FI : Cette campagne "anti Macron" n'est pas crédible !

FI : CETTE CAMPAGNE "ANTI-MACRON" N'EST PAS CREDIBLE, TEL UN MAUVAIS THEATRE !

Bref, nous aurons fait une campagne médiocre. Pareille à un mauvais théâtre. A cent mille années lumière de la très belle campagne 2009 du PG/FDG, qui nous avait permis, in fine, d'accéder à 6,5%, 6 mois après notre naissance.

Je m'en souviens comme si c'était hier. Naturellement, les communistes ne s'intéressaient qu'aux "places", ayant raflé les plus belles : ainsi, Le Hyaric était candidat FDG de l'Ile de France, la circonscription la plus convoitée. JLM bataillait dans la région sud-ouest (assez bonne). Et Généreux en Bretagne, circonscription que personne ne voulait, ingagnable, sans militant PCF et PG pour "boiter " dans les HLM.

En ce premier semestre 2009, le PG faisait 4000 adhérents, mais nous étions tous joyeux, fous de joie d'être dans un parti autonome au PS (aussi aujourd'hui, les "rapprochements avec Maurel et Aubry ont un goût saumâtre dans notre bouche). Hypermotivés, sur le pont tous, faisant à nous seuls un travail militant extraordinaire, digne d'un parti de 100 000 adhérents. On ne voyait que nos affiches ! Le XIIIème arrondissement de Paris ou j'habite, était couvert d'affiches du PG et du FDG. En couverture des murs de Paris, nous étions les meilleurs et de loin. Idem pour les tracts, les autocollants distribués dans les marchés, au forum des Halles, voire même l'Avenue J-F Kennedy et l'avenue Mozart dans le très chic XVIème arrondissement.

Soit une débauche militante que rien ne semblait pouvoir arrêter : sans comparaison avec les rares affiches sans enthousiasme d'Aubry, que je vois dans le bus, en allant à mon travail, et qui sentent la corvée militante obligée, l'envie de taper du poing sur la table et de gagner en moins.

Et puis, il y avait la campagne contre Sarkosy et notre autocollant "cass'toi pov'con". La célèbre phrase de Sarko à un visiteur du Ministère de l'Agriculture avait été transformé par le PG en slogan contre lui, sous forme d'autocollants, ballons, affiches, etc. Ce fut un succès considérable : tous les passants dans les bistrots, le métro, dans la rue arboraient fièrement, le petit sourire aux lèvres moqueur, notre autocollant "cass"toi pov con". Et, au delà de ce seul autocollant, je me souviens de notre colère réelle contre le Président bling bling, Président des riches déjà, et qui disait de Parisot : "Parisot, c'est une conne, le vrai MEDEF c'est moi ! " Sans risque de me tromper, c'est d'avoir relayé cette colère anti-Sarko, qui nous a permis d'atteindre 6,5%, déjouant tous les pronostics nous condamnant au mieux à 2%.

Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Fini les slogans moqueurs, il s'agit juste de "donner une claque à Macron" pour l'équipe de Ruffin, "mettre Macron au tapis" dit platement JLM dans son interview récente dans Libération. Certes, "officiellement", il s'agit bien pour la FI de faire de cette campagne un "référendum anti Macron", mais dans une bataille d'un nouveau genre, qui n'a plus rien à voir avec notre bataille anti-Sarko : mobilisant le penser plat, les bonnes vieilles médiocrités verbales ( "La FI est pour une urgence sociale et écologiste" disait hier l'intellectuelle Aubry), langue de bois déjà entendue un bon milliard de fois depuis les années 80. Le ras-des-paquerettes comme seul principe de pensée en lieu et place de notre programme "L'Avenir en commun" et ses propositions de lutte contre la pauvreté tristement mises au rancart.

Les révolutionnaires des urnes du PG de 2009 se sont transmués en nouveaux réactionnaires de la FI, promoteurs des idées courtes et du conformisme au système libéral, comme unique, suprême valeur de l'homme libre 2019. Nos idées "Gouverner face à la finance" et "Pour une meilleure répartition des richesses" ont été piétinées, saccagées. A la place, on leur a préféré la stratégie "Macron compatible" de Corbière, et son célèbre : "critiquer Macron mais pas trop" (sic)...!

La bassesse politique a remplacé notre bataille intellectuelle anti système menée entre 2009 et 2017. La direction de la FI a préféré les coups de pied de l'âne à toute noblesse d'esprit, toute pensée généreuse : virant à coup de pied notre programme AEC et son rédacteur, Jacques Généreux, même plus cité par les journalistes, parmi les cadres nombreux qui ont quitté la FI plus ou moins volontairement : Girard, Djordje, Liem N'goc, François Cocq, Kodarac.

On fait le compte : à 8 jours du scrutin, Aubry aura réussi à ne jamais critiquer sérieusement le petit poudré. Selon le dernier sondage ELABE, la FI est à 8% par manque de critique sociale d'un système Macron n'hésitant pas à licencier par charrettes entières, faire basculer des millions de français dans la pauvreté, primat de l"augmentation du cours de la Bourse oblige ! Mais de cela, il n'est jamais question dans les propos d'Aubry, clone écolo de Jadot, clone PS de Glucksmann, dont les propos sont un copié/collé de ce que dit la doxa libérale petite-bourgeoise parisienne, écolo à vélo, depuis les années 80. Aubry ne crée pas de neuf et de l'anti-système. Elle refourgue la vieille langue de bois entendue déjà dans la bouche de Duflot sa copine et de Cosse, la grande intellectuelle que l'on sait.

Et puis, comment croire sincèrement à cette campagne anti-Macron, alors que les dirigeants de la FI n'ont eu de cesse de lui donner depuis deux ans du "Monsieur Macron"(sic) large comme une avenue ?! Ou du "Monsieur le Président" comme récemment Quatennens : du jamais vu dans un discours d'opposant depuis Giscard ! Comment croire sincèrement à un référendum anti Macron, après la rencontre "imprévue" à Marseille un soir entre JLM et Macron : où JLM a lâchement dit devant les caméras que "Macron n'était pas un adversaire" (sic) ?!

Cette soit disante campagne contre Macron, on n'y croit pas, comme devant le spectacle d'un mauvais théâtre, avec des acteurs débutants : tout le contraire de notre enthousiasme et de notre colère anti Sarko de 2009 !

ABSTENTION LE 25 MAI, C'EST LA SEULE POSITION INTELLIGENTE !

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.