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Billet de blog 14 mai 2014

SORTIR DE L'EURO POUR SORTIR DE LA DOMINATION DU CAPITAL ...

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SORTIR DE L'EURO POUR SORTIR DE LA DOMINATION DU CAPITAL ALLEMAND, ET SAUVER NOTRE PEAU...!!! (Frédéric Lordon)

En vue de la soirée Médiapart sur l'Europe de ce soir, où participe JLM, d'une part, je reposte bien sûr 1°)- le débat à l'ENS du 30 avril 2014, "Faut-il faire sauter Bruxelles ?", avec F Ruffin, E Todd et J Genereux. D'autre part, je présente le chapitre de "La malfaçon" de Frédéric Lordon sur la domination allemande sur le reste de l'U-E. Première idée à retenir : "ce n'est pas la domination de l'Allemagne-nation, c'est la domination de l'Allemagne-capital que nous vivons, comprendre : la domination du capital allemand, distingo que l'on fait rarement dans nos discussions. A tort. L'Allemagne est le shérif de la construction européenne, le flic de la circulation, qui impose aux autre Etats de la Communauté "ce modèle ordo-libéral de politique économique, où l'orthodoxie budgétaire est l'alpha et l'oméga de cet équilibre) : modèle libéral imposé comme condition sine qua non de son entrée dans la monnaie unique.

"L'obsession monétaire allemande est devenue le point de cécité volontaire européiste" nous dit Frédéric Lordon, les 2 seules missions de l'Europe étant la mission anti-inflationniste et l'orthodoxie budgétaire, en dehors de quoi il n'existe plus rien...!!! Au nom de la sacro-sainte "stabilité", tous les Etats de l'Union sont rentrés dans un régime inédit de "politique économique par les règles" imposées de Bruxelles, faux nez de Berlin.

Pour comprendre cette obsession allemande pour l'équilibre budgétaire, il convient de mobiliser le "roman national allemand", qui tient à tort l'hyper-inflation de 1923 comme la matrice du nazisme. Une réécriture de l'Histoire allemande, qui omet le taux de chômage de 25% en 1932. Qu'importe ! Ce roman est historiquement faux, mais c'est lui qui prédomine...! La force du traumatisme allemand, c'est qu'il rend non négociables ses propres obsessions monétaires. S'imaginer que le SPD au pouvoir changera ces règles monétaires strictes est un rêve d'une grande naïveté.

Mais en septembre 2012, la BCE a accepté d'intervenir sur les marchés secondaires, pour racheter de la dette, si besoin en quantités illimitées : ce qui a stabilisé l'euro : une entorse de taille à l'orthodoxie monétaire, au demeurant très mal vécue par le Peuple allemand, qui était majoritairement contre. Quoiqu'il en soit, les politiques économiques nationales, dont la politique française est délibérément soumises au joug et à la tutelle normalisatrice des marchés financiers.

L'Allemagne prendra-t-elle conscience du ressentiment croissant, dont elle est l'objet, pas seulement les pays du sud ??? Car cette domination n'est pas le résultat d'une domination industrielle de l'Allemagne, mais une domination du seul capital allemand. Il n'existe aucune pulsion nationale de domination dans le Peuple allemand. La domination allemande est monétaire. Sa domination n'est pas le produit d'une Volonté de Puissance, mais d'un apeurement incoercitible de la grande inflation de 1923...

Pour comprendre l'emprise inextinguible, le pouvoir immense, démesuré, de "la règle des 3%"(voir histoire de cette règle que je reposte), il faut absolument faire ce détour historique, passer par le rôle de shérif joué par l'Allemagne sur les autres Etats de la Communauté européenne. Il faut aussi dénoncer de toutes nos forces, non pas Angela Merkel, le Peuple ou l'industrie allemands, mais la tyrannie du seul CAPITAL ALLEMAND, sa folie aux yeux de pierre, qui sème la mort sociale (125 millions de pauvres, 32 millions de chômeurs) sur les familles européennes endeuillées, à qui il ne reste plus rien, que leurs larmes de sang...

Il ne reste plus rien, que les bagnes construits dans les ruines : voir le centre ville de Toulon reconnu zone prioritaire par Falco, quand, aussitôt après, on trouve les yachts et la richesse la plus répugnante. Il ne reste plus rien, sauf le travail exténuant des uns, et l'inactivité forcée des autres, histoire de baisser encore plus le coût du travail, et parvenir au sacro saint équilibre budgétaire, devenu notre seul horizon indépassable. Et casser les vieilles résistances ouvrières, qui nous coutent trop cher en journées individuelles non travaillées.

On n'ose imaginer l'Europe dans 30 ans : un monde du travail devenu jungle d'outre terre. Quand il ne restera plus aux chômeurs qu'à errer sur les routes, dans un temps abandonné. Quand le totalitarisme européen de la finance aura fait se rejoindre l'azur et le crépuscule dans une nuit éternelle, qui fera oublier jusqu'à l'idée même de lumière. On se souviendra d'avoir vécu pour un demi sourire, qui n'est jamais venu, on se souviendra de notre soif de mensonges, pour ne pas voir notre agonie...

"On le sait désormais, ils iront jusqu'au bout" écrivait hier si justement François Ruffin. Et nous, dans tout cela ??? Je pense à ce passage de Petr ZALENKA, (auteur tchèque), extrait de son ouvrage "Contes de la folie ordinaire", parlant des anciens pays de l'URSS :

"Mais justement, c'est ça que j'ai subi ! Toute ma vie, tu ne comprends pas ça ??? Cet Etat qui nous pisse dessus des milliers de litres de pisse tous les jours ! Et nous, on est debout, au milieu de tout ce tas de merde : et on se dit : tient, il pleut, mais le soleil va revenir..."

Il suffit de dire que c'est le CAPITAL, qui nous pisse dessus des milliers de litres de pisse, et nous avons exactement la situation des Peuples occidentaux, parqués, prisonniers, sous la férule de la Communauté européenne et du capital allemand, si nous ne voulons pas en sortir...

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