Lettre ouverte à Macron sur la pauvreté de masse

LETTRE A MACRON RELATIVE AU CHOMAGE ET A LA PAUVRETE DE MASSE, DONT SOUFFRENT LES FRANCAIS !
  • Image d’arrière-plan

 

Grace à vous, grâce au capitalisme mondialisé, dont vous êtes le servile exécutant, les classes populaires sont au fond du trou. Depuis 40 ans, les "riens", les sans nom les sans grade que nous sommes ont reçu la pire raclée de leur histoire. Pareils aux communards tués, puis jetés dans la fosse commune, sur ordre d'Adolphe Tiers. "Celle dont Monsieur Tiers a dit qu'on la fusille, Ma France !"(sic) (cf Jean Ferrat, "Ma France").

Le Peuple français est battu par le totalitarisme de la finance dominante. Vos amis du CAC 40 ont laissé filer sciemment, volontairement, en toute connaissance de cause, la hausse du nombre de chômeurs, estimant que la reconquête de leur taux de profit en chute libre au milieu des années 70), valait mieux que la vie de millions de femmes et d'hommes envoyé(e)s au terminus de la pauvreté : résultat : 1 million de chômeurs en 1980 ; 2 millions en 1988 ; 3 millions en 1997 ; 6 millions aujourd'hui selon la DARES.

C'est ce sadisme froid, assumé, inhumain, dont vous êtes responsables : Vous, Hollande et Sarkosy, pour ne citer que les Présidents les plus récents, alors que le libéralisme triomphant sévit sur la France depuis les années 80. Un sadisme froid, méthodique, effectué chaque jour grâce au triomphe du tableau EXCEL, voyant le salarié comme un "coût", qu'il faut diminuer de façon forcenée. Et tant pis si cette casse aveugle de l'emploi produit un phénomène récessionniste, que toute la société se reçoit en boomerang. Tant pis si cette casse aveugle de l'emploi se fait contre contre des personnes sans défense, dont on brise le dernier lien social les reliant encore à la société. La minorité macronienne, dont vous êtes à la tête, violente la société française comme jamais, démolissant les existences, supprimant d'un chiffre les "vraies" vies avec désinvolture.

Fin de partie, tout le monde descend. Dans l'exclusion la plus sombre, on y glisse, on y trébuche, on se raccroche à une branche frêle, on y tombe. Et, poignée de miraculés mise à part, on n'en sort jamais plus.

Vous vous glorifiez d'avoir créé en flux  de 500 000 emplois en 2 ans et demi : 360 000 en 2017 + 150 000 emplois en 2018, et le répétez à l'envi. Ce chiffre est le résultat de la croissance, certes exceptionnelle du nombre d'emplois en 2017 (360 000, selon l'INSEE). Mais suivie aussitôt du repli important du nombre d'emplois constaté en 2018 : 150 000 emplois toujours selon l'INSEE. Ce reflux est à mettre directement en relation avec la casse du code du travail autorisée par l'Ordonnance de décembre 2017. Résultat : le droit du licenciement français est devenu le droit du licenciement le moins protecteur d'Europe : un employeur peut licencier un salarié en CDI du jour au lendemain, sur le modèle hélas du droit du travail américain.

Ce reflux du nombre de création d'emplois est aussi à mettre en relation avec la baisse drastique du nombre de contrats aidés en 2018.

De plus, 81% des emplois en stock (créations d'emplois + masse déjà existante) sont du CDD et du temps partiel, contre seulement 19% de CDI (chiffres ACOSS).

Quoiqu'il en soit, vous êtes de marbre, lorsqu'on pointe les destructions d'emplois, de femmes et d'hommes, dont vous êtes responsable avec vos prédécesseurs :

1)-Mise à la rue et déchéance de 400 000 sans abris.
2)-1,722 bénéficiaires du RSA vivant avec 490 euros par mois.
3)-6 millions de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle Emploi. 9 millions selon mes calculs, si on inclut les demandeurs d' emploi radiés, ceux qui cherchent un emploi par eux même, le "nettoyage" des statistiques tous les 3 mois, etc.
4)-Pauvreté pour 9,3 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (chiffres INSEE minorant grossièrement la situation), 15 millions, selon nos propres calculs.
5)-80% de salariés ayant du mal à joindre les 2 bouts (cf Rapport du Médiateur de la République de 2015).

A partir de là, se plaindre de la mobilisation sociale du 05 décembre, vent debout contre la réforme des retraites voulue avec un mépris d'acier par l'élite au pouvoir, comme le font vos derniers partisans, témoigne de votre cécité profonde, face au "ras de marée de pauvreté"(sic) que votre politique libérale a engendré, pour reprendre le juste mot du regretté Julien Lauprêtre, Président du Secours Populaire !

Frédéric Lordon écrit avec beaucoup de lucidité : "il faut quand même une innocence qui frise la maladie mentale, pour imaginer que les gens vont se laisser détruire sans contracter l'envie de détruire ce qui les détruit"(sic) (Billet du 21 janvier 2020, Blog :"La pompe à phynances"). Que le Peuple français ne reste pas les deux pieds dans le même sabot, alors qu'il subit plein pot le blietzkrieg de votre politique ultra libérale : on ne peut que s'en réjouir, et leur souhaiter de réussir dans leur entreprise de résistance face à la pauvreté de masse et l'ignominie que vous nous imposez à nous tous...!

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.