Ruffin occupe un espace politique qu'il n'assume pas !

1°)-Danièle Bertrand : Mais Brigitte je t' ai expliqué que je ne suis justement pas une " Ruffinolâtre" et que franchement sa personne et son importance ne valent pas la peine d' un tel acharnement .
Quant á Mélenchon , pour l' avoir mentionné souvent, je sais bien qu' il n' est plus que le jouet de sa troupe de baltringues, avant d' être balancé définitivement aprés usure totale : il n' empêche que pour l' instant il reste la figure de proue emblématique de la FI , dans toute sa médiatisation

 

2°)- Brigitte Pascal : " Ruffin, il y avait presque 5 ans : je le critiquais déjà sur mon modeste mur, affirmant que tout ce qu'il disait, tout ce qu'il faisait, c'était du vent. De son côté, J-P Garnier, avait sorti un livre intitulé : "Le grand guignol de la gauche radicale", édition Complexe, 2017. Il écrivait notamment que, depuis que Ruffin voulait être député, "il multipliait les déclarations et les actes, où le contradictoire le dispute au cocasse"(sic). En vain. Les facebookiens continuaient leur conversation, comme si on n'avait rien dit.

Arrive Branco et son "audio" d'une minute trente montrant la connivence Macron/Ruffin. Aussitôt c'est le buzz, l'inflation de likes  : 1500 rien que pour l'audio court de Branco, des centaines de commentaires. Moi, je suis au fond du lit à cause d'une bronchite, m'arrachant quelques commentaires, qui ont plus de "likes" et de "posts", que mes meilleurs articles bien léchés.

Et ce n'est pas tout : hier, j'ai découvert la couverture de presse incroyable créée par cette "révélation" : articles du "Monde" dès le mardi soir, du "Nouvel Obs", de "France et info", "Challenges", "les Inroks", "Arrêt sur Images", "Marianne", "Le Point", "L'express", etc. Après, on peut dire de Branco que c'est un faux révolutionnaire, je m'en fous : en 24 heures, les lignes politiques ont bougé plus vite qu'au cours de ces 5 dernières années.

Ruffin est objectivement "un frein" à toute véritable émancipation populaire, telle qu'on la souhaite sincèrement sur ce mur. IL OCCUPE UN ESPACE POLITIQUE QU'IL N'ASSUME PAS ! Empêchant les insoumis sincères de faire leurs propres propositions en matière de lutte contre les plans sociaux : par exemple, donner un droit de véto au comite d'entreprise, afin de contrecarrer un plan social du patron voyou.

J'ai écouté la dernière vidéo de Ruffin, où il se fait prendre en photo, la mine triste, ce qui crée un malaise. Après le gnon qu'il s'est recu, se montrer devant la caméra coûte que coûte révèle un caractère, soit masochiste, soit exibitionniste à un point illimité : il n'a vraiment pas pris la mesure de la gravité du scud qui lui est tombé sur la tête.

Il me fait penser à Montand-la-Joie, l'éternel râleur de café du commerce, mégalo ("Moi, Moi, JE, JE"). Il y a un fil rouge qui court derrière toutes ses "actions", vidéos tournées dans sa voiture : on peut changer (facilement) le monde", en faisant la causette avec King Kostard, la "fête à Macron", être co-rapporteur d'une "mission" avec un député LREM sur tel sujet, parler de la vie d'une auxiliaire de vie  : dans ma jeunesse politique, au PSU on appelait ça : "faire du témoignage" et pas de la Politique, et on n'aimait pas ça. Et voilà, le tour est joué : on a mouillé la chemise, on peut rentrer à la maison se prendre une petite bière !

Alain Badiou dénonce très précisément cette gauche de pacotille dans son ouvrage : "Sarkosy : Pire que prévu. Les autres, prévoir le pire", édition Lignes, 2012, dans un chapitre intitulé : "La gauche : élévation de l'impuissance complice au statut d'Idée". Il montre comment le PS séduit les femmes et les hommes : "dans le cinéma du monde où nous nous épuisons à vivre, la Droite est le corps politique des gardiens du temple, de l'immobilité respectueuse. Mais la gauche, mes amis, elle circule en tapinois dans les couloirs discrets au milieu des prisonniers du semblant"(sic).

Je résume son idée : quand la Droite est en difficulté, la gauche est un groupe de gardiens intérimaires du temple, faisant croire à des "changements faciles", tout en "maintenant l'ordre social actuel", popularisant l'idée selon laquelle il est possible de changer le monde aliéné par quelques gadgets : fausse intervention auprès de Macron ; diffusion de tracts avec toujours une caméra derrière ; prise en charge une responsabilité publique : être député du système ; faire la "fête" avec des radis dans les cheveux , de façon apolitique, sans jamais combattre"frontalement" et difficilement le système politique et économique du capitalisme mondialisé, par une mobilisation de rue et un programme politique : c'est le grand mensonge de Ruffin, qui n'a jamais défendu notre programme "L'avenir en commun", que je lui reproche depuis des années.

 

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