Quatennens ou la révolte de top 50 !

Je viens d'écouter deux fois Quatennens sur C news. Pendant une heure, il a recraché du Généreux de qualité moyenne : protectionnisme solidaire, planification écologique, éloge des années 60 : même Cahuzac, au cours d'un débat animé par Calvi sur l'avenir de l'Europe avait sorti à Généreux : "vous qui aimez tant les années 60 !"(sic). Quatennens a même cité "l'Avenir en commun". Cela donnait un petit vernis à son discours, sans rapport avec celui PSbis d'une Manon Aubry ou d'un Alexis Corbière.

Mais, à aucun moment, Quatennens ne propose une offensive clairement anti système, anti pauvreté de masse, préconisant une société égalitaire fondée sur le partage. S'il croit qu'avec pareil projet timoré, les jeunes et les classes populaires qui ont déserté la FI aux Européennes, vont voter FI aux Municipales 2020, il se met le doigt dans l'oeil jusqu'à la clavicule. Certes, il est un peu plus "radical" que Bompard, mais sa "ligne" confirme plus que jamais la nécessité de créer le rassemblement "Pouvoir au Peuple souverain" plus intransigeant, plus anti système.

1°)-Quatennens répète ce qu'on lui dit de dire :

 Le Canard Enchainé consacre cette semaine un portrait de Quatennens intitulé : "Le Roux de secours". Le problème, c'est que sa rédactrice, Anne-Sophie Mercier passe son temps à décrire les goûts musicaux de Quatennens. Inversement, on compte très peu d'analyse politique sur le fond, si ce n'est son "Grand oeuvre" : son discours sur les ordonnances travail, le 10 juillet 2017, évoqué d'ailleurs tant par Le Canard que dans le JDD d'hier, dans un article intitulé : "Comment Quatennens s'est imposé". Discours qui aurait créé, semble-t-il, une "Quatennens fashion"(sic), toujours selon le JDD. On a droit, une fois de plus, au fait que Quatennens s'était entraîné la veille à dire son discours, parlant les mains posées sur sa table à repasser. Mais tout ça, c'est de la pure frime ! Je fais du droit du travail depuis l'âge de 18 ans, et je garantis les yeux fermés que ce n'est pas un gamin de 29 ans, ayant fait de vagues études d'éco-gestion, qui est capable de sortir de ses tripes un texte pareil, millimétré, maîtrisant à fond le code du travail, et la procédure qui s'y attache. Capable de le réciter un mot sur deux, un mot sur trois, comme ce texte le suggère.

Là encore, c'est Généreux, qui a fait tout le boulot. Comme dit avec lucidité Bruno Adrie : "Quatennens, il est juste capable de lire très fort, et mal, ce qu'on a écrit pour lui"(sic) ! Il aime "les phrases qui claquent"(sic), surtout celle qu'il n'a pas écrites. Possible, mais lorsqu'on le voit vraiment à la manoeuvre, tout seul, c'est du grand n'importe quoi : par exemple, le-compte rendu des AMFIS 2018 bourré de mensonges et de chiffres du nombre d'insoumis présents, grossièrement bidonnés. Lorsqu'il prend sans rire la défense de Chikirou, présentée comme une femme admirable, n'aimant pas férocement l'argent. Lorsqu'il la joue faux dur de cour de récré : en disant que "la Macronie est à l'agonie"(BFMTV, 11 octobre 2018). Puis aussitôt après, pressé de questions par Bourdin,  dire piteusement : "j'attends que Macron sorte de son nuage intellectuel" (sic).

2°)- l'électoralisme excessif, horizon indépassable de Quatennens, :

Autre point : Quatennens est revenu longuement sur l'abstention, le fait qu'un français sur deux ait boudé les urnes aux élections européennes : comme s'il s'agissait là, au top 50 du "mal" en Politique, de la question number one. Aussi, pour surmonter ce "fléau", il a proposé de "faire du porte à porte", "afin de connaître les problèmes du quotidien"(sic) : quelle hypocrisie ! Depuis les années 80, et comme l'explique très bien Pierre Bourdieu dans son ouvrage "Propos sur le champ politique", édition Presses universitaires de Lyon, 1998.: "Personne ne peut contester que tout le champ politique français, y compris le PS, le PC, etc, a été transformé par l'existence de Le Pen, en réagissant aux propositions de Le Pen, par exemple, en substituant -chose très grave mais passée inaperçue- à l'opposition riches/pauvres, qui était fondamentale dans la Politique, l'opposition national/étranger"(sic)

En clair, grâce à Jean-Marie Le Pen, grâce à Mitterrand qui l'a relayé complaisamment, grâce aux responsables de la FI depuis juin 2017, la question des riches et des pauvres, qui structurait jusque là le champ politique a été mise au rancart, remplacée par le clivage national/étranger. Résultat : plus aucun parti-mouvement pour défendre la question sociale le partage des richesses ; les inégalités abyssales que nous subissons dans la France 2019 : on est passé d'un écart des revenus de 1 à 30 dans les années 70 à un écart de 1 à 386 en 2014 ; les problèmes de fin de mois pour 80% des français (chiffre Médiateur de la Republique) ; le fait que 190 000 jeunes débarquent chaque année sur le marché du travail sans CDI correspondant.

Résultat : les jeunes, les classes populaires s'abstiennent, ne trouvant aucun parti politique relayant leurs durs problèmes sociaux ignorés, refoulés régulièrement de la bulle médiatique des questions dont on parle. Mais aussi entre soi : le dernier sondage IFOP à interrogé les français sur ce dont ils avaient parle entre amis, dans la famille, etc. Arrive en numéro une la question de la canicule. En deux, les bleues. En trois, la réforme du BAC, en quatre la grève des urgences...Les responsables de la FI (Quatennens, Autain, JLM, Corbiere, Coquerel) participent de cette désinformation volontaire, en refusant sciemment d'aborder ces questions.

Voilà pourquoi le Rassemblement "Pouvoir au Peuple souverain" fera de la question sociale sa question numéro une, popularisée à travers des listes citoyennes présentées aux Municipales 2020, en vue de reconquérir les jeunes et les classes populaires dégoûtés à juste titre de la politique petite bourgeoise actuelle !

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