JLM pense que la Justice veut le détruire à son procès !

MELENCHON EST PERSUADE QUE LA JUSTICE VEUT LE DETRUIRE A SON PROCES !

Mélenchon est appelé à comparaitre les 19 et 20 septembre prochain, pour outrage à magistrat, lors de la perquisition au siège de la FI le 15 octobre 2018, à propos de ses comptes de campagne et de supposés emplois fictifs au Parlement européen. Il est persuadé que le système judiciaire veut le détruire à son procès (cf blog de JLM du 9 septembre 2019). Sa nouvelle riposte consistera à dénoncer le procès politique engagé contre lui, et les erreurs de procédure commises par le Parquet :

1°)- Dénoncer les erreurs de procédure, qui ont entâché les perquistions du 15 octobre dernier, nous parait insuffisant :

1.1)-Non respect de l'article 76 du code de procédure pénale : le parquet se devait de demander préalablement l'assentiment de JLM avant de procéder à cette perquisition, ce qui n'a pas été fait.

1.2)-Non respect de l'article 26 de la Constitution protègeant un parlementaire de toute mesure restrictive de liberté. Or, le procureur a bloqué à loisir JLM, en pleine session parlementaire, en saisissant ses supports informatiques et téléphoniques nécessaires à son travail parlementaire. (cf Polemia : Arnaud Dotézac, journaliste suisse : "Les perquisitions de Melenchon et de LFI sont-elles illégales ?" du 25 octobre 2019).

Certes, je partage 5 sur 5 la pertinence des analyses juridiques de Dotézac. En revanche, et contrairement à JLM, je ne fonderai rien de sérieux sur de simples erreurs de procédure, en ces temps d'état d'urgence, où tout semble permis à l'exécutif. Notre journaliste suisse analyse la situation de JLM en droit pur. Il a certainement raison. Mais, nul doute que le parquet invoquera l'état d'urgence, lui permettant de donner des coups de canif dans le code de procédure pénale.

En réalité, tout le procès va se jouer "sur le fond", et c'est là où JLM doit avoir des arguments béton, notamment en plaidant le fait que notre campagne n'était pas plus chère que celle des autres candidats

2)- Dénoncer le procès politique, c'est jouer à la victime, posture peu "payante" !

On vient d'écouter Quatennens chez Bourdin, qui a commenté la comparution de JLM les 19 et 20 septembre prochains. Sa ligne de défense se résume en une phrase : "C EST UN PROCES POLITIQUE !". Selon moi, elle n'est pas bonne, car elle transmue Mélenchon en pauvre victime, dont on espère que l'opinon publique aura pitié. Rien de moins sûr. On le sait, la posture de la victime est rarement "payante". Si on se situe sur le plan uniquement politique, on ouvre la boite de Pandore : c'est la porte ouverte à toutes les accusations les plus tartignoles : "JLM aime Poutine"(sic), comme Bourdin a pu le lancer sans vergogne ce matin !

Pour ceux qui ont la mémoire courte, on rappelle que c'était la ligne de défense de François Fillon, et combien cette stratégie a lamentablement échoué, face à des médias hystériques, remontés à mort contre lui !

Au contraire, Il faut argumenter juridiquement point par point, comme le fait Arnaud Dotézac dans son article publié dans Polémia : non seulement dénoncer les erreurs de procédure, -violation du code de procédure pénale et de la Constitution-, mais aussi batailler sur le fond. Cette bataille juridique volontariste et pro active aura le mérite de renvoyer l'accusation dans le camp de la Justice.

 

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