Chantal Mouffe : "Les gilets jaunes mettent en cause la post-politique ! "

CHANTAL MOUFFE : "LES GILETS JAUNES METTENT EN CAUSE LA POST-POLITIQUE...!"

Bingo ! Chantal Mouffe estime que "les Gilets Jaunes mettent en cause la post-politique"(sic). Qui l'eut cru ma Bonne Dame ! La critique de la "post-politique", qu'est-ce que c'est, sinon la vieille politique de la vieille "gôche" ripolinée aux couleurs de la modernité "branchouille" et du New âge, avec des termes tarabiscotés, incompréhensibles pour le commun des mortels, et qui n'ont d'autre but que d'enfumer le lecteur... ???!!!

Chantal Mouffe, nouvelle Jack Lang, celui, comme le rappelle opportunément Guy Hocquenghem, qui n'a eu de cesse "d'asservir l'activité culturelle, la rendre dépendante du Pouvoir politique et du ministériel. Il t'a fallu patronner le trajet, qui a conduit du langage populiste vieille gauche (Mauroy) au langage néo-branché (Fabius), et convertir ce mouvement en ralliement d'une génération à l'ordre et à la servitude courtisane" (sic) (cf Guy Hocquenghem : "Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary", édition Albin Michel, 1986. De la même façon, Chantal Mouffe a accompagné une génération de lecteurs de "gôche", de la vieille gauche Hollandiste, rompue à toutes les crapuleries, à la gauche New look, "Macron compatible"(sic), incarnée par les députés de la France insoumise, ou ceux qui aspirent à le devenir : Bompard, Aubry, Chaïbi, Lienemann, etc. Et qui n'a plus de critique de système que le nom : "insoumis".

J'invite la grande théoricienne du bluff populiste à poster ses sottises design et fumeuses sur le mur "Gilet Jaune". Elle y sera lue attentivement par de "vrais" gilets jaunes. Ils lui diront crûment et sans fard ses 4 vérités sur la prétention démesurée de sa prose obsessionnellement obscure, et qui n'a pas vocation à dire quelque chose de concret.

Sur le fond, ils lui diront tout le mal qu'ils pensent de sa lucidité perdue, il y a longtemps, un jour de 1985, lorsqu'elle commit son premier livre avec son mari Laclau : "Hégémonie et stratégie socialiste : vers une radicalisation de la démocratie", réédité aux éditions Pluriel, 2016. Aujourd'hui, 2019, presque 35 ans plus tard, elle n'a toujours pas compris une chose : la société française des années 80, marquée par un sévère repli du nombre de grèves, une grave crise du syndicalisme, et d'engagement dans les partis politiques, n'a plus rien à voir avec la société 2019, dominée au contraire par un important retour de la conflictualité et de la contestation sociale. Hausse de la conflictualité observée depuis la mobilisation anti-Khomri de 2016 + bien sûr les 4 mois de mouvement des Gilets Jaunes. Ces derniers ont réussi à faire ce que tout le monde pensait impossible : une critique frontale de Macron, sur la base de la question sociale et des fins de mois impossibles, pour 80% des français.

Chantal Mouffe se trompe totalement dans son diagnostic, en "plaquant" sur la société 2019, des concepts forgés en 1985, forcément "up to date", inadéquats pour comprendre la période récente. Son analyse hors sol occulte un Peuple français qui se réveille, comme on ne l'a pas vu depuis 35 ans. Le mouvement des gilets jaunes n'a rien à voir avec une contestation de salon de la "politique" ou de la "post politique" : il pose le problème de la répartition des richesses entre une classe dominante confisquant toutes les richesses et un Peuple paupérisé, et pose donc une question "économique" d'abord.

Les livres de Mouffe, c'est du solide, du cousu main, dans le registre de la poudre aux yeux et de l'éternellement médiocre. Un piège pour petits-bourgeois, dans la mesure où Mouffe renvoie sa propre idéologie de classe petite-bourgeoise en miroir. C'est tout, sauf de l'analyse politique concrète, à partir de la réalité historique, comme le pratique Alain Badiou : par exemple : "Le réveil de l'Histoire", édition Ligne, 2011. Chantal Mouffe est un leurre, une fake théoricienne, en réalité porte-étendard du système libéral actuel. Le problème, c'est que des responsables politiques comme Ruffin et JLM gobent ses sottises XXL, et en redemandent....!

 

 

 

 

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