Il y a une férocité de la Bourgeoisie à écraser le Peuple français

IL Y A UNE FEROCITE DE LA BOURGEOISIE A ECRASER LE PEUPLE FRANCAIS

1)-Alain Badiou : "Il y a une férocité de la Bourgeoisie quand elle se sent libre. Ils veulent nettoyer tout ça vraiment. Et ils prennent exemple sur l'Allemagne. En France les réactionnaires ont toujours suivis l'exemple de l'Allemagne. Or là-bas je le redis, 30% de la population est en état de grande pauvreté. Il faut le savoir. Il y a une pauvreté allemande massive, de type américain. Est-ce que les gens, ici, les gens ordinaires se rendent-ils compte que c'est à ça qu'on veut les amener ? Que c'est vers ça qu'on veut les tirer ? Il semblerait qu'ils ne le comprennent pas du tout. Alors que c'est ça que veulent les amis de Macron : il faut un volet de pauvres beaucoup plus important que celui qui existe actuellement.

C'est que la Bourgeoisie française est absolument persuadée que son infériorité sur le marché mondial est liée à un coût exagéré de la main d'oeuvre. Et à une protection exagérée du contrat de travail. La mafia des milliardaires voit partout des privilèges nuisibles ! Le saccage en cours va donner lieu à un accroissement important des profits des plus grands groupes et à la création non moins importante d'une masse de gens sévèrement paupérisés. Sans compter un développement du secteur privé considérable. L'idéal fini du capitalisme est que l'air que nous respirons soit privatisé et donne lieu à des trafics financiers planétaires. Il ne faut jamais l'oublier. Pour le moment, on peut constater une privatisation du système hospitalier bien avancé" (sic) ( cf "Eloge de la Politique", édition Café Voltaire/Flammarion, 2017).

2)-Brigitte Pascall : Alain Badiou pose le problème de façon lumineuse : il y a une férocité de la Bourgeoisie à écraser socialement le Peuple français. Ce qu'elle fait méthodiquement depuis la fin des années 70. En effet, en organisant volontairement la mondialisation des échanges et la casse du statut du salarié fordiste, elle a laissé filer sciemment, en toute connaissance de cause la courbe du chômage : 1 million de chômeurs sous Giscard, 6 millions aujourd'hui, selon les chiffres de la DARES. 9 millions selon mes calculs, si on ajoute les radiés, les demandeurs d'emploi cherchant un boulot par eux-même, les personnes sorties du fichier EXCEL par un "nettoyage" régulier des statistiques elles-mËme.

Si l'Allemagne est un pays de grande pauvreté avec 30% de la population concernée, la France n'est pas mal non plus : le chiffre de 9 millions de pauvres de l'INSEE est un faux. Selon mes calculs, j'arrive à 15 millions. Et les bénévoles des organisations caritatives nous disent de multiplier le chiffre de l'INSEE par trois. Le Secours populaire évalue à 30% avec les enfants et les conjoints le nombre de pauvres dans la société française.

Aux Etats-Unis, la situation est instructive. Officiellement, le taux de chômage est de 5%. Mais l'économiste hétérodoxe Philippe Béchade évalue à 100 millions le nombre de chômeurs états-uniens. Les gens ne sont pas dupes. Ainsi, le candidat Trump a remporté l'élection présidentielle de 2016, en promettant " des millions et des millions d'emplois"(sic), et les américains ont voté pour lui. Alors que Hillary Clinton préférait parler des sujets "sociétaux", et pas d'une question aussi "ringarde" aux yeux de la classe politique américaine que le chômage.

Depuis 40 ans, en France, on assiste à la paupérisation des classes populaires et certaines classes moyennes. Pourtant, la question sociale (chômage, pauvreté) est mise au rancart : aucun homme ou femme politique ne se bat énergiquement pour qu'il en soit autrement. Au Rassemblement "Le Peuple d'abord", nous avons rédigé un programme, proposant à chacune et à chacun une vie décente et joyeuse, notamment par une politique de relance keynésienne permettant de créer des centaines de milliers d'emplois en CDI. Et deux millions d'emplois dans le secteur associatif.

 

 

 

 

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