L'incroyable antagonisme de classes, dans lequel nous vivons aujourd'hui

Je reposte un billet rédigé le 10 nov. 2019, mis à jour au vu de la mobilisation du 5 décembre 2019

Analyse du livre de Jérôme Sainte-Marie intitulé : "Bloc contre bloc. La dynamique du macronisme", édition du Cerf, 2019.

1°)-Le marxisme pour les nuls :

L'ouvrage du politologue Jérome Sainte-Marie a le mérite de réhabiliter certains concepts marxistes, afin de comprendre les luttes en cours dans la société française sous Macron. Disons-le d'emblée : J. Sainte-Marie se revendique comme "marxiste social-démocrate à l'allemande (cf SPD), soit une version du marxisme très édulcorée, suite au congrès de Bad-Godesberg de 1959, où les congressistes abandonnèrent l'essentiel de leur culture marxiste.

Voila pourquoi il parle de l'existence depuis deux ans "d'un imaginaire de lutte des classes" structurant le discours politique. Les opinions et les votes sont déterminés par la position sociale : par exemple, un jeune, un ouvrier votera plutôt FI que LREM. Il faut aussi toute une conscience. collective, afin de former un ensemble cohérent. D'où l'existence d'un "bloc élitaire"(autour de Macron) et d'un " bloc populaire" autour des Gilets Jaunes, du RN et de la FI. Ce qui explique ces moments d'intense division nationale que nous sommes en train de vivre.

Sainte-Marie décline pour les nuls le b. a. ba de la culture marxiste. Certains de mes (excellents) amis clament leur admiration illimitée pour ce livre, qui ne fait en réalité qu'effleurer L'INCROYABLE ANTAGONISME DE CLASSES, DANS LEQUEL NOUS VIVONS AUJOURD' HUI !

2°)- Analyse marxiste sérieuse : l'incroyable antagonisme de classes dans lequel nous vivons depuis 10 ans !

Le bloc élitaire n'est pas formé seulement du (célèbre et fallacieux) 1%, dirigeant les entreprises et les institutions. Comme l'expliquent conjointement Emmanuel Todd et Alain Accardo, les classes moyennes ont trahi le célèbre "Peuple de gauche" des années 70, pour faire alliance avec l'Oligarchie autour d'un projet d'immobilisme social. Todd qualifie cette France de l'immobilisme de "Belle au Bois dormant" (cf Entretien dans Atlantico du 1er juillet 2016) : rien de plus juste. Depuis les années 80, on ne constate aucune avancée sociale importante : pire, on assiste à une longue reculade ininterrompue de nos droits sociaux.

En 2017, Sainte-Marie omet de dire que Macron est arrivé au pouvoir, suite à un coup d'état démocratique, pour reprendre la formule d'Alain Badiou : cf son ouvrage : "Éloge de la politique", édition Café Voltaire/Flammarion, 2017.

En face, il y a le bloc populaire avec les les salariés avec les Classes populaires et les petites classes moyennes, constitutives du mouvement des Gilets Jaunes.

De plus, la "base" syndicale se "radicalise" et se "jaunit" sous l'influence culturelle des Gilets Jaunes, imposant leurs catégories de pensée. Ainsi que leur mode opératoire privilégiant l'action revendicative sur la durée, et non pas de simples manifs de 24 heures.« Ils nous ont réveillés », souligne Nathalie, conductrice de bus. « Ils ont fait exploser les manifs traditionnelles, du style “camion, merguez et compagnie” », renchérit Torya, cheminote ( cf Le Monde du 3 décembre 2019)

Ma lecture de la lutte des classes en France au cours de ces 10 dernières années montre une exacerbation du combat réel de classes dans la société depuis 10 ans :

* mobilisation contre la réforme des retraites voulue par Sarkosy. : 2,3 millions de personnes dans la rue les 12 et 17 octobre 2010.

*Mobilisation contre le projet de loi Khomri donnant lieu à 14 journées de mobilisation, 1,4 millions de personnes dans la rue les 31 mars et 14 juin 2016.

*Mouvement des Gilets Jaunes, qui en est à son 55ème samedi de lutte, avec une opinion publique les soutenant à 75%.

D'où une exacerbation de la lutte des classes. Comme écrit mon ami marxiste Ernesto Monteagudo : "L'Etat est le produit de la manifestation de ce que les contradictions de classes sont INCONCILIABLES. SOIT UNE GUERRE DES CLASSES APRE ET PERENNE. L' État est l'organisme armé de répression des Classes populaires. A mesure que la crise du capital s'accentue, à mesure que les contradictions inconciliables de classe s'approfondissent, les répressions qu'elles soient judiciaires, policières, administratives bureaucratiques, s' accentuent, et augmentent de façon exponentielle. Nous sommes en dictature et personne ne le dit ! "(sic)

3°)- Créer du neuf en politique !

Voilà pourquoi en politique, il faut créer du neuf. Se débarrasser de la social-libéralisation des esprits imposée par Autain, nous faisant croire à une énième resucée de l'Union de la Gauche : en réalité, une gauche du capital, machine à désorienter nos consciences !

Avec le PRCF, le Pardem, le CNSJS, "Les insoumis démocrates", "les franchement insoumis", le courant interne/externe à la FI : "Rupture, pouvoir aux insoumis", nous proposons un positionnement politique nouveau, critique, intransigeant, sur la base de la défense de notre programme "L'avenir en commun" et d'un second Manifeste, que nous sommes en train de rédiger Clémentine Langlois et moi. Nous sommes décidés à présenter des listes citoyennes autonomes aux élections municipales de 2020, avec pour seul but, de défendre les sans nom, les sans grade que nous sommes, sur la base de notre programme AEC.

Il existe aujourd'hui une férocité de la Bourgeoisie et de Macron à faire basculer le Peuple français dans la misère la plus noire. Il existe un scénario de la Classe dominante visant à nous mettre à mort.

Voila pourquoi il faut que nous nous battons pour un nouveau futur, fondé sur le Plein emploi, la lutte contre la pauvreté, l'égalité, la nationalisation des biens de production et le partage, la sortie de la zone euro en plan A.

 

 

 

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