La grande bascule du mouvement des gilets jaunes n'a pas eu lieu !

YES : La "grande bascule"(sic) du mouvement des gilets jaunes n'a pas eu lieu. Pourtant, ce n'est pas faute de ne pas l'avoir annoncé, claironné par BFMTV, la télévision impartiale que l'on sait. Hier, à 12 heures 30, il suffisait d'entendre la jubilation de leur envoyée spéciale, avec ses promesses fallacieuses de vendeuse d'aspirateur, répéter au moins à trois reprises, (sur ordre de sa hiérarchie ? ), qu'il y avait à peine 500 militants à Paris. Las, même le verdict "officiel" parla le soir de 5000 manifestants dans la capitale, "en augmentation par rapport à samedi dernier"(sic). Quand le Figaro (si, si ! ) montra la photo d"une foule immense sur les Champs-Elysées (voir photo sur mon mur). Détruisant aussi sec le scénario de "retour à la normale" que le service de com' de l'Elysee voulait nous vendre à grand bruit de mégaphones usagés. Nous l'imposer de force, afin de désorienter nos consciences, nous faire prendre les campanules de l'échec et de la résignation, pour les fruits d'un futur révolutionnaire, qu'on croque comme une grosse pomme.

Le syndicat de police "Policiers en colère" vint à notre rescousse, annonçant 230 000 manifestants en tout : soit à peu près le même chiffre que samedi dernier, sachant qu'une autre manifestation est prévue ce matin sur les champs Elysees.

Et ce n'est pas tout. Hier, on fêtait les 3 mois de mobilisation des gilets jaunes. On aurait pu entendre des "spécialistes", essayer de remettre en perspective historique le mouvement, analyser sa nature, c'est à dire "le retour du conflit de classe"(sic), comme l'écrit Jérôme Sainte-Marie, politologue, dans un article du Figaro du 3 décembre 2018. Basta. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, sur les chaînes télés, l'émotion pure, la monstration de photos, a remplacé la réflexion, même minimale. Et ce faisant, toute analyse sur les questions de fond, notamment les problèmes de fin de mois de 80% des français (chiffre Médiateur de la Republique, 2015) renvoyés dans le néant des sujets secondaires. Avec ces classes populaires détestées, haïes, parées de tous les vices : "alcooliques", "illettrées", "riens", "boulet de l'Histoire", "ne pouvant que se tromper grossièrement" pour les éditorialiste parisiens viscéralement prolophobes.

Résultat : sur BFM, un coin de manif parisienne sous le soleil, du calme du début aux affrontements "inévitables"(sic) avec la Police en soirée. L"idée n'était pas mauvaise. Il y avait la matière à montrer "le mauvais fond' (avec tous les guillemets qui s'imposent) foncier des manifestants criant : "Macron, démission", leur côté obscur indécrottable, qui "justifierait" ensuite les tirs de LBD. Indignations garanties, assurées chez les bourgeois Parisiens, le socle électoral de Macron, les seuls électeurs à qui le petit poudré consent encore à adresser la parole. Critiques d'usage de ces "mallapris", de cette classe dangereuse à réprimer d'urgence. Au fait, pourquoi la signature de Sibeth Ndaye, chargée de communication de Macron, rédactrice de ce merveilleux scénario Hollywwodien, ne figure-t-elle pas à la fin de la dernière image. Pourquoi n'est-elle pas citée dans ses oeuvres ? Elle le mérite amplement...!

 

 

 

 

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