La fausse analyse invisibilisant les classes populaires derrière les Gilets Jaunes !

LA FAUSSE ANALYSE SOCIOLOGIQUE, INVISIBILISANT LES CLASSES POPULAIRES DERRIERE LES GILETS JAUNES...!

Depuis le 17 novembre, le mouvement des Gilets Jaunes fait l'objet de nombreuses analyses sociologisantes, se présentant comme "scientifiques". En réalité, elles sont erronées, comme nous allons le démontrer dans cet article.

I- Les gilets Jaunes seraient une levée de la Classe moyenne :

1.1°)-Ainsi, Montebourg estime, sur la base d'une étude réalisée par un think thank américain, qu'il s'agit là d'une révolte de la Classe moyenne.

1.2°)-Idem de la part de Badiou. Dans une vidéo d'avril 2019, au cours d'un débat organisé par Tarbes philo entre Alain Badiou et Raphaël Enthoven, Badiou estime que LE MOUVEMENT DES GJ EST UNE LEVEE DE LA CLASSE MOYENNE victime du déclassement. Voilà ce qu'il dit : "Les gilets jaunes représentent une colère et une révolte populaire, qui, indiscutablement, et par beaucoup de cotes est puissante. Il s'agit, a l'évidence, de cette partie de la grande classe moyenne française, qui est en voie de paupérisation : c'est un fait et on peut le prouver. Et aussi, en un certain sens, en voie d'abandon : abandon de toute une série de petites villes provinciales désertes, dont la rue centrale, autrefois nourrie de commerces, est abandonnée. Et aussi difficulté d'obéir à la loi des transports. Dans un certain sens, dans un premier point, cette levée, cette colère est légitime"(sic).

1.3°)-De la même façon, Bruno Amable, professeur à l'université de Genève, auteur avec Stéfano Palombarini de l'ouvrage : "L'illusion du bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français", édition Raison d'agir, septembre 2018, écrit notamment dans Libération du 26 novembre 2018 un article intitulé : "Vers un bloc anti-bourgeois ?" : "Et pourtant, le mouvement des "gilets jaunes" représenterait-il la première étape de la constitution d'un tel bloc (anti-bourgeois) ? Sous réserve d'études approfondies, il semble bien que la composition du mouvement, classes populaires et "petites" classes moyennes, soit adéquate"(sic).

Bruno Amable voit donc dans les Gilets Jaunes, un mouvement de "petites classes moyennes"(sic), qui, en vérite, n'existe pas. Tout vient du fait qu'une certaine analyse bourgeoise met les employés et les salariés qualifiés dans les classes moyennes, ce qu'ils ne sont absolument pas.

2°)-Cette fausse analyse sociologique permet d'invisibiliser les classes populaires derrière les Gilets Jaunes :

En effet, il faut savoir que pour l'analyse marxiste, les "Classes moyennes" ne représentent qu'une fraction infime de la société : les couches supérieures du salariat et de la Fonction publique : autrement dit la Haute Fonction Publique et les cadres dirigeants du secteur privé.

Certes, comme le remarquait Troski, "le développement du capitalisme a accru de façon extraordinaire l'armée de techniciens, admnistrateurs, employés de commerce, en un mot, tout ce qu'on appelle "la nouvelle classe moyenne"(sic).

Mais les sociologues bourgeois, l'INSEE sous tutelle de Bercy ont sciemment reconstruit et élargit cette catégorie, en y "rangeant délibérément des travaileurs qualifiés gagnant 2000 euros par mois" (cf article du site Révolution du 11 juillet 2019 intitulé : "Petite-Bourgeoise et Classe moyenne").

Les instituts de sondage aux mains des milliardaires vont encore plus loin : ils formatent grossièrement la taille des "classes moyennes", de façon à ce qu'elles représentent 50% de leur échantillon. Inversement, ils minorent la part des Classes populaires, qui ne représenteraient "que" 50% de la population.

On voit l'intérêt politique évident de "surreprésenter" les couches supérieures du salariat et de la Fonction publique, politiquement en faveur de l'immobilisme social.

On retrouve cette même erreur sociologique dans l'analyse des Gilets Jaunes sensés être un mouvement de classe moyenne. Un enfant de quatre ans comprendrait qu'on se moque de lui : en effet, si chaque samedi, c'était la Haute Fonction Publique qui descendait dans la rue, réclamer une vie décente, pouvoir boucler ses fins de mois (au passage, on se demande bien pourquoi, vu le niveau de ses émoluments ?), elle n'adopterait pas le "code" du gilet jaune, jugé trop populaire. Ni les actions sur les rond-points en plein hiver, signe d'une culture populaire on ne peut plus évidente !

L'intérêt d'une telle "analyse" mensongère, C'EST D'INVISIBILISER LES CLASSES POPULAIRES, les mettre aux rancart, y compris lorsque ces dernières ont le courage de se mettent en colère et de descendent dans la rue tous les samedis depuis sept mois.. C'est une analyse qui participe de la prolophobie, hélas bien dans l'air du temps, depuis le tournant de la rigueur du PS en 1983... !!

 

 

 

 

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