BON ANNIVERSAIRE, CAMARADE MELENCHON !

Lorca : "Se taire et brûler de l'intérieur est la pire des punitions qu'on puisse s'infliger. Dans ce monde, moi je suis et serai toujours du côté des pauvres. Je serai toujours du côté de ceux qui n’ont rien et à qui on refuse jusqu’à la tranquillité de ce rien". (sic).

Bon anniversaire camarade Mélenchon  : je vous souhaite un avenir radieux à l'image de la société qui sortira de notre programme "L'avenir en commun". Avec un peu de retard (votre anniversaire, c'était hier) du à mes 9 nuits sans sommeil. Je suis tout juste convalescence et n'ai pas encore totalement les yeux en face des trous.

C'est vrai que les autres années, c'était un plaisir immense de souhaiter un bon anniversaire au magnifique candidat de la Présidentielle 2017 : celui qui remplissant les salles, mobilisait des foules fleuves : 130 000 personnes à Paris le jour de la Marche du 18 mars 2017, 50 000 à Toulouse et à Marseille. 2 000 à la Filature-de-l'Isle près de Périgueux avec de nombreux participants venus de Thiviers, voire du Lot en co-voiturage : "pour rien au monde, on n'aurait voulu manquer cela" me confiait un facebookien du Lot. Du jamais vu de mémoire de périgourdin/lotois/ lot-et-garonnais, et je pèse mes mots. J'y repensais justement hier soir devant ma titane "nuit calme". On aurait du être au second tour, s'il n y avait pas eu de si curieux résultats le soir du premier tour, le 23 avril 2017. Et si Corbière n'avait pas appelé à voter Macron dès 20 heures 10, comme le montre le film de Gilles Perret.

Une belle candidature s'appuyant sur notre beau programme "L'avenir en commun" rédigé par Jacques Généreux. Cette candidature 2017 était le point d'orgue de 10 ans d'espoir, collages d'affiches, défense quotidienne de JLM sur Facebook, où notre audience avait réussi à supplanter celle du FN, présent sur le net avant même la création de Facebook en 2004.

Corbiere nous a volés notre travail et notre enthousiasme. Du jour au lendemain, sans consultation de la base de la FI, il a jeté par dessus bord notre programme AEC, viré Genereux de l'organigramme de la FI, imposé une stratégie PS bis suicidaire. Grace à lui, véritable chef de la FI de mèche avec Macron, la FI a dégringolé de 20 à 6,3%. A ce jour, elle fonce dans le mur à 200 à l'heure. Quatennens, Coquerel, Chaibi, font des passages médias. Ils sont tellement nuls que J. Généreux est obligé de leur servir de nègre, pour cacher leur vacuité intellectuelle aussi grande que leur arrivisme échevelé. Là comme ailleurs, des médiocres sans talent ont pris le pouvoir, brisé en mille morceaux notre enthousiasme enfantin. De la FI, ne reste plus qu'une image ternouille, vide, convenue, qui ne déplace pas un chemin de fer, comme aurait dit Jean Gabin.

N'en déplaisent à certaines critiques simplistes, la FI ne se résume pas à une opposition entre les "vieux" et les "jeunes". Mais à une confiscation de la direction du PG, dès 2009, justement par les "djeuns" : Corbière, Coquerel, Amard, votre gendre. Idem pour la FI, confisquée dès la Convention de Lille en 2016 par Corbière and co. Sur ce point douloureux, on conseille de se rapprocher de Michel Tissier, ex-responsable du PG, présent à la Convention de Lille, qui nous a expliqués "le virage réaliste" imposé par Corbière à ce moment là.

Malheureusement, vous êtes devenu un homme de paille, "qui est parlé"(sic), comme disait Pierre Bourdieu : une sorte de ventriloque obligé de "dire" le discours PS bis.

Camarade Mélenchon, il importe pour vous, pour l'Histoire qui retiendra votre nom, qui cherchera inlassablement  à vous classer dans un sens ou dans un autre : dans le camp des traitres, celui des Schroeder, Blair, Hollande. Ou dans celui des héros comme Chavez et Robespierre. Il importe pour vous, pour les historiens qui dénonceront sévèrement ces années de décadence morale et politique de la FI, de choisir une bonne fois pour toutes entre deux chemins :

1)- Le destin de la FI va-t-il ressembler à celui du pauvre PSU que j'ai si bien connu : victime d'une triple trahison de sa direction ?

1.1°)- Celle de Mendès-France en mai 68 refusant de diriger un gouvernement de transition au motif qu'il n'aimait pas les 17 millions de grévistes jugés "trop remuants" ?

1.2°)- Celle de Rocard en 1974, jeune homme pressé de réussir, d'aller au PS : n'hésitant pas pour cela à brader un PSU intellectuel collectif, trésor d'idées et de pratiques autogestionnaires vieux de 15 ans ?

1.3°)- Enfin, la trahison de Bouchardeau, acceptant tristement de devenir ministre dans un gouvernement de rigueur ?

2)-Ou bien, Camarade Mélenchon, vous vous ressaisissez, virez Corbière et la droite de la FI, renouvelez totalement une équipe dirigeante devenue alors strictement "autonome" du groupe parlementaire LFI, confisquant seul à ce jour et abusivement le pouvoir au sein de la FI ?

Défendant frontalement la cause des gilets Jaunes c'est à dire la question sociale. Comme écrivait Frédérico Garcia Lorca : "Se taire et brûler de l'intérieur est la pire des punitions qu'on puisse s'infliger. Dans ce monde, moi je suis et serai toujours du côté des pauvres. Je serai toujours du côté de ceux qui n’ont rien et à qui on refuse jusqu’à la tranquillité de ce rien". (sic).

Ce très beau texte de Lorca, aujourd'hui, on donnerait un bras ou une jambe pour que la gauche molle, notamment la FI 2019, tienne pareil discours dans une société française, qui, hélas, a mis au rancart la question sociale, alors que l'on compte 15 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, selon mes calculs.

Je sais : je suis plus grave que les autres années, car malgré mon optimisme inébranlable, le temps presse, le temps presse. La chute sera inéluctable si nous ne faisons rien. 10 ans d'espoir collectif, de lutte idéologique et pratique chaque jour partiront en fumée for ever. Ne soyons pas naïf :  Macron ne démissionnera jamais, sans une opposition politique frontale, massive, et déterminée : tout ce que n'est pas la FI à ce jour...

 

 

 

 

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