#JeSuisUnDesDeux, ou comment le mépris a uni les vélotaffeurs de Montpellier

Il y a maintenant 8 ans, quand je suis arrivé sur l'agglomération Montpelliéraine, j'ai pris l'option de faire mes déplacements quotidiens en vélo dans un but avant tout économique. On me prédisait (moi compris dans le On) que je ne tiendrai pas très longtemps : le froid ou la pluie aurait raison de mes efforts. Il faut croire que je suis plus têtu que ce que je le pensais : 8 ans plus tard, je fais toujours ma vingtaine de kilomètres quotidienne.

Et pourtant, j'en ai connu des péripéties : je me suis fait dérober deux montures, j'ai connu des chutes (plus ou moins ridicules), j'ai rencontré des soucis mécaniques, j'ai lutté contre le vent et les intempéries. Quand il pleut à Montpellier, ça ne fait pas semblant, mais avec l'équipement adéquat on circule quand même très bien. J'ai changé plusieurs fois de travail, donc de trajet, puis peaufiné mon parcours. Je me suis pris la tête avec quelques automobilistes ou motards, ce qui m'a fait encore changé de parcours. Je me suis fait peur parfois. Et pourtant je suis toujours là...

Pourquoi ça ? Parce que je suis un connard bobo-écolo qui veut se donner bonne conscience ? Pas vraiment. Si tous les matins c'est avec entrain que j'enfourche mon vélo c'est surtout parce que c'est le pied intégral, tout simplement. Il suffit de s'y mettre et au bout de quelques temps impossible de revenir en arrière. Attention, ne vous méprenez pas, je comprends très bien qu'on ait besoin de sa voiture pour emmener ses enfants, faire des trajets dans la journée ou encore déplacer une armoire normande ; mais, honnêtement, qui kiffe de se retrouver coincé dans les bouchons ? L'alternative vélo, quand on n'est pas très loin de son travail est quand même à tenter.

Encore faut-il disposer d'un trajet sécurisé. Et c'est là où le bas blesse. Nombre de personnes ne franchissent pas le pas par peur et, les études montrent, que la mise en place de pistes dédiées et sécurisées entrainent une évolution positive de la pratique du vélo. A Montpellier et dans la métropole ça se démontre très facilement et le nombre d'équipements n'a pas beaucoup bougé depuis quelques années (mettre un coup de peinture sur un trottoir cela ne compte pas).

Je peux faire ce constat tous les jours et ça me navre, vraiment. La métropole de Montpellier a à peu près tout pour devenir une métropole cyclable à la pointe : le temps y est clément (hors pluies cévenoles), les côtes sont présentes mais pas non plus infranchissables, la population est jeune et dynamique et les projets de développements sont nombreux. Qu'est ce qu'il manque alors ? Peut-être une volonté politique ? Voilà ce qu'en pense l'actuel président de Montpellier Métropole :

#JeSuisUnDesDeux © Velocite Montpellier

Et on peut dire que ça a le mérite d'être clair et ne m'étonne guère. C'est une réaction habituelle mais qui a eu de positives conséquences. En effet, nombre de vélotaffeur se sont sentis personnellement visés et ont décidé de réagir ont répondu par les réseaux sociaux. C'est un début de colère qui commence à s'exprimer. Bien que de plus en plus nombreux, les utilisateurs de bicyclette de Montpellier n'étaient pas connus pour leur engagement militant ; mais c'était jusqu'au hashtag #JeSuisUnDesDeux qu'utilisent désormais de nombreux cyclistes de la Métropole pour réagir.

Qu'est-ce que cela donnera ? Impossible de le savoir pour le moment. A l'approche des municipales, il est fort à parier que les annonces politiciennes ne vont pas manquer sur ce sujet et nous suivrons les débats que l'on souhaite passionnant sur la mobilité dans la 7e ville de France. En attendant, si vous êtes cycliste sur Montpellier ou si vous voulez le devenir : que faire?

  • Déjà twitter ou partager un message avec le hashtag pour faire part de votre expérience
  • Donner votre avis sur http://monavissurlevelo.fr/, plus le nombre de contributions sera important plus la consultation sera pertinente.
  • Adhérer à l'association Vélocité qui promeut le vélo dans la Métropole.
  • Enregistrer votre parcours sur la carte participative des vélotaffeurs
  • Et bien sur, continuer de pédaler...

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