EXPLOSION DE LA PAUVRETE DANS LA FRANCE DE MACRON !

1°)- Brigitte Pascall : Même l'INSEE, sous tutelle de Bercy pour les primes et ndéroulement des carrières le constate, la pauvreté a fortement augmenté en 2018 : le chiffre est le pire jamais observé depuis 1970 !

Cette explosion de la pauvreté doit être rapprochée notamment de la casse de notre code du travail intervenue en décembre 2017. La France possédait jusque là le droit du licenciement le plus protecteur de l'Union Européenne. Du jour au lendemain, les employeurs ont eu la possibilité de virer des salariés en CDI sine die, sans aucun contrôle administratif. Toute protection juridique attachée jusque là au "noyau dur" du salariat, -les salariés en CDI par opposition aux salariés précaires-, a été pulvérisée par la mise à mort grossière, ignoble de notre code du travail.

En effet, notre code du travail est vieux de 150 ans de luttes sociales : Bruno Broutchoux, responsable du syndicat d'action directe des mineurs du Nord, à la fin du XIXème siècle, s'est battu énergiquement pour que les mineurs bénéficient d'un salaire de 5 francs par jour, et d'une retraite bien méritée : toutes ces solutions "locales", au départ réservées aux mineurs, ont ensuite été "généralisées" à toute la population salariée, dans un premier code du travail publié en 1919.

Hélas, Macron a utilisé du gros calibre, qui ne lui laissait aucune chance de survie.

Mais ce n'est pas tout. La pauvreté va continuer à croitre en 2019 et 2020. En effet, avec la réforme de l'assurance chômage en cours, de nombreux demandeurs d'emploi vont perdre le bénéfice de leurs indemnités chômage. Interrogée sur France Inter en septembre 2019, la Présidente du Secours Catholique disait redouter un basculement de ces chômeurs dans le RSA (450 euros par mois), voire dans rien du tout...

Naturellement, personne parmi les dirigeants de la FI n'ont protesté devant ce génocide salarial annoncé, hélas réalisé au delà des prévisions les plus pessimistes ! Et qui va faire tâche d'huile sur les non salariés : chômeurs, retraités, jeunes, etc...

Voilà pourquoi je reposte un article rédigé au mois de décembre 2017, où j'annonçais une "tragédie sociale"(sic), maintenant que la suppression du code du travail était officialisée par le Journal Officiel. Il n'a rien perdu de son actualité.

2°)-- Article de décembre 2017 :

IL Y A UNE FEROCITE DE LA BOURGEOISIE A ECRASER LE PEUPLE FRANCAIS !

1)-Alain Badiou : "Il y a une férocité de la Bourgeoisie quand elle se sent libre. Ils veulent nettoyer tout ça vraiment. Et ils prennent exemple sur l'Allemagne. En France les réactionnaires ont toujours suivis l'exemple de l'Allemagne. Or là-bas je le redis, 30% de la population est en état de grande pauvreté. Il faut le savoir. Il y a une pauvreté allemande massive, de type américain. Est-ce que les gens, ici, les gens ordinaires se rendent-ils compte que c'est à ça qu'on veut les amener ? Que c'est vers ça qu'on veut les tirer ? Il semblerait qu'ils ne le comprennent pas du tout. Alors que c'est ça que veulent les amis de Macron : il faut un volet de pauvres beaucoup plus important que celui qui existe actuellement.

C'est que la Bourgeoisie française est absolument persuadée que son infériorité sur le marché mondial est liée à un coût exagéré de la main d'oeuvre. Et à une protection exagérée du contrat de travail. La mafia des milliardaires voit partout des privilèges nuisibles ! Le saccage en cours va donner lieu à un accroissement important des profits des plus grands groupes et à la création non moins importante d'une masse de gens sévèrement paupérisés. Sans compter un développement du secteur privé considérable. L'idéal fini du capitalisme est que l'air que nous respirons soit privatisé et donne lieu à des trafics financiers planétaires. Il ne faut jamais l'oublier. Pour le moment, on peut constater une privatisation du système hospitalier bien avancé" (sic).

2)-Brigitte Pascall : Alain Badiou pose le problème de façon lumineuse : il y a une férocité de la Bourgeoisie à écraser socialement le Peuple français. Ce qu'elle fait méthodiquement depuis la fin des années 70, où, grâce à la mondialisation des échanges et la casse du statut du salarié fordiste, elle a laissé filer sciemment, en toute connaissance de cause la courbe du chômage : 1 million de chômeurs sous Giscard, 6 millions aujourd'hui. Si l'Allemagne est un pays de grande pauvreté avec 30% de la population concernée, la France n'est pas mal non plus : le chiffre de 9 millions de pauvres de l'INSEE est un faux. Selon mes calculs, j'arrive à 15 millions. Et les bénévoles des organisations caritatives nous disent de multiplier le chiffre de l'INSEE par trois. Le Secours populaire évalue à 30% avec les enfants et les conjoints le nombre de pauvres dans la société française.

Et le pire, C'EST QUE LES GENS ORDINAIRES NE SE RENDENT PAS COMPTE de la pauvreté croissante de la France. La faute à qui ? A des hommes politiques qui refusent de parler de la question sociale à la télévision. Comme hier je rappelai que 150 000 jeunes sans diplôme (chiffre Ministère de l'Education Nationale servant de base aux politiques de lutte contre le décrochage scolaire. Même Najat Belkacem utilisait ce chiffre !) débarquent chaque année sur le marché du travail,

François Longerinas m'a sortie ironiquement : "tu veux venir dans le 93 ? " Une façon de dénier, nier le vrai problème. Que certains jeunes du 93 ne soient pas des anges, c'est un fait. Mais le péril principal aujourd'hui, ce n'est pas une poignée de gamins désaffiliés sociologiquement. Ce sont les politiques publiques prises en haut qui font et vont faire basculer dans la pauvreté des millions de salariés. C'est Macron et sa bande qui sont responsables de la tragédie sociale qui se prépare, maintenant que les ordonnances démolissant le code du travail ont été publiées au Journal Officiel. Et par un déni incroyable de la réalité, au lieu de pointer les vrais coupables, et de dénoncer la paupérisation croissante de la société française, on nous montre des gamins, dont certains abusent de substances... !

Depuis 35 ans, la question sociale est mise au rancart : et personne ne se bat énergiquement pour qu'il en soit autrement. Le rôle de la FI est de reconstruire un mouvement politique, faisant de la question sociale sa priorité. Et de mener un combat frontal contre Macron et ses politiques de paupérisation des classes populaires et certaines classes moyennes. Tant dans la rue que sur le plan culturel, grâce à la création d'un média militant. Dans ce qui serait sa stratégie à long terme. Afin de créer un mouvement de masse et une vaste opinion favorable à nos idées anti libérales, anti oligarchie anti inégalités véritablement humanistes contenues dans notre programme "L'avenir en commun"...!

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.