LA MISE A MORT DE NOS LIBERTES !

Présentation et commentaires de l'ouvrage de François Sureau : "Sans la liberté", collection Tracts, édition Gallimard, 2019, 56 pages.

1°)-Présentation du livre de François Sureau : "Sans la liberté" :

François Sureau, juriste, haut fonctionnaire, vient de rédiger un court essai intitulé : "Sans la liberté", collection Tracts, édition Gallimard, 2019, 56 pages. Que nous dit-il ? "La liberté se raréfie en France. Nous assistons à un rapide et dangereux délitement des libertés publiques. On se demande si l'amour de la liberté n'est pas un simple vernis, un propos de fin de banquet. La France est devenue un pays, où les libertés ne sont plus un droit mais une concession du Pouvoir, une faculté pouvant être réduite, restreinte, contrôlée, autant dans sa nature que dans son étendue"(sic), (cf bonnes phrases de ce livre, trouvées dans un excellent article du journal "La Croix" du 26 septembre 2019).

Et d'ajouter : "Depuis l'état d'urgence, nous vivons une restriction de nos libertés, présence dans la rue de forces de l'ordre dotées d'armes de guerre, loi anti-casseur conduisant à considérer le citoyen libre comme un délinquant en puissance, loi anti-fake sanctionnant les contenus à priori"(sic), (cf La Croix, op cit).

2°)- Socio-genèse de cette privation avancée de nos libertés :

Naturellement, on ne peut qu'adhérer 5 sur 5 à ce triste constat. Nos libertés publiques se raréfient comme peau de chagrin, nos droits constitutionnellement reconnus ne sont plus que des "concessions" de l'autorité publique, simple variable d'adaptation, quand le primat est l'Ordre et la Sécurité.

En revanche, on regrette le ton trop généraliste de ce livre, ne permettant pas de voir la socio-genèse de ce processus, qui a conduit à la raréfaction avancée de nos libertés publiques. De même, ce livre manque d'exemples concrets de violence quotidienne dans la France 2019.

Heureusement Régis de Castelnau, ex-bâtonnier du Barreau de Paris restitue l'histoire du phénomène, conduisant au triste constat actuel dans un article de janvier 2019 intitulé : "Macron et l'exécution de sa feuille de route : au prix de nos libertés", billet de son blog : "Vu du droit".

D'abord, "il y a eu les élections truquées de 2017, qui ont porté Macron au Pouvoir" (sic). Ensuite pour rester au Pouvoir et accomplir le mandat donné par l'oligarchie financière, Macron dispose de deux outils :

- l'idéologie liberticide consistant à dire que la fin justifie les moyens : que s'il faut basculer dans une société autoritaire, voire dictatoriale, il n' y a aucun problème"(sic).

- Le deuxieme outil est l'empressement de la Justice à mettre en oeuvre une politique exigée par Macron aussi illégale qu'antirépublicaine" (sic).

Mais le pire, c'est le silence des supposés "contre pouvoirs" : la gauche molle dont la FI, signataires de pétition, universitaires officiellement "humanistes", soit disants "intellectuels" de "gôche", spécialistes passant dans les médias pour ne dire que des sottises, sociologues branchouilles, experts de crises en tout genre, docteurs en sciences politiques entendus sur BFMTV, relayer les éléments de langage du service de com' de l'Elysée, prophètes de la guerre de civilisation curieusement muets, éditorialistes au raisonnement hors sol, n'ayant jamais quitté Paris intra muros, etc.

Mais ce n'est pas tout. Garrido, tête de liste aux Municipales de 2020 à Bagnolet, préfére jouer les stars. Chikirou forme avec le très giscardien Duhamel un bien timide et peu crédible "duo de combat" anti Macron. Corbière veut "critiquer Macron mais pas trop"(sic). Obono nous dit sans rire, qu'elle n'arrive pas à se loger à Paris avec ses indemnités de députée (+7000 euros par mois) + prime de 1200 euros d'allocation logement allouée tous les mois à chaque parlementaire.

La meilleure analyse de la situation vient de mon ami marxiste Ernesto Monteagudo : "l'Etat est le produit de la manifestation de ce que les contradictions de classes sont INCONCILIABLES. L'Etat est l'organisme armé de répression des classes populaires. A mesure que la crise du capitalisme s'accentue, à mesure que ces contradictions inconciliables de classes s'approfondissent, les répressions, qu'elles soient judiciaires policières, administratives, bureaucratiques, augmentent de façon exponentielle"(sic).

En clair, nous sommes en dictature, celle de l'approfondissement de la domination de la Classe dominante sur les Classes populaires, les sans nom les sans grade que nous sommes, à travers le seul usage de la violence d'Etat. Et personne ne moufte...!

3°)- Scènes de la violence quotidienne dans la France 2019 :

*Ainsi les CRS n'ont-ils pas dit à l'équipe médicale présente lors de la dernière manif des gilets jaunes : "si on vous revoit la semaine prochaine, on vous matraque un maximum et la semaine d'après, on vous bute (sic) !"

*Samedi 12 octobre, on comptait à peine 200 gilets jaunes à Paris (chiffre "Le Parisien"). Pour la bonne raison que le sinistre Lallement a empêché les GJ de se rassembler dans la Capitale.

Et personne dans l'opposition, notamment parmi les dirigeants insoumis, pour dénoncer le non droit de manifester sévissant dans la France 2019.

Personne pour critiquer frontalement l'état de non droit dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Personne dans la gauche critique pour riposter, ne serait-ce que verbalement, à la dictature macronienne que nous subissons depuis juin 2017.

Résistance ! 

 

 

 

 

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