Scrutin européen : l'abstention comme seule position intelligente !

SCRUTIN EUROPEEN DU 26 MAI : L'ABSTENTION EST LA SEULE POSITION INTELLIGENTE !

Intuitivement, on le sait : comme écrit avec lucidité notre ami Marc Lebas, l'abstention est la seule position intelligente, digne, tenable, le jour du scrutin européen du 26 mai prochain. En ne participant pas à ce scrutin, il s'agit de marquer une "rupture culturelle"avec ces institutions européennes dictatoriales, anti-sociales. Madame Annie Lacroiz-Riz parle fort justement de "corset européen"(sic) pour décrire ce fonctionnement glauque, antidémocratique que nous subissons depuis des années.

1)-Marquer une rupture culturelle avec un corset européen, paupérisant sévèrement les Peuples de l'Union :

Un corset étouffant, paupérisant sévèrement les Peuples de l'union : 32 millions de chômeurs, 120 millions de pauvres : Mais de cette pauvreté de masse, il n'est jamais question dans les débats entre candidats. A peine aborde-t-on le problème des travailleurs détachés, représentant à peine 5% du chômage et de la pauvreté globale sévissant dans l'Union Européenne. Curieusement, les chômeurs "ordinaires", ceux dont la boîte ferme, car à la traîne de "la concurrence libre et non faussee" sévissant dans l'espace européen des 28, on n'en parle jamais dans cette campagne, on trouve même ça "normal". Quand les salariés de GM e& S, de la Souterraine près de Limoges, sont tous licenciés, Et qu'ils cherchent quelques secours, Macron leur répond sèchement : "je ne suis pas le Père Noël", sous-entendu : pour de pauvres types comme vous, je ne vais pas casser la baraque, faire l'impossible, alors que ce vous vivez constitue le droit commun de l'Europe du capital, imposé depuis Bruxelles.

L'impossible, je le réserve à mes grands potes du CAC 40, les Arnault, Pinaut, Bolllore, Dassault fils, Lagardère, Rothschild, Niel, Drahi, couvert d'argent grâce au CICE, les niches fiscales (100 milliards d'euros), les exonérations d'embauche de salariés au SMIC. Pour eux, je mouille ma chemise, c'est normal : c'est grâce à eux si, un jour de 2017, je suis devenu Président "par effraction," comme je le dis souvent.

Oui, il faut sortir de la zone euro en plan A. Comme explique Jacques Sapir dans son blog de 2015, le niveau du chômage baisserait alors de 30%, si on quittait l'Europe supra-nationale.

2)-Marquer une rupture culturelle avec le corset européen, imposant aux Peuples de l'Union la dictature supra-nationale du pouvoir non élu de Bruxelles :

C'est Jean Monnet, petit banquier, petit espion à la solde des États Unis, qui a imposé l'idée d'un marché commun européen dirigé à Bruxelles. Monnet méprisait profondément les Peuples français, allemand, anglais, espagnols, italiens, etc. Il avait surtout très peur de leurs révoltes populaires contre la Bourgeoisie, dont il était le meilleur agent.

Dans les années 50, le traumatisme du Front Populaire résonnait encore dans les oreilles : quand, en juin 1936, les patrons, notamment Duchemin, Président de la CGPF, étaient sortis en larmes de Matignon, "ayant cédé sur tous", pour reprendre la célèbre phrase du syndicaliste Jouhaux : autrement dit accordant des augmentations de salaires de +7 à 15%, la délégation syndicale étant, il est vrai, aidée activement de Blum, qui les soutint tout au long de la réunion (cf Jacques Kergoat : "La France du front populaire", édition La Decouverte, 1986).

Il fallait donc trouver un lieu de gouvernement le plus éloigné possible du lieu de vie de chaque européen, empêchant toute révolte populaire d'être menée à bien. Voilà pourquoi il a choisi Bruxelles, sans tradition de luttes internationales, aussi éloignée que possible des capitales européennes : Paris, Londres, Berlin, où les manifestants avaient l'habitude de converger, lorsqu'ils protestaient contre tel ou tel projet liberticide.

DES LE DEPART, L'EUROPE A DONC ÉTÉ CONSTRUITE CONTRE LES PEUPLES. En ce sens, je ne suis pas d'accord avec l'analyse de Jacques Genereux, expliquant qu'il existerait deux Europe :

1)-Une (bonne) Europe social-démocrate, visant à tirer les Peuples par le haut, via la PAC, les crédits du FSE, etc.

2- Et une (méchante) Europe libérale, uniquement formatée pour que les entreprises se remplissent les poches avec avidité, fassent du profit encore et encore (cf "Manuel critique du parfait européen. Les bonnes raisons de dire "non" à la Constitution", édition du Seuil, 2005). Un livre dont la préface résume bien toute le projet de ce livre : "à tous les citoyens qui espèrent de l'espace européen mieux qu'un champ de bataille ouvert à la guerre économique".

Tant qu'on a eu l'Europe des nations, l'Europe des 6, et que le vrai pouvoir se trouvait à Berlin, Paris, Londres, etc., les choses étaient encore gérables et possibles. Mais, de façon sournoise, sans jamais recueillir le vote des Peuples de l'Union, Bruxelles, constitué d'eurocrates non élu, s'est constitué en "POUVOIR AUTONOME SUPRANATIONAL", imposant sa "dictature" aux femmes et hommes de l'union. Dans une préface à un livre eurosceptique, Jacques Sapir explique cette forfaiture silencieuse, cent mille fois pire que le refus de tenir compte du succès du "Non" au référendum de 2005. Mais de ce véritable guet-apens, dont ont été victimes les Peuples européens, il n'est jamais question au cours de cette campagne européenne. Même l'UPR, partisante du Frexit, fait silence, occultant l'une des pires saloperies de l'Histoire que nous ayons été contraints de vivre au cours de ces dernières décennies.

Alors, in fine, à quoi sert ce scrutin européen, sinon à nous donner des maîtres, ne faisant aucune promesse sociale à ses électeurs ? Comme écrit Octave Mirbeau, dans son célèbre pamphlet "La grève des électeurs", édition Allia : "à quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion, peut bien obéir ce bipède, pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte electorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu'il ait écrit dessus ? Qu'est-ce qu'il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu'est-ce qu'il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l'assomment, il faut qu'il se dise et qu'il espère quelque chose d'extraordinaire en retour que nous ne soupconnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité"(sic).

Regardons le vote pour la liste LFI : cela revient à faire d'Aubry, Bompard, Chaibi, Gaymard. Maurel, petits microbes sans envergure, des "maîtres avides" d'argent, qui vont se goberger à l'oeil pendant 5 ans, aux frais du contribuable, percevant 300 euros par vote, même s'ils sont absents et que c'est un copain qui actionne le vote électronique. Et qui loin de nous promettre une vie nouvelle, nous disent, comme unique promesse, par la voix d'Aubry, "que l'on ne quittera pas l'union Européenne"(sic), c'est à dire cette vie de larmes et de bagne, dominée par la règle selon laquelle le déficit public ne doit pas dépasser 3%, devenue "règle d'or"(sic).

"Enfant de la nuit, je veille. Mes yeux grand ouverts ont contemplé le sommeil. J'ai vu briller la plus sombre des vagues sur des villes endeuillées, des campagnes alarmées. J'ai vu naviguer les épaves du crépuscule, un fleuve à queue de cheval galoper librement dans le désert métallique des rues blanches. J'ai vu l'azur aux yeux de pierre dures semer la terreur dans la foule attardée sur les boulevards" (sic) (lStanislas Rodanski : "Je suis parfois cet homme", édition Gallimard, 2013)

 

 

 

 

 

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