CONTRE LA LOI TRAVAIL XXL, ON ENTRE DANS LE DUR !

CONTRE LA LOI TRAVAIL XXL, ON ENTRE DANS LE DUR !

On entre dans le dur. La résistance à la loi Travail XXL s"organise. Prend des pistes multiformes. Après notre belle manif de mardi, l'humour des pancartes : "Macron, t'es foutu, les fainéants sont dans la rue !", deux autres belles manifs prévues les 21 et 23 septembre. Les CGT et FO transport dégainent à leur tour : faisant grève à compter du 25 septembre. Les retraites se rebiffent avec une journée nationale contre la hausse inique de la CSG sur leur maigre retraites le 28. On le voit : tout s'organise patiemment, tout se met en place, avec une véritable envie d'en découdre. Comme écrivait Albert CAMUS, «les grandes choses, les grandes idées, on l'a dit, viennent dans le monde sur des pattes de mésange. Peut-être alors si nous prêtions l'oreille, entendrions-nous, au milieu du vacarme des empires et des nations comme un faible bruit d'aile, le doux remue-ménage de la vie et de l'espoir" (sic) («Actuelles, chroniques algériennes, 1939-1958 », 1958). De la même façon, si nous regardions attentivement, sous l'info truquée des chaines d'information, verrions-nous un nouveau monde émergeant, balbutiant ses premiers pas d'oiseau sans importance.

Ceux qui imaginaient 2 journées de mobilisation frileuses, "convenables", timorées, en sont pour leurs frais. Dès à présent, on n'est plus dans le baroud d'honneur, le traditionnel défilé Bastille-République de ceux qui sont déjà vaincus dans leur tête. Même les pense-petits de BFMTV ont la trouille : hier, il fallait écouter Laurent Neumann pour s'en convaincre. La vérité est qu'une violente guerre des classes nous attend. Avec une issue plus incertaine que jamais.

D'un côté, une CGT, FSU, SUD, fédérations FO, FI unis et jeunes . De l'autre, un Macron plus seul que jamais. Sans aucune base sociale. Ne représentant que l'armature économique et administrative de la société. C'est à dire la structure froide technocratique, protégée parce que solidaire ( cf Monique Pinçon-Charlot), pas la chair, la sève, la moelle, l'âme, le cœur de la société française L'arrogance du pouvoir d'hier a cédé la place à une inquiétude palpable. L'Elysée a la trouille et ne le cache pas. Même ses images léchées sont remises en cause. Ainsi ce matin Christophe Barbier ne cachait pas son inquiétude, s'interrogeant sur l'opportunité de cette "urgence médiatique" (sic), ce déplacement éclair de Macron à Saint-Martin et à Saint-Barthélémy durement touchés par la tornade, c'est dire...! Dans son dernier billet de blog, Jacques Sapir écrit de son côté : "Macron s'enferre et se ridiculise à Saint-Martin". Comme aurait dit PASCAL, "qui veut faire l'ange fait la bête !

LABRUYERE écrivait en substance à propos des évènements de la Fronde et de l'étonnant calme social qui a suivi pendant tout le règne de Louis XIV : "1661-1715) : "quand le Peuple est silencieux, on ne sait pas ce qui pourrait le faire sortir de son silence. Quand il est dans la rue, on ne sait pas ce qui pourrait mettre fin à cet incendie social". Rien de plus juste. La chimie sociale entourant une mobilisation réussie est mystérieuse. En ce moment, nos avons les signes d'une vraie colère : avec une envie d'en découdre qui rappelle les meilleurs journées contre la loi Khomri, où tous les secteurs professionnels étaient mobilisés, sans oublier le secteur public. Sur les réseaux sociaux, avec d'autres, nous tenons la tranchée : force est de constater que la mobilisation des esprits est maximale. On le sait : "Le Peuple n'a jamais que le degré de liberté que son audace conquiert sur sa peur" (STENDHAL)...!

 

 

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