DISCOURS ANTI-FLIC D'HIER ET D'AUJOURD'HUI !

1°)- Brigitte Pascall : "En ce moment, je me surprends à chantonner "Hécatombe", la chanson de Georges Brassens. On n'a pas oublié :

"Au marché de Brive la Gaillarde,
"A propos de bottes d'oignons,
"Quelques douzaines de gaillardes
"Se crêpaient un jour le chignon.
"A pied, à cheval, en voiture,
"Les gendarmes, mal inspirés,
"Vinrent pour tenter l'aventure
"D'interrompre l'échauffourée' (sic).

Voilà : les gendarmes débarquent, et toutes les femmes cognent sur eux à qui mieux mieux.

Aujourd'hui, Mélenchon est menacé d'être traîné en justice, pour avoir simplement osé dire : "les policiers sont des barbares"(sic), des propos fades, millimétrés, si on les compare aux paroles de la chanson de Brassens, qui lui, n'hésitait pas à y aller au vitriol, étant très anti-flic dans sa jeunesse anarchiste, comme chacun sait.

Triomphe du primat du seul présentéisme oblige, on voit à cette occasion l'absence totale de culture historique, politique, et chansonnière de Castaner. Celui-ci a, non seulement oublié le célèbre slogan "CRS-SS"(1) que l'on voyait partout sur les murs, pendant les années 60 et 70 ; mais aussi les chansons de Brassens tapant joyeusement sur les flics et pandores de tout acabit.

Mais surtout, si Castagnette avait un peu de culture, il saurait que, ni le slogan "CRS-SS," ni la chanson, certes épicée, de Brassens contre les pandores, n'ont valu de procès à leur auteur. Inversement, il veut traîner JLM en procès, pour avoir simplement oser traiter les flics de "barbares", un épithète certes peu élogieux, mais ô combien microscopique, pour toute militant(e) anti flic, qui se respecte : et qui en a vu d'autres, autrement plus salées que le simple reproche de "barbarie" !

On le voit : deux poids, deux mesures, dans une société vivant uniquement à l'instant T, incapable de relativiser, évaluer ses gestes au regard de situations semblables dans le passé récent, c'est à dire les années 60.

2°)-Paroles de la chanson Hécatombe par Georges Brassens

Au marché de Briv'-la-Gaillarde,
A propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture,
Les gendarmes, mal inspirés,
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffouré'.

Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C'est un usag' bien établi,
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout l'monde se réconcili'.
Ces furi's, perdant tout' mesure,
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent, je vous l'assure,

Un spectacle assez croquignole.

En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber,
Moi, j'bichais, car je les adore
Sous la forme de macchabé's.
De la mansarde où je réside,
J'excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides,
En criant: "Hip, hip, hip, hourra!"

Frénétiqu' l'une d'ell's attache
Le vieux maréchal des logis,
Et lui fait crier: "Mort aux vaches!
Mort aux lois! Vive l'anarchi'!"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ces lourdauds
Entre ses gigantesques fesses

Qu'elle serre comme un étau.

La plus grasse de ces femelles,
Ouvrant son corsag' dilaté,
Matraque à grands coups de mamelles
Ceux qui passent à sa porté'.
Ils tombent, tombent, tombent, tombent,
Et, s'lon les avis compétents,
Il paraît que cett' hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps.

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons,
Ces furi's, comme outrage ultime,
En retournant à leurs oignons,
Ces furi's, à peine si j'ose
Le dire, tellement c'est bas,
Leur auraient mêm' coupé les choses:

Par bonheur ils n'en avaient pas!
Leur auraient mêm' coupé les choses:
Par bonheur ils n'en avaient pas!"

1°)- Jean-Louis Coudyser : "le slogan CRS-SS a été inventé contre le socialiste Moch quand il a ordonné la répression des mineurs en 1947 avec pour conséquence l'éviction des communistes du gouvernement demandée par la SFIO".

 

 

 

 

 

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