Une politique "à coup de milliards" pour sauver l'économie française !

GABIN : "Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute." (Le Pacha) 

1°)- Brigitte Pascall : Je vous recommande la lecture de l'excellente revue de presse rédigée ce matin par Stéphanie Mesnier-Angeli, notamment sa partie économique.

De quoi nous parle-t-on ce matin, au sortir du lit ? Le confinement coûte cher : 2,6% de PIB par mois selon l'OFCE. Et encore, les journaux "bourgeois" analysés par Stéphanie occultent le boom à venir hélas du chômage, qui pourrait atteindre 30% de la population active. 

Le journal libéral  "L'Opinion" est encore plus  explicite : "au delà de fin avril, ce sera un désastre, qu'on aura du mal à compenser, même à coups de milliards" (sic).

 Qu'entends-je ? La politique keynésienne" à coups de milliards", hier encore impensable, pour cause de rigueur budgétaire et de règle de 3%, trônant impériale depuis presque 50 ans, deviendrait-elle soudain la règle, la nouvelle banalité de toute nouvelle politique publique ?

Souvenons-nous :  "à compter des années 80, on rentre dans une économie capitaliste, où on a laissé toute liberté à l'argent. Les pleins pouvoirs sont donnés au capital, avec la grande dérèglementation, l'absence de tout contrôle des capitaux. Jusqu'à une période récente, nous étions dans une situation véritablement extra-ordinaire : pour la première fois, l'Humanité abandonnait son éternelle aversion à l'argent : on connait le résultat et la grande régression sociale accompagnant cette prise de pouvoir par les actionnaires" (sic) (cf conférence de Jacques Généreux de 2014 à Béziers).

Aujourd'hui, c'est Trump le premier, qui fait voter 2000 milliards pour les américains : 1200 dollars pour chaque américain, 500 par enfant, voir mon article d'hier. Et l'Italie et l'Espagne réclament un nouveau plan de relance, type plan Marshall pour s'en sortir.

 Et en France, on réfléchit à voix haute "à coup de milliards", estimant même que cette politique  de relance pourrait ne pas être totalement suffisante : il faudrait même en donner encore plus au Peuple, nous, les sans nom les sans grade, les intouchables mis au rancart par la petite-bourgeoise de gauche intellectuelle depuis les années 80. Snobés de la lumière du jour, c'est à dire du regard des élites, qui nous gouvernent. Mis au pain et  à l'eau, et au dernier rang de l'agenda politique depuis le tournant de la rigueur en 1983. On rappelle par exemple, que le point d'indice des fonctionnaires est gelé depuis sept ans, pour ne pas laisser filer les déficits publics….!

On se souvient de la sortie d'un Stanislas Guérini, LREM pur-sang, déclarant sans remord : "le pire, oui mais le pire, ce serait de changer de  cap libéral !" (sic). Monsieur, il faudra bien vous y faire à cette nouvelle donne, plus sociale et plus humaine, que vos amis du CAC 40 y  trouvent à redire n'y fera rien !

 Serait-on en train d'ouvrir un nouveau chapitre de notre Histoire, moins désespérant pour les "riens", les "minus" que nous sommes : suspense... ?

 En revanche, ce qu'on sait tous avec Michel Audiard : "QUAND ON PARLE POGNON, A PARTIR D'UN CERTAIN CHIFFRE, TOUT LE MONDE ECOUTE ! " (Jean Gabin dans "Le Pacha") : si on fait une politique keynésienne en France avec relance du pouvoir d'achat, comme  le préconise notre Rassemblement "Le Peuple d'abord", cela m'étonnerait qu'à partir d'un certain chiffre, les femmes et les hommes de ce pays restent totalement indifférents...!

 2°)- Extrait de la revue de presse de Stéphanie Mesnier-Angeli (partie économique)

 Mercredi 1er avril

- L’économie ou la vie ? Selon l'OFCE, un mois de confinement = 2,6% de PIB en moins sur l'année. Et à lire la presse éco, ça en fait réfléchir plus d’un. "Plus on attend, plus le redémarrage sera compliqué" (Financial Times). Au-delà de fin avril, ce sera un désastre, qu’on aura du mal à compenser, même à coups de milliards (L’Opinion). "La réponse est loin d’être évidente. Sacrifier l’économie fait aussi des morts" (Atlantico)

- Mais si c’était l’occasion de changer tout ? Et aura-t-on le choix ? Une note de l’économiste Patrick Artus (Natixis) analyse les 4 effets de la crise du coronavirus sur les pays de la zone euro : 1) Relocalisation des productions stratégiques ; 2) "Hausse durable des dépenses publiques de santé, d'indemnisation du chômage, de soutien des entreprises, donc fin de l'austérité budgétaire là où elle s'était installée (Europe) et de la concurrence fiscale ; 3) L'État doit intervenir pour définir et développer les industries stratégiques (pharmacies, nouvelles technologies, énergies renouvelables) ; 4) "Compréhension (même aux USA) que toute la population doit bénéficier d'une protection sociale convenable".

Conclusion de Patrick Artus (qui n'est pourtant pas membre de LFI) : "Tout ceci signifie bien la fin du "capitalisme néo-libéral" qui avait choisi la globalisation, la réduction du rôle de l’État et de la pression fiscale, les privatisations et dans certains pays la faiblesse de la protection sociale".

 



 

 

 

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