IL FAUT VOIR LA RENTREE AVEC DES LUNETTES JAUNES !

Le cliché a la vie dure : le mouvement des Gilets Jaunes participerait d'un nouveau cycle politique, où se trouveraient pêle-mêle  le GJ et Nuit debout, estime Laurent Jeanpierre dans Libération. Pour notre part, il parait difficile de mettre ensemble les petits bourgeois de "Nuit Debout", sans revendications sociales centralisées avec les Classes populaires participant au mouvement des Gilets Jaunes depuis le 17 novembre 2018. Réclamant une vie décente et des fins de mois moins difficiles. Voilà pourquoi la topologie proposée par Janpierre, plaçant dans une même catégorie Nuit Debout et les GJ est inexacte et inopérante. De même, la sévère violence policière déployée sur les GJ, quand les participants de Nuit debout ont été relativement épargnés par les tirs de LBD, montre clairement que, pour les pouvoirs publics, on a affaire à deux mouvements sociaux très différents : Nuit Debout appelant à de nouvelles formes de démocratie, alors que le mot démocratie n'apparaît jamais dans les revendications des GJ. On n'a pas oublié le mot de Frédéric Lordon, grand animateur de Nuit debout : "nous ne revendiquons rien"(sic) suivi d'un tonnerre d'applaudissements de la foule. Tout le contraire des Gilets jaunes réclamant le RIC, une vie décente, la lutte  contre l'évasion fiscale, un geste pour les personnes au RSA, des hommes politiques moins rémunérés....

Les GJ ressemblent plutôt aux mouvements de rue des algériens tous les vendredis, activement mobilisés contre le Pouvoir en place. Ils en sont à leur 42ème semaine de combat comme les Gilets Jaunes.

Le Gilets jaunes, qu'est ce que c'est ? Pour reprendre l'analyse d'Alain Badiou formulée à propos des révolutionnaires de la Place Tahir en Egypte, "une majorité de gens, la masse des travailleurs ordinaires, ne décidant absolument de rien (sic) (Cf "le réveil de l'Histoire", édition Lignes, 2012).

Avec leur combat sur longue durée depuis le 17 novembre 2018, soit hui mois de luttes, "ces inexistants au monde commencent à exister dans ce même monde"(sic), pour reprendre une autre analyse d'Alain Badiou toujours dans " Le réveil de l'Histoire", op cit. Évidemment avec des succès divers  : mobilisation très forte en décembre 2018, en repli normal cet été 2019. Mais ce qui compte c'est que les GJ ont réussi s'inscrire dans l'imaginaire populaire et des élites du moment : de façon très positive pour la France d'en bas, Très négative pour la France d'en haut, dont la violence exercée contre les manifestants, s'accompagnant d'une grossière remise en cause de notre droit constitutionnel de manifester a surpris jusqu'à la presse libérale étrangère : plus libre de dire tout ce qu'elle pense : que les journaleux nationaux, juste bons à relayer de façon cynique les éléments de com' de l'Elysée.

Cette inscription dans les têtes et dans les coeurs des uns, sur l'agenda politique de Macron ne sont pas prêtes à s arrêter, qu'elle que soit la mobilisation constatée chaque samedi. Le temps est aboli. Échec ou réussite ne sont rien : ce qui compte c'est la volonté de poursuivre le mouvement coûte que coûte à la Rentrée. Et pour les GJ de se structurer dans un parti national capable de définir une nouvelle proposition politique.

Attention à ne pas confondre deux concepts différents :

1)-Un Parti politique comme créateur d'une Idée et d'une nouvelle proposition politique qui, seule peut changer les lois du capitalisme déchaîné, comme l'explique Alain Badiou sur France Culture en Janvier 2009. C'est ce pour quoi l'on se bat.

2)-L'électoralisme bourgeois pour obtenir des "postes", être grassement payé sur la manne de l'argent public = stratégie actuelle de la FI, que je ne veux pour rien au monde.

Un parti est un intellectuel collectif qui doit élaborer un programme et se battre dans la rue !

N'en déplaisent aux plumitifs rémunérés par L'Elysée, IL FAUT VOIR LA RENTREE AVEC DES LUNETTES JAUNES !

 

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