La CFDT cheminots rentre faussement dans le mouvement social du 5 décembre !

SPECIAL HYPOCRISE : LA CFDT CHEMINOTS RENTRE FAUSSEMENT DANS LE MOUVEMENT DU 5 DECEMBRE !

Spécial hypocrisie : la CFDT-Cheminots, par la voix de son secrétaire Bruno Aubert, fait semblant de rentrer dans le mouvement de grève reconductible du 5 décembre.

1)-Aussitôt, tous les medias, C. Barbier le premier, hurlent déjà à la trahison de la confédé syndicale ultra patronale. La vérité est que le sieur Barbier n'a pas écouté sérieusement, ou feint de ne pas avoir entendu les propos ultra mesurés de l'apparatchik Aubert : "La CFDT cheminot EST SUSCEPTIBLE DE RENTRER dans le mouvement" (sic). Jusque là, il n'y a encore rien de fait concrètement. Notre Che Guevara de pacotille n'est pas encore sorti du lit. On imagine mal Macron ne pas chercher à dissuader sa confédé préférée, par quelques gadgets dont il a le secret, afin qu'elle reste à l'écart de la colère populaire qui monte, qui monte.

Quand bien même la CDFT cheminots rentrerait dans la grève reconductible, comme l'explique avec beaucoup de lucidité mon amie Marie-Luce Mouly, "elle servira à canaliser la colère au sein des AG. Empêcher la grève d'être reconduite"(sic).

Comme on disait dans les années 70, "sous l'uniforme tu restes un travailleur"(sic). Sous la panoplie du parfait gréviste 2019, le syndicaliste CFDT reste un traître patenté, officialisé, par son rôle hélas pilote dans toutes les déroutes sociales observées depuis 1980. Comme écrit Alain Badiou : "On ne peut être qu'inquiet de la faible résistance (au capitalisme),au regard de ses destructions successives. Cette résistance est en fait en constante reculade. Elle est localisée, dispersée, corporatiste très souvent, sectorielle, aucune vison d'ensemble ne la soutient. En réalité, cette reculade est ininterrompue depuis trente ans" (sic) dans son ouvrage : "Notre mal vient de plus loin. Penser les tueries du 13 novembre", édition Fayard, 2016, page 21. Dans cette longue reculade, la responsabilité des choix stratégiques de la CFDT n'est plus à établir.

On a connu Claude Debons, l'un des animateurs du mouvement social de 1995 avec le jeune Bernard Thibaud : Thibaut était à la CGT Transports, Debons était à la FGTE-Transports (CFDT). Ils étaient très potes. Debons nous racontait à la commission chômage précarité du PG, que, tous les deux, ils étaient prêts, avec leurs camions à bloquer tout le pays : cela ne leur faisait pas peur. Ils étaient jeunes, prêts à tout : tout le contraire de Bruno Aubert + Martinez + Berger + Veyrier : c'est ça que l'on a perdu !

2)-Sur le fond, la CFDT-cheminot chercherait-elle à défendre le miséreux, dont le frigo est vide à compter du 12 du mois ??? Que nenni, il s'agit juste d'imposer à la population active travaillant dans le privé, soit 20 millions de salariés, le principe de la retraite à points : c'est à dire la "garantie" d'avoir une retraite d'un montant inférieure de 25% au taux actuel des pensions de retraite, à échelon égal.

Mais il nous faut regarder au-delà du seul cas de la CFDT félonne. Face à cette énième réforme des retraites exigée par le COR, les marchés et Bruxelles, où il s'agît en substance de travailler plus pour toucher moins, -mais cela, ni Martinez, ni Berger n'ont le courage de le dire aussi crûment, financement de la vie syndicale oblige (19 millions d'euros par an), les directions syndicales, CGT, CFDT, FO, CFTC, FEN, UNSA, etc. ripostent très mollement, sans commune proportion avec la destruction de toutes les retraites voulue par Macron. On passe de longues journées à négocier pour rien, on joue sur les virgules, afin que au mieux, certaines professions soient épargnées. Celles-ci seules, à condition que la négociation aboutisse bénéficieraient de "la clause du grand père", qui leur éviterait une perte de 25% de leur pouvoir d'achat en tant que retraité. On joue petit bras, sectoriel, sans contre projet gobal.

On se souvient encore de ces manifs syndicales de 2002 contre Fillon, lorsqu'on a aligné le nombre d'annuités du public sur le privé, où les grévistes et leur direction demandaient le retour de la retraite à 60 ans. Proposition qui figure aussi dans notre programme "L'Humain d'abord", mais qui n'est plus jamais faite publiquement par JLM et son entourage.

Une fois de plus, les directions syndicales CGT et CFDT et politiques (PCF, PS, FI) partent visiblement battues. En réalité, leur seul objectif est uniquement de contrôler la base, qui s'agite dangereusement en ce moment, avec l'appui du mouvement des Gilets Jaunes. C'est que ces gueux seraient bien capables de réussir, si on leur laisse la corde libre sur le dos. Voilà pourquoi, nos apparatchiks préfèrent négocier en secret avec King Kostard, FAIRE ECHOUER SCIEMMENT LA MOBILISATION SOCIALE, DONT ILS SONT OFFICIELLEMENT LES CHEFS...!

 

 

 

 

 

 

 

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