Les Gilets Jaunes, Histoire d'une manipulation du bloc bourgeois....!

Les Gilets Jaunes, c'est l'histoire d'une manipulation du bloc bourgeois, qui échappe ensuite à ses créateurs, pour devenir véritablement le mouvement social de la France d'en bas, qui ne parvient pas à finir ses fins de mois !

Macron est arrivé à l'Elysée par "effraction", comme il le concède lui-même. Porté par un bloc bourgeois, n'hésitant pas, pour arriver au but, à "dépenser un pognon de dingue". Rien que pour cela d'ailleurs, la candidature Macron devrait être invalidée. Ensuite, à cause de sa politique ultra-libérale, le petit poudré décroche très vite dans l'opinion. Sa morgue vis à vis du Peuple fait le reste. Et c'est l'affaire Benalla, une vidéo postée d'abord confidentiellement sur des murs de la France Insoumise, se retrouvant comme par miracle, en "une" du Monde, avec un dossier réalisé par Ariane Chemin.

Tout de suite, Régis de Castelnau a émis l'hypothèse d'un coup fomenté par le bloc bourgeois, notamment les fillonnistes furieux du sort subi par leur candidat en 2017. Modestement, j'ai relayé cette thèse, estimant que Hollande et certains responsables socialistes déchus étaient aussi de connivence.

Parmi les "explications" de l'affaire Benalla, certains youtubers ont analysé et limité à tort l'affaire à une "tentative de recadrage de Macron" (sic). Comme un chef "recadre" son subordonné. Cette thèse paraît suspecte, émise par un jeune homme sans culture politique. La politique ne s'embarrasse pas de demi mesures : on cherche à abattre son ennemi du moment, point barre, pas à le "recadrer".

Ensuite, ce fut la photo de Macron à Saint-Martin entre 2 petites frappes torse nu. Puis les critiques dans la presse de Collomb suivies de sa démission, malgré le désaccord de Macron. Le bloc bourgeois était toujours à la manoeuvre, ajoutant petit caillou blanc après petit caillou blanc, histoire de faire la peau, politiquement parlant, à Macron.

Au début du mois de septembre 2018, sur Youtube, une vidéo annonce un coup d'état prochain de l'armée et de la Police. Hollande parle de revenir. A ce moment là, personne ne mentionne les Gilets Jaunes, dont on ignore l'existence. Puis on se met à parler des GJ, présentés comme des "fachos". Seul à gauche, François Ruffin annonce sa participation à la journée du 17 novembre, qui est un énorme succès. Selon les chiffres d'Info Police, il y a 2 millions de Gilets Jaunes dans la rue. Mais l'article est aussitôt supprimé du site. Le 18 novembre sur BFMTV, le gilet Jaune Alex Compère de la Drôme a ce mot troublant : "cela fait un mois que je travaille rien que pour la journée du 17 novembre organisée par les Gilets Jaunes, je ne rentre plus d'argent à la maison"(sic). Le mouvement des Gilets Jaunes est donc "très organisé", non réductible à une voyante et un GJ du FN (Gauchy), même s'ils sont les plus médiatisés. Le fait que le bloc bourgeois les aide financièrement en sous-main ne doit pas être exclu.

Ce mouvement est largement soutenu par la population, malgré les morts, un Gilet Jaune décédant dès le 17 novembre à 8 heures 35, ce qui n'empêche pas la poursuite du mouvement. Comme dit Bernard Sananes, Directeur du sondage ELABE, rompu à tous les mouvements sociaux qui échouent : "rien ne se passe comme d'habitude" (sic).

Arrive la journée du 1er décembre, d'une grande violence surtout à Paris : 110 blessés, voitures incendiées, vitrines vandalisées. Au JT de France inter de 19 heures, Yves Lefebvre, syndicaliste policier SGP-FO a ce mot énorme : "Les policiers ne pourront supporter plus longtemps d'être utilisés comme dernier rempart de la République"(sic). Le lendemain, dans le JDD du 2 décembre 2018, on retrouve cette même phrase écrite en gros et en rouge. Cette sortie ne va pas de soi. D'abord, les syndicalistes policiers défendent toujours le Pouvoir en place. D'ordinaire, il n'y a pas de place pour la critique dans les médias officiels comme celle de Lefebvre. C'est donc une façon de dire directement à Macron qu'il est seul, la Police s'étant rangée du côté du bloc Bourgeois. La Police, souvent d'accord avec les revendications des GJ, montre qu'elle ne veut pas jouer le dernier rempart de la Macronie.

Il est évident que le Bloc Bourgeois n'imaginait pas un mouvement des GJ aussi important, multiforme, et national, "prenant" aussi bien dans la France d'en bas : exemple un défilé de trois kilomètres de GJ à Bergerac. Il est évident que le mouvement des GJ est autonome, en stratégie, mots d'ordre, slogans, etc. Les Gilets Jaunes, c'est l'histoire d'une manipulation du bloc bourgeois, qui échappe ensuite à son créateur, pour devenir véritablement le mouvement social de la France d'en bas, tellement il est en résonnance avec les problèmes de fin de mois de 80% des français (info du Médiateur de la République).

Mais c'est important dans le pilotage des GJ de savoir que le bloc bourgeois soutient en sous-main les GJ. Certains évènements ne s'expliquent pas autrement : ainsi, le vol du plan de déploiement des forces de sécurité + liste des GJ radicaux intervenu pendant la nuit du vendredi au samedi 8 décembre serait une initiative du bloc bourgeois pour affaiblir Castaner et le Gouvernement. L'hypothèse d'un "hacker" ne tient pas une seconde : on imagine que les informations du ministère de l'Intérieur sont dûment sécurisées, et qu'on ne peut pas y accéder comme on va acheter sa baguette de pain.

Autre fait troublant : les silences réitérés de Macron face aux Gilets Jaunes : exactement comme son long silence de 10 jours, après le déclenchement de l'affaire Benalla. Macron donne l'impression d'être tétanisé de peur, comme l'a dit le député LR Damien Abab. Hier, visitant ses troupes de Police, Macron avait un air hagard, qui vaut tous les aveux qu'il ne fera jamais (Photo LCI). Chacun sait bien que les miettes qu'il va annoncer demain ne seront pas suffisantes. Et n'empêcheront pas un acte V des Gilets Jaunes.

Comme explique Clausewitz, tout le monde a oublié les causes initiales du mouvements (hausses abusives des taxes sur le carburant d'ailleurs annulées). En d'autres termes, la revendication initiale a débouché sur une crise politico-socio-insitutionnelle majeure, où les deux acteurs principaux se battent jusqu'à terrassement total et disparition de l'autre...

 

 

 

 

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