avoir trouvé la solution et demandent aux congolais d’attendre encore quelques années pour avoir l’eau et électricité dans leurs maisons en permanence. De toute manière eux ont des groupes électrogènes et des forages.

Congolais, eau et électricité pour tous à tout moment, ce n’est pas pour maintenant semble-t-il !


Note : 3,5 sur 10

Sassou, Mouamba, vous pouvez mieux faire !!

 

Voir aussi :

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.