Canicule 2020 : l'enfer de travailler en cuisine sans climatisation !

Le journal "L'Humanité" du 11 août 2020 vend la mèche : malgré la canicule, la fournaise sur Paris depuis 6 jours, la province qui a très chaud, certains lieux de travail et de transport comme le métro, n'offrent pas la climatisation aux salariés parisiens obligés de travailler des fois à 40-50 degrés, comme les salariés en cuisine.

Résultat : avec cette chaleur lourde, l'organisme est fatigué. On respire mal, on a parfois des nausées. Les nuits sont étouffantes : la température n'est pas descendue en dessous de 24 degrés à Paris. Les risques d'AVC sont élevés.

Ainsi, Lisa, serveuse de 21 ans dans un restaurant de grillades raconte : "Nous sommes basés dans une zone industrielle, près d’Angers (Maine-et-Loire). Comme nous n’allons pas installer des tables sur le parking, nous sommes obligés d’accueillir tous les clients à l’intérieur. Le problème, c’est que la climatisation est interdite à cause du Covid. Et que nous devons travailler avec des masques. Vendredi soir, on frôlait les 40 °C dans la salle, et jusqu’à 50 °C en cuisine ! Entre la pandémie et la chaleur, c’est l’enfer"(sic) (cf l' "Humanité" du 11 août 2020).

Sur France Inter ( "Le téléphone sonne"), une aide-soignante raconte qu'il fait 34 degrés chez elle, et qu'elle n'a pas la clim.

Certes, dans un article récent, nous avons dit tout le mal que nous pensions de la décision de Véran d'interdire la clim ou le ventilateur dans les lieux publics dédiés aux personnes âgées des EPHAD.

Malheureusement, Il n'y a pas que les personnes âgées à être privées de ventilateur ou de clim.

Les médias n'ont pas prévenu les gens que cet épisode allait durer 7 jours. Par exemple, vendredi 7 août, BFMTV nous a d'abord baratinés :  "ce n'est pas la canicule, vu que la chaleur ne durera que deux jour et non trois"(sic). Ce discours est très hypocrite : comme si Météo-France ne peut pas prévoir la météo sept jours à l'avance.

Puis sans transition, le même BFM nous dit lundi 10 août : "nous vivons le troisième jour de canicule"(sic) : (alors qu'en réalité, c'était le cinquième, selon mes comptes). Aujourd'hui, "c'est le dernier jour de canicule", toujours selon ces Messieurs-Dames de BFM.

Par un tour de passe passe, nous sommes donc passés de la "non-canicule" à une "longue canicule", dont la durée totale est soigneusement non évaluée, (7 jours selon mes comptes).

De son côté, France Inter plus lucide n'a pas caché que la chaleur forte allait durer.

Aucun Ministre n'est venu nous prévenir : on se demande à quoi sert Pompili, à part autoriser la mise à mort des tourterelles des bois. L'été 2016, c'était pareil : nous avons eu une canicule. Et Hulot, alors ministre de l'écologie était en vacances, trop occupé à faire trempette, pour sacrifier une journée à passer à la télévision.

Quant au champ Politique, personne ne moufte à gôche. Personne pour dénoncer hélas ces malades et morts supplémentaires de chaleur, qui vont nécessairement s'ajouter aux 40 000 morts du Covid-19.

L'an passé, Buzyn évaluait la surmortalité due à la canicule, à un millier de morts. Ce chiffre minore gravement la situation 2019, où on a atteint 45 degrés le 24 juillet 2019,. On peut penser qu'il en ira de même en 2020 : soit un millier de morts en plus, du à la seule canicule, où chacun a été livré à soi-même, les derniers de cordée trinquant plus que les autres...

En ce moment, le covid-19 a quasiment disparu. Et la Macronie continue de nous mentir. Supprimer la clim aux ouvriers, serveurs, serveuses, est un acte d'une extrême gravité, et je pèse mes mots.

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