"FACE A MERKEL, JE NE DEFENDRAIS PAS LE PEUPLE FRANCAIS" (Macron)

"FACE A MERKEL, JE NE DEFENDRAIS PAS LE PEUPLE FRANCAIS" (Macron)

Les miettes concédées par Macron aux Gilets Jaunes, son cynisme actuel même pas dissimulé, rappellent une de ses sorties entre les deux tours de la Présidentielle 2017 disant sur France 2 : "face à Merkel, je ne défendrais pas le Peuple français"(sic). A combien d'années en arrière faut-il remonter pour trouver pareille audace sociale ??? Charles X et sa Restauration réactionnaire virulente, à la fois politiquement en faveur de l'Ancien Régime et économiquement libérale ???

"Face à Merkel, je ne défendrais pas le Peuple français", cela signifie en pointillés : face aux intérêts de l'oligarchie anglo-allemande, dont je suis le laquais, je n'hésiterai pas à couler le Peuple français. Une première depuis Pétain. Pire, il ne s'est pas contenté de le dire, il l'a fait : casse du code du travail avec les ordonnances de décembre 20107. Résultat : le droit français du licenciement est devenu le droit du licenciement le moins protecteur d'Europe : on peut virer un salarié en CDI du jour au lendemain. Privatisation du statut des cheminots un acquis social remontant à 1945. Diminution du nombre de contrats aidés de 250 000 , faisant basculer une centaine de milliers de salariés en CAE ( 850 euros par mois) au RSA : 450 euros par mois. Mise en place de Parcourssup, ou l'impossibilité de faire les études de son choix. Diminution des APL, hausse de la CSG, notamment sur les retraités, pensions de retraites ne suivant pas le coût de la vie, hausse abusive des taxes sur l'essence, hausse du prix du gaz et de l'électricité....

"Face à Merkel, je ne défendrai pas le Peuple français". Conséquence : le Peuple souffre comme jamais. Il existe beaucoup de misères, de souffrances et de larmes dans ces vies rendues invisibles, ignorées de tous. Beaucoup ont un frigo vide à compter du 15 du mois. Sans argent pour se chauffer. Ou pour payer le ticket de bus jusqu'au centre-ville, comme c'est hélas fréquent dans les Outre-Mer. Le Peuple dérouille comme jamais. Du jamais vu depuis les années noires de la collaboration, n'en déplaisent aux petits-bourgeois insoumis pratiquant le déni de réalité face à la pauvreté de masse dans laquelle nous vivons.

"Face à Merkel, je ne défendrais pas le Peuple français" montre le peu de cas que le petit poudré fait des 15 millions de pauvres vivant en dessous du seuil de pauvreté, selon nos calculs. 80% des français ayant du mal à joindre les 2 bouts (info Médiateur de la République).

"Face à Merkel, je ne défendrais pas le Peuple Français" montre le cynisme d'une lutte des classes gagnée par le seul capital. Comme analyse Alain Badiou, elle se mesure à l'aune de trois ratios :
- Taux de profit : +6%
- Taux de croissance annuel : 1%
- Taux d'augmentation salariale : ZERO. En revanche, le nombre de chômeurs supplémentaires est de 300 000 chaque année, basculant dans la misère.

"Face à Merkel, je ne défendrai pas le Peuple français" sonne comme un aveu de franchise, expliquant les quelques miettes données aux GJ : baisse partielle de la CSG pour 30% des retraites, fausse augmentation du SMIC. Pire encore, beaucoup doute qu'elles soient appliquées en janvier 2019. Bercy jouant la montre jusqu'au mois de juin, espérant qu'à ce moment là les GJ seront rentrés chez eux, ce qui exonérera le ministère des finances de sortir 10 milliards pour les "gueux", qui se gèlent dans les rond-points de France.

"Face à Merkel, je ne défendrais pas le Peuple français" dit les vraies arrière-pensées du petit poudré. Et tant pis si nous sommes confrontés à une véritable guerre civile de basse intensité entre le Pouvoir et les Gilets Jaunes. Ce qui montre son statut de Président "compradore", au seul service de l'oligarchie allemande.

A partir de là, il ne doit pas s'étonner de la haine qu'il suscite en retour. Ni des évènements du Puy en Velay. Ni du dossier de L'Express de cette semaine consacré à ce sujet, même si le journal enrobe chaque ligne de mots sucrés dans le genre : "comment un homme aussi intelligent que Macron peut-il susciter tant d'aversion ?"(sic)

En refusant de prendre la défense du Peuple français, au nom du primat des intérêts du Capital (pillage du pays vendu à la découpe, pillage des enveloppes sociales du budget de l'Etat au profit des ultra riches, suppression de l'ISF), il ne doit pas s'étonner d'un tel effet boomerang. Cette colère sociale préexistait aux Gilets Jaunes, comme le montre le nombre de luttes visibles et invisibles au début 2018 comptabilisé par Jacques Chastaing au nom du Front Social . Et elle se prolongera au delà du mouvement social des GJ, ou malgré ses pauses bien méritées, si d'aventure ces derniers venaient à diminuer un peu leur ardeur à se battre....!

 

 

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