"Pouvoir au Peuple souverain" vise à élaborer un programme anti-système !

Le Rassemblement Pouvoir au Peuple Souverain vise à élaborer un nouveau programme anti système, clairement différent du programme "L'avenir en commun".

Marc Lebas m'écrit, pour me dire, que le CNSJS (Comité National Souverain pour la Justice sociale et le Rassemblement "Pouvoir au Peuple souverain"(PPS), comprenant les. "Insoumis démocrates", le PRCF, le Pardem, "Rupture, Pouvoir aux militants", et le CNSJS, sous réserve de clarifier les projets de chacun, seraient le doublon l'un de l'autre. Je pense, au contraire, que ces 2 rassemblements participent de projets politiques et de bloc social différents.

1)-Le rassemblement PPS vise à construire un nouveau bloc social anti-bourgeois.

Depuis le milieu des années 70, la petite-bourgeoisie s'est alliée à l'oligarchie au service de l'immobilisme social, transmuant la société francaise en "Belle au Bois dormant", pour reprendre le mot d'Emmanuel Todd (cf entretien Atlantico du 1er juin 2016).

Avec le mouvement des gilets jaunes, on a vu apparaître, ce que Bruno Amable, professeur à Genève et auteur, avec Stefano Palombarini de l'ouvrage : "L'illusion du Bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français", édition Raison d'Agir, septembre 2018, appelle l'esquisse d'un "BLOC ANTI- BOURGEOIS", réunissant les classes populaires et les petites classes moyennes (cf Libération du 26 novembre 2018). Mais il manque aux GJ un projet politique unificateur.

Le Rassemblement PPS, qui souhaite rédiger un programme politique neuf, beaucoup plus anti-système que notre programme "L'avenir en commun", veut aider (modestement) les Gilets Jaunes à se doter d'une nouvelle proposition politique : ce qui n'est pas le cas du CNSJS, estimant que les gilets jaunes ont échoué. Et qui recentre à présent son action, afin d'obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP, avec les autres partis traditionnels de droite et de gauche.

Avec le Rassemblement PPS, nous ne sommes pas seulement dans le registre de la "justice sociale", un peu de réformisme dans ce monde libéral brutal, mais carrément, dans la mise au rancart de l'oligarchie + petite bourgeoisie à son service, confisquant tous les pouvoirs, à commencer par le Pouvoir politique, avec le libéral Macron.

2)-Le Rassemblement PPS vise à élaborer un nouveau programme anti système, clairement différent du programme "L'avenir en commun".

Notre projet n'est pas seulement de sortir de la naphtaline le programme social-démocrate "L'avenir en commun", mais d'aller beaucoup plus loin. Le programme AEC reste européiste, avec son plan A, plan B, où il est tout à la fois possible de rester et de partir de l'Union Européenne. Sur la lutte contre le chômage et la pauvreté, ses propositions sont partielles et insuffisantes. Aucune analyse du chômage de masse, comme projet de la Bourgeoisie, visant à laisser filer sciemment la courbe du chomage, à compter des années 70 (1 million de chômeurs en 19c80, 2 millions en 1988, 3 millions en 1997, 6 millions aujourd'hui, selon la Dares), pour récupérer son taux de profit en chute libre, ne figure dans le programme AEC.

Voilà pourquoi je propose de rédiger un programme, MONTRANT LA POSSIBILITE D'UNE NOUVELLE VOIE, avec des concessions importantes extorquées à nos maitres, comme la renationalisation du crédit, et la nationalisation sans indemnisation de plusieurs grands groupes industriels.

Au delà de la proposition de nationalisations, il s'agit de contester l'idee selon laquelle l'ordre libéral serait le seul possible, comme semble le faire le CNSJS. Comme écrit Alain Badiou, (depuis les années 80), "le but poursuivi par les tenants de la mondialisation capitaliste a pour but le déracinement, si possible définitif, de l'idée d'une alternative globale,mondiale, systémique au capitalisme. ON EST PASSE DU 2 AU 1. Ça c'est fondamental. Ce n'est pas du tout la même chose quand, sur une même question, il y a deux idées en conflit et quand il n'y en a qu'une. Et cette unicité est le point-clef du triomphe subjectif du capitalisme" (Cf "Notre mal vient de plus loin. Penser les tueries du 13 novembre", édition Fayard, 2016.(sic).

De la même façon, il faut réhabiliter le deux et proposer une alternative profonde au capitalisme déchaîné et mortifère, repère absolu de l'historicite planétaire, y compris au sein de la FI ou chez les intellectuels dit de "gôche".

Concrètement, et sous réserve bien sûr de leur accord, on pourrait demander à Jacques Sapir de rédiger le "moment souverainiste, pour reprendre le titre d'un de ses livres. Je veux bien rédiger toute la partie sur la question sociale : chômage et pauvreté de masse et propositions pour revenir au plein Emploi. Jacques Généreux pourrait rédiger la partie nationalisations du crédit et des grands groupes industriels, et la lutte contre la finance folle.

 

 

 

 

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