LA MORT DES CONTRATS AIDES !

Les contrats aidés ont été quasiment supprimés : à peine 100 000 ont été budgétés en 2020, contre 320 000 en 2017 et 460 000 en 2016, selon un article du journal "Les Échos" du 14 novembre 2019.

Les contrats aidés ont été quasiment supprimés : à peine 100 000 ont été budgétés en 2020, contre 320 000 en 2017 et 460 000 en 2016, selon un article du journal "Les Échos" du 14 novembre 2019.

On rappelle que le nombre de contrats aidés était de 2,650 000 millions en 2000 sous Jospin, du temps des emplois jeunes, des CES et des CEC. Avec 100 000 contrats aidés en 2020, cela signifie que l'enveloppe a diminué de 95%, dans le silence le plus total !

Lors de son entrée en fonction en 2017, "l'humaine" Pénicaud avait déjà sabré dans les contrats aidés, passés de 360 000 en 2017 à 200 000 en 2018.

Mais ce n'est pas tout. Reprenant les conclusions d'un rapport mensonger rédigé par Jean-Marc Borello, la Ministre du travail "a limité pour 2020 leur nombre dans le secteur non marchand (associations, communes) pour éviter les effets d'aubaine, car les créations d'emplois (dans le secteur marchand) sont en forte hausse"(sic).

Ce raisonnement est archi-faux et aberrant : un chômeur de longue durée enkisté dans le chômage peut reprendre une activité dans le secteur non marchand. Et monter en qualification. Malheureusement, il n'a aucune chance de retrouver un emploi pérenne dans le secteur marchand, trop sélectif pour les publics les plus en difficulté. On s'est occupée des contrats aidés pendant 12 ans. Pas un seul des chômeurs recrutés en CEC n'a accédé au secteur marchand. Inversement, ils ont trouvé un emploi durable dans une mairie ou une association pour 66% des cas.

Le secteur non marchand est donc irremplaçable pour faire de l'insertion durable. Le sacrifier sciemment, avec la politique ultra-libérale de Macron, c'est rétrograder dans les pires années de la Restauration (1815-1848), animées par le seul mot d'ordre cynique de Guizot : "enrichissez-vous" !

Le pire, c'est l'incroyable silence médiatique accompagnant cette mesure scélérate. Pas une seule fois, Pénicaud n'a osé dire publiquement, qu'elle faisait basculer 100 000 salariés en contrat aidé (850 euros par mois) dans le RSA (490 euros par moi), voire dans la misère la plus totale.

A aucun moment, les députés de la FI n'ont combattu frontalement cette régression sociale digne de l'absence de politique sociale d'un pays en voie de développement !

Terminus, tout le monde descend. Dans l'exclusion la plus sombre, on y glisse, on y trébuche, on se raccroche à une branche frêle, on y tombe. Et, poignée de miraculés mise à part, on n'en sort jamais plus.

Et c'est là où on paye le prix fort de la stratégie PS bis,"Macron compatible" initiée par Corbière, rompu depuis toujours à toutes les crapuleries, pouvant se résumer à sa phrase : "il faut critiquer Macron, mais pas trop"(sic) (BFMTV, décembre 2018).

Cette opposition de pacotille préfère la manne de l'argent public (22 Millions donnés aux 17 députés de la FI), officiellement, au titre du financement de la vie politique. Officieusement, pour que la FI jette au rancart notre programme "L'avenir en commun", lui préférant une critique mouchetée, inoffensive de salon. Et sauver le soldat Macron encore et encore, comme dans l'actuelle bataille des amendements contre le projet de réforme des retraites : 19 000 déposés par la FI, pour le seul plaisir de faire obstruction à un vote du projet de loi, que personne ne souhaite véritablement empêcher.

Allons, Corbière, on se connaît bien en dix ans de PG/FI. Je vous ai bien connu dans le bain boueux et sale des accords secrets avec Pierre Laurent faisant alliance avec Hidalgo l'été 2013, en vue d'une liste commune PS/PCF aux Municipales de 2014. Mélenchon disait avoir de la cendre dans la bouche, vu l'état d''impuissance dans laquelle vous l'aviez mis. Car vous ne l'avez pas défendu tout au long de cet été mémorable en trahisons !

Dans votre inaction face à la mort programmée des contrats aidés, je retrouve la même lâcheté d'esprit, votre mollesse de conscience, les traîtrises attachées à votre nom, quoi que vous fassiez, priorité à votre amour féroce pour l'argent oblige !

 

 

 

 

 

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