HIER, GREVE HISTORIQUE ET IMPERIALE : ET APRES ?

Hier, grève historique et impériale : 1,5 millions de manifestants joyeux dans la rue, bravant le froid, pour demander le retrait de ce projet de réforme des retraites infâme et antisocial.

1)- Mieux qu'en 2016 avec la mobilisation anti-Khomri. On rappelle pour les plus jeunes, que ce texte n'avait pu être voté, que de façon très limite : grâce aux tristes 49-3 de Valls ; aux nasses, gazages et GAV policiers. Et l' acceptation de manifester en rond par Martinez et Mailly, véritable humiliation publique sans précédent !

2)-La manif d'hier est du niveau des grèves du mouvement social contre les retraites de l'automne 2010. Dans les deux cas (2019 et 2010), il s'agissait/s'agit de travailler plus pour gagner moins à la retraite. Comme analyse avec lucidité Alain Badiou pour la mobilisation de 2010 :

"La riposte à cette offensive (de Sarkosy) fut à la fois très massive et très molle. Les gens ont défilé par millions : (1,5 millions les 12 et 17 octobre 2010). Mais les directions syndicales partaient à l'avance battues. Leur objectif réel se limitait à la nécessité de contrôler les masses et éviter les dérapages, pour attendre tranquillement des jours meilleurs de l'élection comme Président d'un apparatchik de gauche"(sic).(cf "Le reveil de l'Histoire", édition Lignes, 2011, page 49).

2.1°)-Hier, une riposte réussie, grâce à des militants "jaunisés" !

Hier aussi, la riposte a été très massive : pour s'en convaincre, on vous renvoie à toutes les manifs, ville par ville, postées sur mon mur. On pointera notamment la mobilisation exceptionnelle, surtout dans les petites villes. : Tarbes : 7000 personnes ; Saint Brieuc : 22000 manifestants : du jamais vu depuis 2003. Idem pour Périgueux avec 7000 manifestants : un record, sachant qu'ils n'étaient que 5000 contre la loi Khomri et le projet de retraite de Sarkosy de 2010.

Ce qui témoigne d'une colère sociale sans précédent.

Il est évident, que la culture des Gilets Jaunes a largement "infusé" dans la société entre novembre 2018 et aujourd'hui : finies les promenades apéritives sans lendemain ; finis les mots d'ordre catégoriels ne concernant que trois pékins. Finis les actions de 2 heures : place à la longue durée, où seule l'envie de se battre compte, dans un temps aboli. Cet esprit retrouvé de la lutte des classes brute, non théorisée, comme l'analyse excellemment. l'article du "Poing", à propos des manifestants de Montpellier, a visiblement imprégné les têtes et les coeurs.

2.2)-L'attitude de Martinez n'est pas à la hauteur de la manif historique d hier !

Pour autant, l'attitude de Martinez est-elle à la hauteur de l'événement historique que nous venons de vivre ? Non, voire pas du tout. En ce moment, si Martinez faisait véritablement son "job" de responsable syndical des manifestants, il "PRODUIRAIT DU SENS", c'est à dire une analyse et une stratégie claire et lucide du mouvement social exceptionnel que nous venons de vivre.

Or, Martinez nous dit placidement qu'on "va continuer"(sic): plus laconique, plus service minimum, tu meurs !

On voit bien que, comme en 2010, l'objectif premier de Martinez est de "contrôler les masses", afin de sauver un soldat Macron visiblement dans la panade. Nullement de saisir l'enthousiasme social d'hier, pour imposer une nouvelle proposition politique, plus égalitaire, respectueuse des plus pauvres, esquintés de la vie, fondée sur le partage : exactement ce que propose notre rassemblement "LE PEUPLE D'ABORD" réunissant le PRCF, le PARDEM, le CNSJS, LES INSOUMIS DEMOCRATES, LES FRANCHEMENT. INSOUMIS, et le courant interne/externe à la FI : RUPTURE, POUVOIR AU PEUPLE !

Hier, le Peuple a eu le point avec la magnifique mobilisation populaire contre la réforme libérale des retraites. Ca ne va pas de soi, au vu de 40 ans de reculade sociale. Mais, paraphrasant Moustaki, il nous reste à faire encore du chemin, pour aller voir briller une victoire (définitive) nouvelle.

 

 

 

 

 

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