MARTINEZ, JOUEUR DE FLUTES !

Lu dans Le Canard Enchaîné de cette semaine, l'excellent portrait de Martinez, rédigé par Anne-Sophie Mercier. On apprend d'abord que le patron de la CGT compte beaucoup sur le 5 décembre pour se requinquer l'image et le bilan. Puis, avec sa plume mi miel, mi fiel, Anne-Sophie y va de ses vacheries habituelles sur le grand démocrate Martinez : sachant rappeler, y compris sur les plateaux de télé, que c'est lui le Patron, non mais !

Macron le méprise. Forcément, vu son échec à "contenir" les Gilets Jaunes et leur combat de rue, rappelant celui des anarcho-syndicalistes d'avant 1914. Pire encore, les GJ l'ont obligé à sortir deux euros cinquante de sa chaussette en faveur des Classes populaires. Mais le moustachu est très pote avec un certain Pierre Ferracci, "business du social", très ami de King Bobard.

On apprend aussi qu'il a viré toute l'équipe de Le Paon, grâce à qui il doit sa nomination en 2015. Un grand moment de vie démocratique ironise un syndicaliste qui le connaît bien. Et que, grâce à sa gestion monarchiste (tiens, tiens, ça nous rappelle quelqu'un d'autre ! ), le secrétaire de l'UD des Pyrénées- orientales, en désaccord avec lui, a du prendre la porte. Tout comme celui du Cher également pousse vers la sortie. Vive la discussion libre et non faussée au sein de la Cégète !

Au congrès de Dijon, celui que l'on surnomme le Général Tapioca n'a pas eu un seul mot d'autocritique, face à la montée en puissance de la CFDT aux élections professionnelles (résultats truqués comme on sait). Ni un seul mot d'excuse, pour être passé totalement à côté du mouvement des Gilets Jaunes, perçus abusivement comme des électeurs du RN.

Ses proches continuent de vendre la légende de la grande gueule au coeur tendre. "Quand on jouait aux cow boys et aux indiens, il voulait toujours être un indien pour se trouver du côté de l'opprime  dit l'un d'eux. Mais comme dit un de ses ennemis : "ce n'est pas devenu une flèche pour autant"(sic) !

Le portrait de Martinez par Anne-Sophie Mercier est bon, mais assez silencieux sur la stratégie PS bis Macron compatible suivie par Martinez. On n'a pas oublié son obéissance docile à Hollande, lorsque ce dernier a fait défiler en rond les manifestants anti Khomri. Ni ses chiffres truqués annonçant 400 000 participants à la manif du 12 octobre 2017 contre la casse de notre code du travail, alors qu'une heure avant, il parlait d'un million. Ni les nombreux croche-pieds faits aux Gilets Jaunes combattant frontalement Macron 1er, avec une énergie et une envie d'en découdre, qu'il ferait bien de copier.

Maintenant que le 5 décembre est passé, on sait les yeux fermés que Martinez va trahir les manifestants du 05, histoire de justifier tout l'argent qu'il reçoit de la CES + loi sur le financement de la vie syndicale.

A ce stade, toute la question est de savoir quelle sirène va écouter la "base" syndicale :

1)-Martinez ? Et on se prend un nouveau Waterloo social, morne plaine.


2)-Les Gilets Jaunes ? Et c'est peut être le début d'un véritable changement social, d'un printemps social en hiver qui a raison !

 

 

 

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