Macron a eu la peau des contrats aidés : tristes conséquences sur le terrain !

MACRON A EU LA PEAU DES CONTRATS AIDES : LES TRISTES CONSEQUENCES SUR LE TERRAIN !
Par Brigitte pascall
Le lien social, N° 1227 du 17 au 30 avril 2018

1°)- Brigitte Pascall : Hier, dans son interview sur BFMTV, François Ruffin a expliqué, que parmi les doléances des Gilets Jaunes les plus entendues, il y avait la suppression des contrats aidés : faisant basculer dans le RSA (450 euros par mois) et la pauvreté les ex-titulaires de ces contrats à 850 euros par mois (CAE). Une occasion pour moi de ressortir un article rédigé le 29 mai dernier, sur la base d'un numéro spécial du "Lien social" n°1227 consacré aux trtistes conséquences sur le terrain de la suppression des contrats aidés. Article qui n'a hélas rien perdu de son actualité, puisque le projet de loi de finances 2019 prévoie une nouvelle baisse du nombre de contrats aidés.....!

2°)- Article du 29 mai 2018 :
Les contrats aidés ont été mis au rancart. Le Gouvernement a décidé de n'en budgéter que 200 000 en 2018 contre 459 000 en 2016. Les effets sur le terrain sont désastreux explique un rapport remis le 21 février et rédigé par deux sénateurs LR. Essayons d'y voir plus clair.

Pour rédiger cet article, nous nous fondons sur la lecture du dernier numéro du Lien Social consacré aux conséquences sur le terrain de la suppression de la moitié des contrats aidés. En 2018, il n'y a plus que 200 000 contrats aidés. Pour mémoire, du temps de Jospin (2000), on comptait 1,650 millions contrats aidés, dont 1 million d'emplois jeunes. Il ne reste donc plus que 15% du nombre de contrats aidés de "la grande époque". En 18 ans, les gouvernements libéraux ont eu la peau des contrats aidés, priorité imbécile à un déficit public ne devant pas excéder 3% : une règle inventée à la va-vite par un certain Guy Abeille, pour faire plaisir à Mitterand : mais qui n'a en réalité aucune rationalité économique.... !

Le rapport sénatorial explique : tous les secteurs sont touchés : animation, éducation, sport, tourisme social, médico social, aide à domicile, petite enfance, foyers de jeunes travailleurs. Les auteurs pointent la mise en péril de nombreuses structures, qui, pour certaines, ont dû fermer et licencier les autres salariés permanents. Les petites associations sont les plus durement touchées. 112 000 salariés en contrat aidé senior ne retrouveront pas d'emploi.

1)-RENVOYE AU RSA !

"Des familles que nous suivions en protection de l'enfance se sont retrouvées sans emploi" explique Mathieu Thibault, directeur de la Sauvegarde de La Loire. En clair, les salariés en CAE passent d'un revenu de 850 euros (contrat aidé) à 450 euros par mois (RSA). 200 000 personnes basculent dans la pauvreté et l'isolement, dans le silence médiatique le plus total.

Au delà de la perte financière, c'est tout un sentiment de remplir une fonction d'utilité sociale qui disparaît, l'ex salarié en contrat aidé étant renvoyé à l'assistanat des minimas sociaux. Et à l'éternelle rengaine de Wauquier et des autres d'être un "assisté".

"Pour des personnes très éloignées de l'emploi, les CAE permettaient une resocialisation, une remobilisation sur une activité, une première marche vers le monde du travail" explique Dimitri Callens de la ressourcerie La petite Rockette, qui employait 14 contrats aidés à Paris.

2)-FIN DU SOUTIEN AUX INITIATIVES LOCALES !

Mais ce n'est pas tout. "Les CUI-CAE n'avaient pas qu'un rôle d'insertion professionnelle, ils soutenaient des initiatives locales, permettant à des projets associatifs de se développer" continue d'expliquer Dimitri Callens.

Même constat du côté des régies de quartier qui emploient 6500 salariés en insertion dont 2000 salariés en CUI-CAE, dans quelques 300 quartiers prioritaires, sur des missions d'entretien des bâtiments, de gestion des déchets et des services collectifs. "Les régies sont souvent les plus gros employeurs dans ces quartiers pauvres" souligne Tarek Daher, directeur du comité national de liaison des régies de quartier. "Elles répondent à des besoins non couverts et favorisent le vivre ensemble dans ces quartiers" (sic). Résultat : LA QUASI DISPARITON DES CONTRATS AIDES SIGNIFIE LA FIN DU SEUL EMPLOYEUR LOCAL : quartier en difficulté, nord de la France désindustrialisé...Soit une mise à mort sociale des plus faibles d'entre nous, dans l'indifférence générale de la petite bourgeoisie médiatique boboïsée !

On n'a pas oublié la phrase de Macron : "la vieille Europe repue dans trop de confort matériel, qui a perdu le goût de l'aventure" (sic). Que le petit banquier aille dans ces quartiers en difficulté, encore plus déshérités, maintenant qu'ils n'ont plus de contrats aidés à offrir aux chômeurs et aux femmes isolées avec enfants à charge : il le verra le goût de "l'aventure", rien qu'à survivre seulement, de ceux qu'il accuse fallacieusement (et avec quel cynisme !) de nager dans l'opulence... !

CONCLUSION

1)-Voilà pourquoi notre programme "L'avenir en commun" propose la création d'emplois d'aide à la personne, afin de recréer du lien social entre les gens. Et redonner une vie décente aux chômeurs de longue durée, allocataires du RSA, personnes âgées de plus de 50 ans, travailleurs handicapés abandonnés sur le bord de la route par le libéralisme mortifère..!!

2)-Mais nous proposons d'aller plus loin encore. Le secteur de l'aide à la personne n'est qu'une petite fraction du secteur non marchand : associations, mairies, écoles, hôpitaux. Le problème des emplois liés à l'intervention au domicile de particuliers est qu'ils n'offrent aucun COLLECTIF DE TRAVAIL. Voilà pourquoi nous demandons la création de 2 millions d'emplois recréant du lien social, mais DANS TOUT LE SECTEUR NON MARCHAND : associations, mairies, etc., qui offrent un collectif de travail de nature à RESOCIALISER LE CHOMEUR DE LONGUE DUREE enkisté dans le chômage.

LA FIN DES CONTRATS AIDES EST UNE HONTE, VIVENT LES EMPLOIS RECREANT DU LIEN SOCIAL PREVUS PAR NOTRE PROGRAMME "L'AVENIR EN COMMMUN"....!

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