Macron n'a pas réussi à détruire les Gilets Jaunes, plus soudés que jamais !

MACRON N'A PAS REUSSI A DETRUIRE LES GILETS JAUNES, PLUS SOUDES QUE JAMAIS !

120 000 gilets jaunes dans la rue, selon le syndicat de police "Policiers en colère" : exactement le même chiffre que samedi dernier. Avec plus de 10 000 gilets jaunes sur l'esplanade de la Défense. Beaucoup de monde à Lille, 3000 manifestants à Nantes. Des slogans joyeux dans le genre : "on continue jusqu'à la victoire" ! A combien d'années en arrière faut-il remonter pour trouver des manifestants parlant de "victoire"(sic), un mot hélas disparu du vocabulaire militant, avec la reculade générale opérée par le Peuple français face à une Bourgeoisie à l'offensive.

Dans la guerre psychologique engagée entre Macron et les gilets jaunes, ce sont les GJ les plus endurants, les plus forts : ceux qui, semaine après semaine, déjoue tous les pronostics, le pourrissement du mouvement annoncé au clairon, alors qu'ils en sont à la 21ème semaine, sans jamais plier l'âme.

Des Gilets Jaunes plus puissants que jamais, malgré l'Himalaya de mensonges, que les médias inéquitables balancent sur eux depuis 5 mois, notamment leur supposée "défaite" (sic).

MACRON N'A PAS REUSSI A DETRUIRE LE MOUVEMENT DE GJ. Ce n'est pas faute de n'avoir pas tout essayé, opposant aux manifestants une débauche de moyens:

1)-diviser pour mieux régner, semant la zizanie entre responsables GJ. Nous imposant Levavasseur, copine de Schiappa et de BFMTV, une prétentieuse ne voulant parler que si les caméras filmaient son minois inoubliable.

2)-Diviser les classes populaires et la petite classe moyenne, parties du mouvement gilets jaunes. Montebourg soutient indûment qu' il n'y aurait que les classes moyennes tous les samedis. Heureusement, Bruno Amable pointe l'existence de classes populaires ET de petites classes moyennes dans ce mouvement, ainsi qu'il le précise dans son article publié dans Libération du 27 novembre intitulé "Vers un bloc anti-bourgeois ?"

3)-Tirer des balles de LBD, une arme sublétale, dont l'usage est critiqué tant par Bruxelles que par l'ONU. Avec Macron, le nombre de balles de LBD a été multiplié par 6, déclenchant même l'ire de Jacques Toubon, défenseur des droits de l'Homme, qui n'est pourtant pas ce qu'on fait de plus bolchevik.

4)-Traîner devant une Justice servile et expéditionnaire plus de 6000 gilets jaunes, avec malheureusement de nombreuses condamnations à de la prison ferme !

5)-Poursuivre un long débat, monologue inutile, revenant à donner un porte-clef à un homme qui meurt de faim. Cette semaine, le petit poudré dévoilera les "conséquences" de ce débat truqué, aseptisé, où les gilets jaunes n'ont jamais pu exprimer leurs revendications face à Macron : mais on n'en attend rien !

De plus, comme dit Sarah, gilet jaune de Dordogne, "l'action, ce n'est pas seulement d'aller gueuler en manif"(sic) (Reporterre du 5 avril 2019 : "Journal, débat public...Pour les gilets jaunes de Dordogne, l'action, ce n'est pas juste gueuler en manif" !

L'action, c'est aussi cette "assemblée des assemblées" de gilets jaunes, qui s'est déroulée pendant trois jours à la Maison du Peuple de Saint-Nazaire, comme l'explique Révolution Permanente. Véritable succès, puisqu'on a compté 235 délégations présentes contre 75 à l'assemblée des assemblées de Commercy, il y a deux mois. Réussite qui montre la vitalité du mouvement des GJ, abordant 6 points à l'ordre du jour, dont la question décisive de l'avenir du Mouvement.

Seul un mouvement structuré, national, disposant d'un programme de rupture avec le macronisme est de nature à regrouper, structurer les mécontents de Macron, sur la base d'un corps d'idées nouvelles et positives. Paraphrasant Alain Badiou, on dira : " Une organisation politique des gilets jaunes, c'est une médiation entre le monde actuel et le changement du monde souhaité par les GJ ! (cf "Le Réveil de l'Histoire", édition Lignes, 2011).

Les gilets jaunes participent et réinventent "la tradition révolutionnaire" du mouvement ouvrier français, décrite par Gérard Noiriel dans son ouvrage : "Les ouvriers dans la société francaise", XIXe-XXème siècle, édition Point Seuil, H 88, 1986. Noiriel décrit excellemment ces journées révolutionnaires : 1906, 1936, 1968. Où, à chaque fois, une nouvelle génération peu enracinée, sans véritable tradition des luttes, a été au coeur du combat le plus radical"(sic). De la même façon, les GJ ne sont pas imprégnés de la tradition réformiste, du sens des "limites". La faible culture réformiste des GJ leur fait croire, que "TOUT EST POSSIBLE", Y COMPRIS LA VICTOIRE", un mot qu'avec les gilets jaunes, le Peuple français redécouvre l'usage et l'envie, après 40 ans de morne reculade sociale...!

 

 

 

 

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