CHRISTOPHE DETTINGER EST CONDAMNE A UN AN DE PRISON FERME !

Christophe Dettinger est condamné à un an de prison ferme. Son crime ? Avoir pris la défense d'une femme esquintée par la Police "démocrate" et "républicaine" de Macron. Ce verdict m'en rappelle un autre. C'etait dans les années 80, quand le Front National "montait", mais ne faisait pas encore les scores historiques que l'on sait. Dans une petite ville de Normandie, terre du FN, un "arabe", "propre sur lui", "ayant de quoi payer", demande à être servi dans un café. Le cafetier ne répond pas, sort sa carabine, tire et le tue. Le procès a lieu. Le bistroquier est condamné à "un an avec sursis", ce qui n'est pas beaucoup, vu qu'il y a mort d'homme totalement gratuite. Mais ce n'est pas tout. Toute la petite ville défile. Non pas pour prendre la défense du "non blanc"(sic), mais en faveur du patron de bistrot qui a eu tout de même une peine avec sursis.

Le gilet jaune Dettinger prend un an ferme, pour avoir cogné un flic aujourd'hui parfaitement en vie. Le tenancier de l'abreuvoir crapoteux, un an avec sursis, pour un homicide inexcusable. Et le soutien massif de toute la population locale. DEUX POIDS DEUX MESURES ! Le crime raciste ne paie plus, ma Bonne Dame, au Top 50 de l'indignation à éclipses, millimétrée des bonnes âmes, des crétins éduqués, pour reprendre le mot d'Emmanuel Todd, qui font tout le sel de la démocratie bourgeoise, donnent le "la" de l'idéologie dominante. La fureur de l'émeutier est infiniment plus coupable, que toute la violence policière déversée chaque samedi contre les Gilets Jaunes : blessures graves opérées par les DAR, détachements d'action rapide, des voyous recrutés sur le seul critère de la violence ; tirs de flasball à répétition, yeux éborgnés comme celui hélas de Jérôme Rodrigues, mains arrachées comme celle du jeune photographe samedi, vieille dame de 80 ans décédée par une bombe de désencerclement lancée par un CRS, gaz lacrymogènes entraînant des nausées et des vomissements toute la nuit...Même la gendarmerie refuse de participer à ce cirque qualifié soit-disant de "maintien de l'ordre". Et qui n'est en réalité que la répression sauvage d'une révolte contre la misère initiée depuis 3 mois par les Gilets Jaunes.

Comme il en existe d'autres dans le monde, et sur le même modèle, en Afrique, en Belgique, à La Réunion et à Haïti. Dans un article récent, Frédéric Lordon faisait référence à la guerre des pauvres de 1576. Soit. Mais des exemples plus récents de mouvements contre la pauvreté, notre XXIème siècle n'en manque pas : c'est juste qu'il ne faut pas participer à la cécité collective volontaire, au déni de réalité pratique par des journaleux, à la mémoire d'huitre, et qui n'ont jamais passé le périphérique parisien.

Comme écrit Alain Badiou : "Au nom de "la tolérance zéro" pour le gilet jaune en train de manifester, alors qu'il y a une tolérance infinie pour les forfaits des banquiers"(sic) (Cf "Le réveil de l'Histoire", édition Lignes, 2011). Et des crimes racistes, comme celui que l'on vient de raconter.

Regis de Castelnau pointait déjà dans un article récent "l'empressement de la Justice dans la mise en oeuvre d'une stratégie aussi illégale qu'antirépublicaine"(sic) (cf "Macron et l'exécution de sa feuille de route : au prix de nos libertés), du 31 janvier 2019.

Paraphrasant et actualisant Badiou ("Le réveil de l'Histoire", op cit), on peut penser : "dans ces processus, où l'Etat montre sa face la plus hideuse, se forge un consensus non moins détestable, autour d'une conception particulièrement réactive, qu'on peut résumer ainsi : les coups portés contre un policier dans la fureur de l'émeute est infiniment plus coupable que les  8 400 gilets jaunes interpelés à ce jour, les 1 800 gilets jaunes gravement blessés par la Police, les chirurgiens les ayant opérés n'hésitant pas à parler de "blessures de guerre" (sic). Et à lancer une pétition contre l'usage du flasball.

Ce que dit cette condamnation entre les lignes : le primat des forces de Police, dernier rempart de la Macronie, sur les êtres jetables, obsolescents, punissables que nous sommes, comme Christophe Dettinger. Le primat des violences légitimes de la Police sur la vie humaine des manifestants critiquant un ordre social libéral en déroute. A Varennes ? Pas encore, mais beaucoup le souhaitent, rêvent d'un pays qui arrache le Peuple au malheur opaque, où il s'enfonce en ce moment, pour inventer du neuf, une vie digne et décente pour chacun..!

 

 

 

 

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