IL N'Y AURA PAS D'APRES MACRON !

IL N'Y AURA PAS D'APRES MACRON ! 

1)-Dominique Kern écrit : "il est évident qu'il n'y aura pas d'après Macron dans le cadre "démocratique" de la Vème Republique : comme si la Vème Republique était une démocratie, ce qu'elle n'a jamais été, au mieux dans ses meilleurs moments, ce fut une dictature constitutionnelle qui a très vite dégénéré dès 1969. Leur intention est de faire durer cela, le chaos, le plus longtemps possible.

La réponse des élections présidentielles est terminée, définitivement, le cirque électoral aussi, sinon comme compétition inutile, comme un match de foot, pour amuser le Peuple avec de la novlangue, des trucages de moins en moins sophistiqués. L'élection de Macron signifie la fin des choix possibles" (sic).

2)-Brigitte Pascall :

2.2)-Il n'y aura pas d'élection en 2022. La seule fenêtre de tir est le combat social de rue :

Je partage 5 sur 5 l'analyse de Domi. L'élection de 2022 sera truquée, une sorte de match de foot sans enjeu reel, comme l'a été l'élection présidentielle de 2017. On souhaite prolonger un peu son analyse :

Au printemps 2017, "LE POUVOIR A ORGANISE SA PROPRE SUCCESSION"(sic), explique Alain Badiou dans un débat avec Olivier Mongin, Directeur d'Esprit sur LCP, en mai 2017. Le Peuple n'est plus rien, y compris avant les élections, puisque son droit de choisir lui a été supprimé. Il peut voter "blanc", de toute façon, il aura "noir" in fine. Et si par malheur, son vote est majoritaire comme le "Non" au référendum de 2005, on n'en tient pas compte, alors même que le "Non" atteignait 80% dans une ville ouvrière comme Tourcoing.

Ou pire encore, on trafique les chiffres, afin que JLM ne soit pas au second tour, comme la réussite de ses meetings fleuves, pleins de jeunes à ras bord le laissait prévoir très logiquement.

A nous d'en tirer toutes les conséquences. La seule fenêtre de tir, c'est le combat social de rue. Le très long Mai 68 vers lequel on se dirige, avec ses mouvements de grèves à éclipses, nos idées anti Macron, anti-inégalités largement majoritaires dans les têtes et dans les coeurs. Dans un moment où l'idéologie libérale, vieille de 35 ans, agonise sur le bord de la route : cette vieille idéologie menteuse, tout le monde se tape...!

2.2)- Les naïveté du suffrage universel

Il existe une véritable idolâtrie de la part de JLM pour le suffrage universel, sensé être le seul moyen d'émancipation des Classes populaires. On n'a pas oublié son slogan : "je vote, il dégage"(sic). En réalité, on a beau voter, la classe dominante ne dégage jamais. Nous nous appuyons sur l'Histoire du Suffrage universel écrit à partir d'un beau travail d'archives par Alain Garrigou, professeur de sciences politiques. Auteur de nombreux ouvrages reconnus sur le suffrage universel, par exemple : "Histoire sociale du suffrage universel en France, 1848-2000", Point Histoire H n°303, Seuil, 2002.

Garrigou montre comment le suffrage universel a toujours été UNE PROTHESE DE LA CULTURE DE L'ELITE imposée à un Peuple réticent, qui l'accueille sans intérêt, le rejetant d'un revers de la main. Et Garrigou d'ajouter : "Parler de l'ignorance des paysans du XIXème siecle, comme beaucoup de leurs contemporains, n'impliquent nullement qu'ils étaient stupides. Ces questions ne les concernaient pas et donc NE LES INTERESSAIENT PAS. On voit que le désintérêt actuel des français pour le suffrage universel, notamment les plus jeunes, souvent abstentionnistes à 80% aux élections de 2017 (étude de l'Insee d'octobre 2017) n'est pas un phénomène récent, n'en déplaisent aux "spécialistes" passant à la télé, sans culture historique. Les jeunes 2018 accueillent le suffrage universel avec beaucoup de suspicion, comme un outil étranger à leur culture et à leur univers. On n'a pas oublié leur slogan de 2016 : "NOS REVES SONT TROP GRANDS POUR RENTRER DANS VOS URNES". C'était déjà le cas des paysans de 1848, trainant des pieds pour aller voter. Se demandant pourquoi il faudrait voter "pour La Martine" (Alphonse de Lamartine)(sic), comme l'explique Bernard Lacroix, professeur de sciences politiques dans son article "Ordre politique, ordre social".

L'adoration du suffrage universel est le fait d'une petite bourgeoisie "républicaine", qui a un intérêt fort à se faire élire, obtenir ainsi des "places", comme la Direction de la FI. Mais en dehors d'elle, le suffrage universel, tout le monde s'en tape, comme le montre la massivité de l'abstention aux élections 2017, et l'émergence d'une nouvelle abstention "politique" venue de tous les horizons inter classistes,  se greffant sur l'abstention "classique" : celle des ouvriers, des jeunes, etc. On se reportera utilement à l'article sur l'abstention 2017 rédigé par Cécile Braconnier dans la Revue Française de Sciences Politique 2018.

2.3)-ON N'EST PLUS EN DEMOCRATIE :

La Direction de la FI gagnerait à s'interroger sur sa intérêt à faire de la procédure électorale l'alpha et l'oméga de sa stratégie politique. Et à faire croire au Bon Peuple qu'on est toujours en démocratie, après le coup d'état démocratique fomenté par Macron, pour reprendre la formule d'Alain Badiou dans son ouvrage : "Éloge de la Politique", édition Café Voltaire-Flammarion, 2017.

La Direction de la FI ne veut pas prendre la mesure de la gravité de la situation actuelle. Comme me le disait Patrick Weigel, soucieux de faire avancer son idée de référendum d'initiative populaire, et qui a écrit à tous les hommes politiques du moment, notamment les élus de la FI :  "les djeuns de la FI défendent désespérément la légitimité de l'élection (donc celle de Macron), parce que ce sont eux même des élus, et qu'ils espèrent l'être la prochaine fois, et qu'ils ont besoin de cette légitimité. Ils ne feront jamais rien pour établir la vraie démocratie en France, c'est à dire la démocratie directe" (sic). Nous avons une Direction de la FI qui ne défend pas nos intérêts, juste ses hochets de député à 8000 euros par mois.

Le rôle de la Direction de la FI est de nous faire croire que nous sommes encore en démocratie. Et de désorienter nos consciences. Nous faire croire à un Eldorado "démocratique" et parlementaire qui n'existera jamais. Eldorado imaginaire qui abrite leur petit arrivisme, les "places" de quelques uns.

J'en ai assez de leur bla-bla médiocre, de ceux qui ne cherchent pas à gagner vraiment. Et qui n'est pas à la hauteur du malheur de vivre de millions de français. Et de la grave situation historique dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Bla-bla qui ne cherche pas véritablement à tirer par le haut un Peuple français qui coule inexorablement depuis 35 ans, depuis Giscard.

Cela me confirme dans mon projet de créer un courant interne de la France insoumise, structurant ideologiquement les militants de base de la FI conscientisés sur un vrai projet politique, global, systémique au libéralisme. En particulier, la question sociale y sera prioritaire. L'objectif est de répondre à la demande des jeunes et des adultes d'une offensive politique clairement anti système.

le pouvoir à la base serait la condition essentielle de fonctionnement. Sans petits arrivistes élus, nous empêchant de faire de la Politique avec un grand P, éliminant sans vergogne ceux qui ne pensent pas comme eux, c'est à dire leur penser plat PSBIS. Il existe déjà "Café des insoumis" : c'est très bien pour discuter des questions de démocratie. Mais il y a aussi le problème du positionnement politique. Fait-on du PS bis comme Corbière ? Ou revient-on à notre programme "L'Avenir en commun", en le boostant sur la question sociale... ?? C'est à ce genre de question à laquelle s'attèle le nouveau courant intitulé : DELIT DE RUPTURE (ANTICAPITALISTE). Son objectif serait plus large que "Café" : être l'intellectuel collectif des militants de base, qui le souhaitent, et de tous ceux qui, à l'extérieur, s'intéresse à un tel projet anti système, contre une Direction, qui a viré centre gauche, et jeté par dessus les moulins tout idéal de révolte anti système...."

 

 

 

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