"FACE A LA GREVE, NOUS TIENDRONS "(sic) (Bruno Le Maire) !

"FACE A LA GREVE, NOUS TIENDRONS "(sic) (Bruno Le Maire) !

Au sommet, l'humeur est morose. "Face à la grève, nous tiendrons" a dit craintivement Bruno Le Maire. Une réponse frileuse face à ce que BFMTV n'hésite pas à présenter comme un "jeudi noir" (sic). Comme il paraît loin l'enthousiasme en technicolor d'hier, quand Macron, disposant soit disant d'une opinion largement favorable, avait déjà gagné la bataille contre les cheminots. Tué tous les indiens, avant même que le combat ne commence. Comme elle parait loin la morgue outrancière de ce pouvoir insolent, "ni de droite ni de gauche", mais le pire des deux, tous ces petits messieurs pressés de réussir, et qui ont tout à coup, comme une faiblesse, un retard dans l'allumage. Un brouillage dans la représentation jusque là irréprochable, si belle sur papier glacé.

"Face à la grève, nous tiendrons" dit Le Maire sur un ton frileux, maussade, montrant implicitement un gouvernement SUR LA DEFENSIVE. Uniquement rivé à éviter le débordement social qu'il sent monter et surgir de tous les côtés.

"Face à la grève, nous tiendrons" dit Le Maire chagrin, quand on sait que 7 syndicats sur 9 appellent à manifester jeudi. Et que c'est la première fois, depuis bien longtemps, que les 4 grands syndicats sont ensemble : UNSA, CFDT, FO et CGT. Les gens sont en colère. Tous. Et pas seulement telle ou telle corporation, comme feint de le croire C Barbier, notre intellectuel de choc bien aimé.

"Face à la grève, nous tiendrons" explique le Maire d'un ton sombre. A l'image du séminaire gouvernemental d'hier. C'est clair : le sujet du JT de 16 heures 30, montrant un journaliste dépêché sur place, afin de rendre compte de l'humeur morose des ministres, a été purement et simplement supprimé au JT de 17 heures : sans nul doute, sur ordre express du rédac chef. Ce qui en dit long sur la joyeuse ambiance, serpentins, langues de belle-mère régnant dans cette assemblée...!

"Face à la grève, nous tiendrons" affirme penaud Le Maire, quand sa chaîne bien aimée BFM, qu'on ne peut pas taxer de bolchevisme, annonce un "printemps social"(sic), "un puissant mouvement social" (si, si) (sic), véritable balafre dans l'azur de l'immobilisme de la société française. Transmuée depuis 40 ans en "Belle au bois dormant", selon Emmanuel Todd : depuis que la classe moyenne participe activement à la domination sociale de l'oligarchie. Et qui tout à coup se veut rebelle face à la régression sociale sans précédent que nous vivons.

Comme écrit Alain Badiou, "nous sommes dans le temps des émeutes, par lequel se signale et se constitue un réveil de l'histoire, contre la pure et simple répétition du pire" (sic) (cf "le réveil de l'Histoire", édition Lignes, 2011). Le pire, c'est à dire la régression sociale sans précédent que nous vivons depuis 40 ans, le pouvoir illimité d'une oligarchie financière mondialisee, à qui il en faut toujours plus.

Mickael Wamen ajoute : "ce qu'ils craignent le plus, C'EST LA JONCTION DE TOUTE LA COLERE, le 22 on y sera toutes et tous...! Cette jonction, qui paraissait hier encore improbable, commence à prendre réalité : le 15 mars, les étudiants et les retraites ont défile ensemble à Paris. A Montpellier, les étudiants rejoignent les agents des Ehpad et les retraites. Jeudi, elle sera sans doute encore plus importante...

En politique, ce qui compte, c'est de CREER DU NEUF. Et non pas de refaire, pour la millième fois, les petites soupes routinisées, les petites alliances d'état major mort-nées, avant même que l'encre ait eu le temps de sécher sur le papier. Ce qui compte, ce sont les alliances improbables, inattendues, qui se forment dans la Rue, entre les jeunes et les "vieux", les citadins et les ruraux, les salariés du public et ceux du privé grâce à la belle mobilisation sociale en cours. CREANT VERITABLEMENT DU NEUF EN POLITIQUE, irriguant le corps social d'une pensée neuve. Créant une vision stratégique, qui essaie de faire que le destin du Peuple français s'arrache au malheur libéral opaque, où en ce moment il s'enfonce, s'il ne se révolte pas. C'est ce qu'explique Alain Badiou dans son ouvrage : "Notre mal vient de plus loin, Penser les tueries du 13 novembre 2015", édition Lignes, 2016)...!"

LE PEUPLE SE REVEILLE, et il fera beaucoup plus que "tenir" face à un Pouvoir, qui, on dirait, commence à claquer des dents...!

PS : Bruno Le Maire a dit : "face à la grève, nous tiendrons"(sic). J'ai eu cette information sur BFMTV dimanche après midi 18 mars 2018, un communiqué de l'AFP en bas de l'écran. Cette info est donc sûre, qu'on se le dise !

 

 

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